Claude Ibalanky, un traitre ou une bombe politique: Claude Ibalanky, un traitre ou une bombe politique

Claude Ibalanky, était apparu fin janvier dernier aux côtés des dirigeants rebelles à Goma avec des affirmations selon lesquelles, il n’avait pas encore rejoint l’AFC/M23, mais il faisait une «offre» à Corneille Nangaa, le chef de la rébellion.
L’annonce du nom de cette figure bien connue de la scène politique dans la délégation de l’AFC/M23, a fait l’effet d’une bombe dans les milieux politiques congolais.
Aujourd’hui, les doutes sont levés, cet ancien proche du pouvoir, a franchi le Rubicon. Claude Ibalanky est officiellement membre de la délégation rebelle, en tant qu’expert, marquant un retournement spectaculaire.
Claude Ibalanky Ekolomba serait-il un traitre, à l’égard de son parcours d’un homme du sérail, passé par des postes clés de l’administration congolaise?
Le Président de la République, Félix Tshisekedi l’avait nommé coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba (MNS), un dispositif chargé du suivi des engagements régionaux en matière de paix et de sécurité dans l’Est de la RDC. Un poste stratégique, qui lui a permis de côtoyer les acteurs régionaux et internationaux de la paix.
Le 23 mai 2023, il a été nommé ambassadeur itinérant du président de la République par ordonnance présidentielle, une fonction rattachée à la Présidence. Un poste honorifique, mais qui témoignait de sa proximité avec le chef de l’État.
Le 12 juin 2023, il a lancé le regroupement politique Réveil Populaire (REPOP), créé dans le cadre des élections générales de décembre 2023. REPOP affichait son soutien à un second mandat de Félix Tshisekedi.
Le 19 janvier 2024, ce regroupement a contesté les résultats des élections législatives publiés par la CENI. Une première prise de distance avec le pouvoir.
Défection et intégration
De voix s’élèvent pour interroger la conscience nationale de sa défection du pouvoir pour rejoindre la rébellion. Le passage de Claude Ibalanky dans le camp rebelle, ne laisse pas certaines sensibilités traquillent. Comment un ancien ambassadeur itinérant du président, un ancien coordinateur d’un mécanisme de paix, un homme qui a soutenu la réélection de Tshisekedi, peut-il aujourd’hui rejoindre l’AFC/M23 ?
Des hypothèses sans thèse, mais elles circulent
Selon certaines discrétions son ralliement serait sincère : Ibalanky aurait pris conscience des dérives du pouvoir, de l’impasse sécuritaire, et aurait choisi la rébellion par conviction, souligne le site journaldekinshasa.com.
D’autres par contre lui traitent d’opportuniste : il aurait vu que le vent tournait, que l’AFC/M23 gagnait du terrain, et aurait voulu se positionner pour l’après, précise la même source.
Le site web ajoute que Ibalanky serait acteur d’une «Médiation déguisée à laquelle, certains murmurent qu’il serait en réalité un agent double, chargé par Kinshasa de négocier ou d’espionner.»
Mais jusque-là, aucune de ces hypothèses n’est confirmée. Ce que l’on peut relever est que, la présence d’Ibalanky dans la délégation rebelle est un coup dur pour le gouvernement. C’est la preuve que la rébellion attire des cadres compétents, rompus aux arcanes du pouvoir.
Dans certains salons politiques de l’Union sacrée de la nation, on soutient une autre piste qui est la trahison, soutenant que l’ancien ambassadeur itinérant du Chef de l’Etat est un traitre et l’acte posé mérite une sanction judiciaire.
Gel Boumbe
