La position de l’ECC face à la réforme constitutionnelle fait des vagues !

Ce week-end, l’Église du Christ au Congo (ECC) s’est avancée sur le terrain miné de la réforme constitutionnelle avec un encensoir plutôt qu’un glaive. En prônant le dialogue inclusif, elle a choisi la posture du sage africain sous l’arbre à palabre, mais cette sagesse embarrasse l’opposition.
Pour Martin Fayulu, Seth Kikuni, Moïse Katumbi et les mouvements citoyens, il ne s’agit pas de palabres mais d’un coup d’État constitutionnel déguisé. Ils attendaient de l’ECC une homélie de feu, une condamnation claire, un rappel sacré de l’intangibilité des articles verrouillés. Au lieu de cela, l’Église a offert une liturgie de prudence, où la réforme est « pertinente » si elle passe par le consensus.
Résultat : l’opposition s’est mise à tousser, la société civile s’agace, et de son côté, le pouvoir respire mieux. La neutralité ecclésiale devient ainsi un paravent spirituel derrière lequel la majorité peut avancer son projet.
En effet, la position de l’Église du Christ au Congo (ECC) sur la réforme constitutionnelle met l’opposition mal à l’aise, parce qu’elle est jugée ambiguë et trop neutre, en appelant à un dialogue inclusif sans condamner clairement l’idée de révision, l’ECC semble légitimer indirectement un processus que l’opposition rejette catégoriquement.
Pourquoi l’opposition est déstabilisée, se demandent d’aucuns. Pourtant, l’ECC a déclaré que toutes les réflexions sur la réforme constitutionnelle sont « pertinentes et constructives », mettant sur le même plan la défense des acquis démocratiques et les initiatives de modification.
Selon l’opposition, cela revient à donner une « bénédiction implicite » au projet de révision, en pensant que l’ECC conditionne toute réforme à un dialogue national apaisé, inspiré de l’« arbre à palabre » africain. Une posture prudente qui est perçue par l’opposition comme une esquive, alors qu’elle attendait une condamnation ferme.
Les opposants pris à contre-courant !
Du coup, l’opposant Seth Kikuni accuse l’ECC de « manquer de courage » et de se déconnecter des priorités réelles du peuple (sécurité, pain, routes, écoles). Il estime que la neutralité de l’Église équivaut à un soutien implicite au pouvoir. Martin Fayulu a quant à lui, dénoncé une tentative de «coup d’État constitutionnel» et reproché à l’ECC de ne pas défendre avec fermeté l’intangibilité des articles verrouillés. Pour lui, toute neutralité face à une révision est une complicité. Ensemble pour la République de Moïse Katumbi a rappelé que les priorités nationales sont la sécurité et l’économie, pas une réforme institutionnelle. Il estime que l’ECC, en appelant au dialogue, détourne l’attention des urgences du peuple.
Des mouvements citoyens et autres collectifs comme Lucha et Filimbi ont critiqué l’Église du Christ au Congo pour son «langage diplomatique» qui ne protège pas suffisamment les acquis démocratiques. Ils craignent que cette prudence ouvre la voie à une manipulation politique. Certaines ONG ont salué l’appel au dialogue, mais regrettent l’absence d’une position claire contre la révision, ce qui laisse planer un doute sur l’alignement de l’ECC avec les aspirations populaires.
L’Opposition politique voulait visiblement un front commun avec l’ECC pour bloquer toute tentative de révision, mais l’ECC en restant dans une posture d’arbitre, se met à dos ceux qui espéraient un soutien moral fort. À tout prendre, le Pouvoir en place peut exploiter cette neutralité pour dire que même l’Église ne s’oppose pas frontalement à la réforme.
Le Journal
