Porté par un pari risqué qui pourrait l’éloigner définitivement du jeu institutionnel...: Kabila, désormais l’homme seul ?

 Porté par un pari risqué qui pourrait l’éloigner définitivement du jeu institutionnel...: Kabila, désormais l’homme seul ?

La curieuse décision de Joseph Kabila concernant son choix pour la rébellion continue de faire réagir les milieux politiques congolais. Vital Kamerhe accuse l’ancien président de la République des contradictions qui se dégagent entre ses discours et ses actes. Tandis que ses anciens partenaires tels que Thomas Luhaka et Marie Ange Mushobekwa prennent la distance avec lui. C’est un réel tournant auquel l’on assiste.
Ce que nous voyons là est un véritable tournant politique. La sortie de Kabila ne se limite pas à une posture rebelle, elle provoque une onde de choc dans son propre cercle. Vital Kamerhe, en dénonçant les contradictions entre les discours de Kabila et ses actes, met en lumière l’écart entre l’image que Kabila veut projeter et la réalité de ses choix. C’est une manière de le délégitimer en le présentant comme incohérent.
V.K, fidèle à ses principes, appelle les Congolais à rejeter la rébellion comme mode d’accès au pouvoir et à rompre avec le cycle des conflits armés suivis de dialogues politiques. “ On efface pas son propre bilan en accusant son successeur. Vous appellez à la paix dans vos discours, vous appellez à la rébellion dans vos actes. Le peuple vous jugera sur vos actes”, s’est adressé Kamerhe à Joseph Kabila dans une tribune.
Quant à Thomas Luhaka et Marie Ange Mushobekwa, leur prise de distance illustre la fragilité des alliances construites autour de Kabila. Ceux qui furent ses partenaires institutionnels refusent désormais de suivre le virage insurrectionnel de leur ancien mentor.
Marie Ange Mushobekwa dit faire le choix républicain en se démarquant de la trajectoire empruntée par l’ancien chef de l’État. Elle prend ses distances avec l’option prise par son ancien chef de parti.
Thomas Luhaka et son parti politique Mouvement Libéral disent n’être pas impliqués ni de loin, ni de près dans la création et le fonctionnement du Front pour la refondation de la nation, mouvement rebelle de Joseph Kabila. En rejetant tout lien avec la création et le fonctionnement du FRN, le Mouvement Libéral entend marquer une nette distinction entre son engagement politique et les initiatives auxquelles il affirme ne pas être associé.
Ce désengagement progressif des figures proches accentue l’impression que Kabila se retrouve seul, porté par un pari risqué qui pourrait l’éloigner définitivement du jeu institutionnel. Kabila voulait rallumer les braises de la rébellion, mais ses anciens compagnons de route ont préféré souffler dessus pour ne pas s’y brûler.
Kamerhe lui tend le miroir de ses contradictions, Luhaka et Mushobekwa lui tournent le dos. Résultat : l’ancien président se retrouve à danser seul sur une scène où les projecteurs s’éteignent les uns après les autres.
Bref : Kabila s’imaginait un chef d’orchestre d’une symphonie rebelle, mais ses musiciens ont quitté la salle avant la première note. Kamerhe lui tend la partition de ses contradictions, Luhaka et Mushobekwa préfèrent changer de scène. Résultat : l’ancien président joue du tambour tout seul, persuadé de mener une révolution, alors qu’il n’anime qu’un karaoké politique où personne ne veut reprendre le refrain.

Le Journal

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