Autopsie d’un système en panne: La politique étouffe la performance des entreprises publiques

 Autopsie d’un système en panne: La politique étouffe la performance des entreprises publiques

Dans notre première partie de cet article consacré aux difficultés des entreprises publiques congolaises, nous avons fait état de l’arrivée de Alphonse Shungu à la tête de la Régie des Voies Aériennes -RVA- en 2021, en trouvant que la situation y était catastrophique après que le nombre des cadres et agents soit passé de 2000 à 4000 sur base des embauches fantaisistes et non réglementées, juste pour donner du travail aux membres des groupes armés ayant signé l’accord de Sun City.

Ce qui a eu pour conséquence, d’augmenter exponentiellement des charges sociales de l’entreprise sur fond d’une gestion désastreuse pendant une quinzaine d’années suivie de la pandémie de COVID 19 ayant occasionnée la fermeture de l’espace aérien congolais pour une période de plus de 10 mois pénibles.
En prenant les commandes de la RVA, Alphonse Shungu trouve une entreprise fonctionnant avec des équipements vétustes installés en 2003. Mais qui ont curieusement continué à faire tourner la RVA comme par miracle. Parce que l’émission radio qui recevait Alphonse Shungu s’était inspirée de la tribune publiée par ce dernier dans la presse, dénonçant la politisation des nominations et le déficit de compétence managériale, Shungu y avait proposé que désormais il faille soumettre les dirigeants des entreprises publiques à une sélection indépendante fondée sur la compétence et de contrats de performance evaluables.
Il reste convaincu qu’il faut procéder ainsi et de manière objective pour passer progressivement d’une logique de nomination à une logique de performance. C’est capital, soutient-il. Parce qu’à l’en croire, c’est dans la mesure où les entreprises du portefeuille de l’État actionnaire doivent être dirigées par des femmes et des hommes compétents évalués sur base des objectifs précis et mesurables.
“On doit enlever le critère de quotas entre partisans d’une majorité au pouvoir”, conseille Shungu en soutenant que les mandataires doivent être évalués avant de les nommer. L’on doit rester dans le jeu politique, mais si on doit nommer un mandataire, il faut qu’il possède une maîtrise des concepts de base d’une gestion d’entreprise, ne fût – ce qu’en terme de comptabilité, ou de gestion financière. C’est important car le management public en a besoin, dit-il.
Pour ce faire, les partis politiques devraient proposer des candidats qui répondent aux critères après, les soumettre soit à la sélection, à l’évaluation et à l’examen. Shungu ne partage pas l’avis de ceux qui croient que c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Il s’oppose vigoureusement au doing himself. Martelant qu’il faut posséder des bases solides en gestion et maîtriser ne fût-ce que la comptabilité analytique. En cas de force majeure, privilégier les fils-maison qui ont l’expérience dans l’entreprise après avoir gravi normalement les échelons, mais qu’il faut également évaluer. Alphonse Shungu suggère que les mandataires publics soient nommés pour une période de cinq ans avec une évaluation à mi-parcours, soit après deux ans d’exercice et en définissant des critères précis et objectifs. Pour cet ancien DG de la RVA, l’État actionnaire est comptable dans la contre-performance des entreprises publiques à cause des embauches à caractère politique et fantaisistes. Quand on lui demande comment évaluer une personne qui doit tirer du bas fond une entreprise en quasi faillite, Shungu avoue qu’il est un cas emblématique, il a réussi à cette épreuve au niveau de la RVA. Pendant deux ans et demi de mandat, il est parvenu à régler le problème des salaires impayés trouvé à son arrivée. Parce qu’il avait réussi à gérer avec lucidité et parcimonie l’entreprise qui ne compte que sur la rentabilisation de ses 53 aéroports dont la majorité sont des aéroports moyens. Les grands pourvoyeurs de recettes étant N’djili, Ndolo, Loano, Kolwezi, Bangoka, Matadi, Boma et Muanda.
Shungu était parvenu à immobilisé les dépenses avant de les réduire et les stopper net. Une gageure Pour ne pas léser les aéroports moins nantis, Alphonse Shungu avait instruits les commandants des grands aéroports devenus de plus en plus productifs, de prendre financièrement en charge les moyens, après avoir réalisé que les recettes des grands augmentaient sensiblement ainsi que les chiffres d’affaires.
Surtout concernant les trois grands aéroports internationaux qui venaient d’enregistrer l’arrivée de nouvelles compagnies aériennes telles que Ethiopian Airlines. La courbe était devenue ascendante. Quand au rôle du Go Pass Alphonse Shungu souligne que c’est une taxe aéroportuaire qui a le double rôle de permettre de récolter des recettes utiles à l’acquisition de nouveaux équipements d’aide à la navigation aérienne et faciliter la modernisation des infrastructures aéroportuaires.
Mais parce que cette taxe n’avait cessé de remuer les vagues, Shungu avait résolu d’engager le processus de sa digitalisation. Ce qui avait nécessité la mise en place d’une stratégie consistant à lancer un appel d’offres à concurrence pour sélectionner le meilleur prestataire de services pouvant récolter de manière efficace la taxe Go pass avec l’objectif de stopper le coulage des recettes qui se faisait sur base des pratiques des coupons et doublons.
Après avoir reçu 17 dossiers de candidatures des sociétés, il a été retenu trois ou quatre dossiers, 14 n’ayant pas répondu aux critères définis par le cahier des charges. Avec la mise à l’écart de Alphonse Shungu quelques jours après cette étape, le projet est resté en veilleuse. Mais le coulage des recettes, c’était également au niveau des parkings des aéroports. Alphonse Shungu avait réussi à automatisé le parking du côté modulaire des vols internationaux, réduisant du coup, le coulage des recettes. Parlant de l’argent que la RVA perd à cause du manque de matériels adéquats pour capter les fréquences des avions survolant l’espace aérien congolais, Alphonse Shungu a fait savoir qu’en prenant les commandes de la RVA, il avait lancé le projet de modernisation des équipements existants ou d’acquisition de nouveaux et performants.
Sur la base de ce projet, la RVA était parvenue à acquérir des nouveaux équipements VSAT du dernier modèle à l’époque, avec le concours d’une société Canadienne et ensuite une société américaine a été mise à contribution pour déployer une nouvelle technologie satellitaire pour régler ce problème.
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