La fin du cycle minéral de Kigali !

 La fin du cycle minéral de Kigali !

Il fut un temps où l’homme fort de Kigali se croyait maître des horloges et des mines. Les minerais congolais coulaient comme un fleuve vers ses coffres, et chaque offensive du M23/AFC servait de prélude à une nouvelle symphonie de pillage. Doha devait être son théâtre, un rideau diplomatique où l’on feignait de parler paix pendant que les wagons de coltan roulaient en silence. 

Mais voilà que la résolution 2808 du Conseil de sécurité est tombée comme une sentence, le M23/AFC n’est plus un interlocuteur, mais un agresseur. Le décor s’est effondré, les projecteurs se sont éteints, et Kinshasa a quitté la scène en claquant la porte. Doha, vidé de son contenu, n’était plus qu’un coquillage creux.

Alors, pour se consoler, Kagame s’est tourné vers Moscou. Dans les bras de Poutine, il espère trouver une bouée de sauvetage. Mais la Russie ne distribue pas de cadeaux, car chaque étreinte est une dette, chaque sourire une contrepartie. Et surtout, les minerais stratégiques de l’Est ne sont plus à portée de main. Les Américains, par leur accord avec Kinshasa, ont verrouillé la mine et gardent désormais la clé.

Le cycle est terminé. L’homme fort de Kigali, qui se rêvait metteur en scène, se retrouve figurant dans une pièce où l’Afrique n’est qu’un décor et où les rôles principaux sont tenus par Washington et Moscou. Sa dramaturgie minérale s’achève dans un silence embarrassé, comme une pièce dont le dernier acte n’a jamais été écrit.

Kagame, qui croyait régner sur les minerais de la RDC, découvre qu’il n’est plus qu’un spectateur. Les Américains ont fermé la porte, Moscou tient la clé, mais la serrure n’est plus au Rwanda.

C’est ainsi qu’un cycle de prédation se termine, et la prétention d’un homme fort se dissout dans le théâtre géopolitique.  Fin d’un rêve pour Paul Kagame. Rideaux…

Laurent BUADI

    admin

    Related post