L’opposition congolaise à la table de Ndayishimiye !

L’opposition congolaise se rend à Bujumbura pour répondre à l’invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, actuel président de l’Union africaine, les figures conviées à cette rencontre sont : Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo, Delly Sesanga. L’invitation leur a été lancée après une visite de Ndayishimiye à Kinshasa où il a rencontré Félix Tshisekedi.
L’agenda porte sur une médiation autour de la crise politique en RDC, notamment le projet de révision constitutionnelle et les tensions liées aux mobilisations prévues. La marche initialement annoncée pour le 8 juillet a été reportée au 22 juillet afin de privilégier ce dialogue.
L’objectif de la rencontre à Bujumbura serait de faciliter une médiation africaine, et Ndayishimiye en sa qualité de président de l’Union africaine, veut consulter les principaux leaders de l’opposition congolaise pour apaiser la crise institutionnelle et sécuritaire.
Sur le Projet de révision constitutionnelle, les opposants comptent exposer leurs inquiétudes face à la volonté de modifier la Constitution de 2006 et concernant le dialogue politique tant réclamé, l’idée est de donner une chance au dialogue avant toute nouvelle démonstration de force dans la rue. À ce sujet, la marche prévue par l’opposition le 8 juillet est différée au 22 juillet, bien le maintien de la contestation n’est pas mis dans les placards.
Certains observateurs estiment que la médiation burundaise privilégie la frange la plus radicale de l’opposition (Coalition C64), au détriment des courants favorables à la cohésion nationale. Et ne consultant qu’une partie de l’opposition, la rencontre pourrait renforcer les divisions plutôt que créer un consensus. Malgré le report, les leaders appellent leurs militants à rester mobilisés pour les marches du 22 juillet, en RDC et dans la diaspora.
Les conclusions de la rencontre détermineront si un compromis est possible alors que la position de Félix Tshisekedi face à cette initiative sera cruciale. Pour certains analystes, concernant la mobilisation du 22 juillet, l’ampleur des marches annoncées servira de test de force pour l’opposition. En résumé, l’agenda de Bujumbura est centré sur une tentative de médiation régionale pour éviter l’escalade en RDC, mais il reste entouré de critiques sur son inclusivité et son efficacité.
Dilemme sur la divergence des processus !
L’on se trouve en face de deux processus parallèles qui ne se parlent pas. À Doha, le gouvernement congolais discute directement avec certains groupes armés, dans une logique de négociation sécuritaire et de démobilisation. À Bujumbura, par contre, l’opposition politique cherche à se donner une visibilité régionale et à peser sur la gouvernance nationale. Résultat : deux tables, deux agendas avec Doha qui traite de la sécurité avec les protagonistes armés, Bujumbura qui traite de la politique avec les opposants. Il y a là, risque de fragmentation parce que si ces processus restent séparés, chacun peut produire des résultats contradictoires ou incomplets. Du coup, le besoin de convergence s’impose. La paix durable exige que les dimensions sécuritaire et politique soient articulées par une coordination régionale. Ainsi, l’Union africaine ou la CIRGL pourraient jouer un rôle de trait d’union entre Doha et Bujumbura pour harmoniser les discussions en vue que les engagements sécuritaires soient validés politiquement, et inversement.
Le Journal
