L’État dépouille Joseph Kabila de ses biens !

 L’État dépouille Joseph Kabila de ses biens !

Le cadastre minier qui vient de reprendre plus de 30.000 km²d’actifs miniers attribués à Joseph Kabila a posé un acte qui n’est pas seulement une opération administrative mais une véritable reconquête symbolique du domaine public de la République démocratique du Congo.

Ces concessions minières représentaient une manne stratégique, un levier de pouvoir et de financement. Leur reprise par l’État fragilise l’édifice patrimonial que Kabila croyait inébranlable. Désormais, c’est un empire fissuré.
Cela est le prix du rapprochement avec la rébellion, car en s’alignant clairement sur le M23/AFC, l’ancien président a perdu son statut de figure intouchable et les sanctions américaines ont ouvert la brèche au cadastre minier qui vient enfoncer le clou.
Qu’on le veuille ou non, c’est un signal politique fort posé par Kinshasa pour montrer qu’elle peut reprendre la main sur les ressources du sol et du sous-sol, même face aux réseaux les plus enracinés. C’est une manière de dire que l’État n’est pas condamné à rester spectateur de ses propres richesses.

Kabila dépossédé
La situation que l’on vit présentement démontre que quand les mines retournent à l’État, les regrets creusent plus profond que les puits. Et c’est une continuité lourde de symboles. Le domaine de Kingakati, longtemps sanctuaire du pouvoir kabiliste, désormais récupéré par l’État, c’est plus qu’une restitution foncière, c’est une démystification.
Pour beaucoup, Kingakati, c’était le Versailles congolais, lieu de négociations secrètes et de décisions opaques. Sa reprise par l’État efface l’aura quasi monarchique que Kabila entretenait. C’est la fin d’un mythe s’offre frontalement à nos yeux. Un coup double faisant qu’après les concessions minières, c’est le patrimoine politique qui s’effrite. Les terres et les symboles tombent ensemble, comme si l’histoire voulait solder les comptes.
Le message institutionnel est sans ambiguïté, car Kinshasa affirme que les biens de l’État ne sont pas des héritages privés. La récupération de Kingakati est une leçon de souveraineté autant qu’un acte de justice mémorielle. L’ironie cruelle à retenir, c’est que celui qui se croyait maître du territoire voit son propre fief redevenir propriété publique. La reprise des mines et du domaine de Kingakati est une piqûre de rappel pour toute la classe politique en soutenant qu’on ne peut pas bâtir un pouvoir durable sur l’appropriation des biens publics. Une leçon de régularité pour dire que les privilèges acquis par des arrangements opaques finissent tôt ou tard par être remis en cause. Comme image de la souveraineté retrouvée, l’État montre qu’il peut reprendre ses droits, même face aux figures les plus puissantes et ces récupérations rappellent que les institutions doivent primer sur les ambitions personnelles. L’avertissement est implicite pour ceux qui s’aventurent dans des alliances douteuses ou des accaparements, ils risquent de voir leurs empires s’effondrer sans autre forme de procès.
“Quand l’État reprend ses terres, les politiciens devraient comprendre que mieux vaut être réglo que régner sur du sable mouvant”, avise un observateur
Quand l’État reprend ses droits, la classe politique doit reprendre ses devoirs.
La récupération des concessions minières et du domaine de Kingakati n’est pas une simple opération foncière, c’est une leçon de gouvernance qui rappelle que les biens publics ne sont pas des héritages privés, mais des ressources collectives.
Les arrangements opaques, les accaparements et les alliances douteuses finissent toujours par se retourner contre leurs auteurs. La politique n’est pas un raccourci vers la propriété, mais une responsabilité envers la nation. Kingakati, symbole du pouvoir personnel, redevient patrimoine national. Les mines, longtemps captives de réseaux privés, retournent dans le giron de l’État. Ces gestes sont des rappels que les institutions doivent primer sur les ambitions individuelles. La classe politique doit comprendre que la légitimité ne se construit pas sur la prédation, mais sur la régularité. Être réglo, c’est garantir que les générations futures ne paieront pas les dettes des abus passés.

Kabila n’est pas un cas unique !
Plusieurs ex‑dirigeants africains ont vu leurs biens confisqués ou repris par l’État, et le cas de Joseph Kabila s’inscrit dans une dynamique plus large où la justice et la souveraineté nationale reprennent le dessus. Ces mesures ont des impacts politiques (affaiblissement des réseaux d’influence) et économiques (réintégration des actifs dans le domaine public). Des exemples africains de confiscations d’actifs sont légion.
– Mobutu Sese Seko (RDC) : après sa chute en 1997, plusieurs de ses propriétés et comptes ont été saisis, symbolisant la fin d’un régime basé sur la prédation.
– Hosni Moubarak (Égypte) : ses fils ont vu leurs avoirs gelés après la révolution de 2011, dans une logique de restitution des biens publics.
– Omar Bongo (Gabon) : ses héritiers ont été poursuivis dans l’affaire des “biens mal acquis”, avec des saisies immobilières en France.
– Edgar Lungu (Zambie) : son entourage a subi des confiscations de propriétés et véhicules, accusés d’enrichissement illicite.
– Dalitso Lungu (Zambie, fils de l’ex‑président Edgar Lungu) a perdu 79 véhicules, 23 propriétés dont un mall et une station‑service. Sur lui, pesaient les soupçons d’enrichissement illicite et l’incapacité à justifier les revenus. C’était un signal fort contre la corruption, mais qui a été contesté comme politiquement motivé.
– Chukwunyere Nwabuoku (Nigeria, ex‑AGF), a vu ses actions de 1,9 milliard ₦, duplex, fonds de 288 millions ₦ revenir à l’État parce que condamné pour blanchiment et abus de fonction. Cela a renforcé le rôle de l’EFCC dans la lutte anti‑corruption.

Impact économique et politique en RDC
Sur le plan de l’économie, la reprise des mines et du domaine de Kingakati par l’État permet de réintégrer des actifs stratégiques dans le patrimoine national. Cela peut accroître la transparence et la traçabilité des revenus miniers, essentiels pour les finances publiques.
Politiquement, ces confiscations affaiblissent le réseau kabiliste et renforcent la légitimité du président Tshisekedi, qui apparaît comme le garant de la souveraineté et de la lutte contre l’impunité. Elles servent aussi de signal pédagogique à la classe politique congolaise pour retenir que les biens publics ne sont pas des héritages privés.
Dans le chapitre diplomatique, les sanctions américaines contre Kabila s’inscrivent dans une stratégie visant à sécuriser l’accès aux minerais critiques, tout en exerçant une pression sur les acteurs accusés de soutenir l’instabilité dans l’Est du pays.

Le Journal

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