RDC : La lenteur du processus administratif pèse lourdement sur 43 000 enseignants

 RDC : La lenteur du processus administratif pèse lourdement sur 43 000 enseignants

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a programmé la mise à la retraite progressive de 43 000 enseignants étalée sur la période de 2026 à 2027. L’annonce a été faites par la ministre d’État en charge de l’Éducation, Raissa Malu, lundi 5 octobre 2026 à Kinshasa, lors de la journée internationale des enseignants.

Ce processus de mise à la retraite s’inscrit dans le cadre de la convention signée entre le ministère de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté et la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics de l’État (CNSSAP).

Selon la cellule de communication du ministère de L’Éducation,
à ce jour, une première vague de 6 500 enseignants a déjà été formellement identifiée comme éligible. La programmation de leurs indemnités de sortie est intégrée dans le collectif budgétaire du gouvernement.

Sur le terrain, la lenteur du processus administratif pèse lourdement sur les professionnels en fin de carrière, dont certains totalisent plus de 50 ans d’exercice dans les salles de classe. Malgré la dégradation de leur état de santé et la fatigue accumulée, nombre d’entre eux continuent d’enseigner faute d’effectivité de leur prise en charge par la retraite.

Que dit la loi en RDC
En République démocratique du Congo, la loi n° 16/009 du 15 juillet 2016 fixant les règles relatives au régime général de sécurité sociale établit la limite légale de la retraite à 65 ans ou après 35 ans de service. La mise en œuvre effective de la convention RDC-CNSSAP vise ainsi à renouveler les corps enseignants tout en garantissant les droits sociaux des fonctionnaires arrivés au terme de leur carrière.

Impacts majeurs sur le système éducatif
Le départ progressif de ces 43 000 enseignants aura des conséquences profondes dans le système éducatif national, notamment le rajeunissement du corps enseignant, la libération des milliers de postes, permettant le recrutement de jeunes diplômés et la régularisation de nombreux enseignants «Nouvelles Unités» (NU).

Réactions de candidants à la retraite
Ces professionnels de la craie témoignent de l’usure physique qui affecte leur quotidien.
«J’ai commencé à enseigner en 1971. Cela fait plus de sept ans que l’État m’a admis comme candidat à la retraite. Jusqu’à ce jour, je continue d’enseigner. Je suis déjà fatigué,» déclare celui qui a passé plus 50 ans dans la salle de classe.

«Nous ne pouvons plus continuer à travailler à notre âge. L’État doit prendre conscience de notre situation. Je suis très fatigué. Je souhaite aller à la retraite,» souligne l’autre, réclamant un traitement digne après des décennies de service rendu à la nation.

Un autre encore souligne : «À force de ternir la craie chaque jour, excepté le dimanche, pendant 45 ans, mes mains tremblent et je n’ai plus une belle écrire comme vers les années 2000. Je veux la retraite, s’il vous plaît».

Les élèves victimes des conséquences pédagogiques
Une analyse approfondie de la situation parle de l’impact direct sur la qualité de l’enseignement. Cet argument est soutenu par un responsable d’une sous-division de l’éducation, soulignant l’épuisement des enseignants âgés qui entraîne un taux d’absentéisme élevé, obligeant parfois les élèves à se prendre en charge eux-mêmes au cours des journées de classe.

Mise à la retraite d’un côté et grève des enseignants salaire de l’autre
Pendant que le processus de mise en retraite piétine, les enseignants observent de grèves dans certaines provinces. Le cas du Haut-Lomami où plus d’un mois après la rentrée scolaire, la grève des enseignants paralyse les écoles à Malemba Nkulu où les classes restent désertes dans les sous-divisions de l’enseignement dudit territoire.

Alors que l’année scolaire se poursuit normalement dans plusieurs régions du pays, la majorité des enseignants des écoles publiques de Malemba Nkulu ont rangé la craie, à l’exception de ceux des établissements conventionnés catholiques, pour réclamer le paiement de leurs arriérés de salaire.

Gel Boumbe

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