Mike Mukebayi s’adresse au ministre Doudou Fwamba !

 Mike Mukebayi s’adresse au ministre Doudou Fwamba !

Ancien député provincial de Kinshasa (2019‑2023), Mike Mukebayi Nkoso élève aujourd’hui la voix au nom de ses collègues pour dénoncer une pratique indigne qui menace de ternir l’image du ministère des Finances et de son titulaire, Doudou Fwamba.

Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, Mukebayi salue d’abord le patriotisme et la rigueur qui caractérisent l’action du ministre des Finances. Mais il lance ensuite un cri d’alarme pour le paiement des indemnités de sortie des députés provinciaux, fixées à 120 millions de francs congolais par élu, qui seraient, selon lui, conditionnées par une exigence scandaleuse.
Des membres du cabinet du ministre Fwamba demanderaient aux bénéficiaires de céder 50 % de leur dû pour obtenir paiement. Mike Mukebayi qualifie cette manœuvre de « perfidie inacceptable ». Il interpelle directement Doudou Fwamba : Est‑il informé de ces pratiques avilissantes ? Mesure‑t‑il le danger qu’elles représentent pour sa crédibilité et pour l’honneur de son ministère ?
L’ancien député rappelle que de telles dérives avaient déjà marqué négativement l’époque de Matata Ponyo, surnommé « Monsieur 20 % » lorsqu’il dirigeait les Finances. Il exhorte donc le ministre actuel à lever le ton, à mettre fin à ces abus et à garantir le paiement intégral des indemnités, sans pots‑de‑vin ni conditions humiliantes.
« Je n’ai pas sué tout un mandat pour qu’à l’arrivée, je partage la sueur de mon front avec des gens assis tranquillement dans leurs bureaux climatisés », s’indigne Mukebayi, donnant à son plaidoyer une dimension morale et citoyenne. Ce message se veut un appel à la vigilance et à l’action : protéger l’intégrité du ministère des Finances, défendre la dignité des élus sortants et préserver la confiance du peuple dans ses institutions.

L’aspect juridique du plaidoyer…
Le plaidoyer de Mike Mukebayi à l’attention du ministre des Finances, Doudou FwambaI, sur le plan juridique, dénonce une pratique contraire aux principes de droit et de bonne gouvernance. Il s’agit du non‑paiement des indemnités de sortie dues aux anciens députés provinciaux, fixées à 120 millions de francs congolais par élu, et de l’exigence illégale de céder 50 % de ce montant à des membres du cabinet du ministre des Finances.
Il s’agit de la violation du droit acquis car, les indemnités de sortie constituent un droit patrimonial reconnu par la loi et par les textes régissant le statut des élus provinciaux. Leur paiement intégral est une obligation de l’État. L’exigence de céder une partie du montant dû, en contrepartie du paiement, s’apparente à une pratique de concussion (article 145 du Code pénal congolais), voire d’extorsion, du moment qu’elle conditionne l’accès à un droit par une contrepartie illégale.

Atteinte à la probité administrative
Ces pratiques ternissent l’image du ministère des Finances et compromettent la responsabilité personnelle du ministre si elles ne sont pas immédiatement réprimées.III. Responsabilité du ministre des Finances. En vertu du principe de la responsabilité hiérarchique, le ministre est tenu d’assurer la discipline et la probité de son cabinet.
S’il n’est pas informé de ces pratiques, il lui incombe alors de diligenter une enquête interne et de prendre des mesures correctives. S’il en est informé et ne réagit pas, il pourrait être considéré comme complice par abstention. Devant ces faits intolérables, Mike Mukebayi adresse au ministre Doudou Fwamba une requête claire : Ordonner le paiement intégral et immédiat des indemnités de sortie aux ayants droit, sans condition ni prélèvement indu.
Aussi, Mukebayi voudrait voir sanctionnés les agents fautifs conformément aux dispositions disciplinaires et pénales en vigueur. Et surtout voir Doudou Fwamba réaffirmer publiquement son engagement en faveur de la transparence et du patriotisme, afin de préserver la crédibilité de son action et la confiance des citoyens.
« Je n’ai pas sué tout un mandat pour qu’à l’arrivée, je partage la sueur de mon front avec des gens assis dans leurs bureaux climatisés », déclare Mukebayi. Cette indignation traduit une exigence de justice et de droit. Le plaidoyer de l’ancien député vise à rappeler que la légalité et la probité ne sont pas des options, mais des obligations constitutionnelles et morales.

Laurent BUADI

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