Ultimatum reporté, ego confirmé... : Quand chaque leader veut briller, C64 risque de sombrer !

Le 15 août 2026, d’aucuns craignaient que le ciel tombe sur la tête des Congolais, à cause de l’expiration de l’ultimatum lancée sur Félix Tshisekedi par la coalition C64 qui se voulant encore le fer de lance d’une opposition unie contre les velléités de révision constitutionnelle, met la pression sur le chef de l’État pour l’empêcher de franchir la ligne rouge en procédant à la révision de la loi fondamentale. Mais en allant de report en report, les ultimatums de C64 ressemblent désormais à des ballons dégonflés.
Des feux de paille.
Chaque échéance annoncée puis repoussée nourrit la démotivation des militants, qui voient leurs espoirs s’évaporer dans les calculs politiciens des leaders politiques. Parce qu’au sommet, la coalition est minée par une guerre d’égo entre Fayulu, Katumbi, Matata et Kabund qui rivalisent pour incarner “la vraie opposition”, transformant les ultimatums en bras de fer internes. Que Fayulu ait enfourché son bâton de pélerin la veille de l’expiration de l’ultimatum n’est pas un fait anodin. Le résultat fait que la C64 apparaît davantage comme une arène de rivalités et non une alternative crédible.
En effet, les reports successifs de la C64 ne sont pas seulement perçus comme une tactique d’attente tel qu’on le laisse entendre, ils révèlent aussi une guerre d’égo au sommet qui fragilise la cohésion de la coalition. Dès lors qu’il s’avère que Fayulu, Katumbi, Matata, Kabund et Sesanga ont chacun leur propre agenda. Et dans ce cirque, l’absence d’un chef unique rend les décisions lentes et souvent contradictoires. “Chaque leader veut incarner la vraie opposition, ce qui transforme les ultimatums en bras de fer internes plutôt qu’en stratégie commune”, racontent certains observateurs.
Derrière les discours d’unité, les rivalités personnelles minent la confiance et alimentent les suspicions de récupération politique. Et au niveau de la base, les conséquences se multiplient à l’instar de la démotivation militante chez les sympathisants qui, lassés des annonces sans suite, se sentent trahis et désertent les mobilisations, certaines fédérations provinciales refusent de suivre les reports décidés à Kinshasa, accentuant la fracture entre la direction et la base.
De quoi craindre que la fatigue sociale s’installe en faisant que dans un contexte économique difficile, les citoyens hésitent à se mobiliser pour une opposition présentée comme divisée et peu efficace. En somme, pour bon nombre d’analystes de la scène politique du pays, la C64 n’est pas seulement en manque d’inspiration, elle est surtout prisonnière de ses rivalités internes, ce qui affaiblit sa capacité à incarner une alternative crédible face à Tshisekedi. Le nouveau RDV du 15 septembre 2026 va démontrer si réellement C64 est une machine de combat ou un simple fantôme en chiffon fabriqué pour impressionner et faire trembler le pouvoir, sans plus.
Laurent BUADI
