Revisiter la Constitution est un impératif de souveraineté: Jean-Baudouin Mayo pour un débat national lucide !

 Revisiter la Constitution est un impératif de souveraineté: Jean-Baudouin Mayo pour un débat national lucide !

Vingt ans après son entrée en vigueur, la Constitution du 18 février 2006 mérite une évaluation sérieuse au regard des objectifs qu’elle s’était fixés. C’est un exercice normal, presque vital. Mais là où le bât blesse, regrette Jean-Baudouin Mayo dans une tribune sur son compte X, c’est qu’elle a verrouillé certaines de ses propres dispositions, lesquelles, à l’épreuve du temps, se révèlent être des hypothèques freinant l’essor du pays.
Dans ce cas, se demande cet acteur politique, le peuple congolais devrait-il se résigner à la dérive ? La réponse est non, tranche-t-il en soutenant que la souveraineté d’un peuple, son droit imprescriptible à disposer de lui-même, ne peut être entravée par des verrous juridiques. Mayo Mambeke souligne qu’à tout moment, directement par référendum ou indirectement par ses représentants, le peuple peut redéfinir ses règles de vie commune. Et d’après lui, un peuple ne saurait être prisonnier de ses propres lois dès lors qu’elles deviennent anachroniques ou impertinentes.
Ce débat, selon lui, ne doit pas être subordonné à la question du mandat de l’actuel locataire du Palais de la Nation. Il s’agit d’un enjeu objectif, qui peut surgir à tout moment, pourvu que le peuple souverain en ressente le besoin et l’intérêt.

LES FAILLES DU SYSTÈME ACTUEL
Jean Baudouin Mayo dresse un tableau sombre du système piloté selon la constitution actuelle.
1. Un semi‑parlementarisme paralysant
Le régime hybride actuel, constate Jean Baudouin Mayo, rend le pays tributaire du diktat des chefs de partis et regroupements politiques. La formation du gouvernement se transforme en marchandage interminable, où les « autorités morales » bloquent tant qu’elles ne sont pas positionnées à leur convenance ou que leurs proches ne sont pas casés. Résultat : l’incompétence accède aux hautes fonctions, et le président de la République se retrouve entravé.
Il faut passer à un régime présidentiel clair, où le président élu au suffrage universel direct à deux tours gouverne pleinement, avec pour seuls repères la compétence et la représentativité nationale. Le parlement, lui, conserve son rôle de législateur et de contrôleur. Cette architecture correspond mieux à la conception africaine du chef.
2. Une décentralisation en cul‑de‑sac
Vingt ans après, note ce politicien racé, l’architecture institutionnelle promise n’est toujours pas installée. Les conseils communaux élus ne fonctionnent pas, les assemblées provinciales se réduisent à voter des motions de censure, l’article 175 sur la retenue à la source reste lettre morte, la rétrocession est aléatoire, la caisse de péréquation n’est pas alimentée… Tout indique que le chemin est bouché, s’indigne Me Mayo en rappelant que le pays n’a pas les moyens financiers pour supporter une telle charpente institutionnelle et qu’il faut redimensionner la décentralisation à la capacité réelle du Congo.

L’APPEL AU VRAI DÉBAT
Devons‑nous rester figés devant ces évidences parce que l’article 220 verrouille le régime politique et la décentralisation ?, s’interroge-t-il avant de répondre par Non. La souveraineté d’un peuple ne se restreint pas, tranche-t-il, convaincu qu’elle transcende les verrous constitutionnels.
“J’en appelle à un débat national lucide et courageux, pour éclairer le peuple, seul juge en dernier ressort au nom de sa souveraineté”, c’est le cri du cœur de cet ancien ministre du Budget.

Le Journal

 

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