Les Léopards tombés l’arme à la main !

Ils n’ont pas reculé 118 minutes durant. Sous le ciel du Maroc, les Léopards ont rugi jusqu’au bout, avant de s’incliner devant les Fennecs d’Algérie au moment où personne ne s’y attendait le moins. Même les Algériens qui ne cachaient plus leur doute. La défaite subie par le 11 national congolais n’était pas une défaite honteuse, mais une bataille perdue avec panache. Les crampons plantés dans la terre, les regards brûlants, ils ont offert au public une mémoire de courage, une mémoire qui ne s’efface pas, même quand le score penche de l’autre côté.
De quoi dire que les Fennecs ont volé la victoire comme on vole un tam-tam au marché : bruyants, rapides, mais pas forcément élégants. Les Léopards, eux, ont laissé une trace, celle d’un peuple qui ne se rend pas, même quand l’arbitre siffle la fin. Comment ne pas le souligner, dès lors que les Léopards ont été le symbole de résistance et de dignité. Tandis que, les Fennecs bien que rapides et rusés, sont toujours restés guettés par l’ombre du rugissement congolais.
Les Léopards ont combattu jusqu’au bout, leurs rugissements ont traversé le stade comme des tambours de guerre. Ils sont tombés l’arme à la main, mais avec la noblesse des héros qui savent que la mémoire vaut plus qu’un score. Les Fennecs, eux, ont été comme ces marchands de mirage condamnés à courir derrière leurs propres illusions. L’on peut noter qu’ils n’ont pas seulement gagné, ils ont vendu une illusion. Car, leur victoire ressemble à ces mirages du désert, promesses d’oasis qui s’évaporent dès qu’on s’en approche.
La grandeur des Léopards
Chaque passe des copains de Chancel Mbemba fut une flèche décochée contre l’oubli. Chacune de leurs tacles, une gifle au mirage. Chaque souffle dégagée a été une proclamation : “Nous ne vendons pas d’illusions, nous offrons de la mémoire.”
Les Léopards, sont des héros tombés l’arme à la main et immortels dans la mémoire collective, car leur défaite aura été une victoire de dignité.
Laurent BUADI
