Des perspectives prometteuses avec le contrôle systémique du Plan stratégique 2026‑2028 de l’IGF !

 Des perspectives prometteuses avec le contrôle systémique du Plan stratégique 2026‑2028 de l’IGF !

Le « contrôle systémique » présenté par Christophe Bitasimwa dans le Plan stratégique 2026‑2028 de l’IGF à travers le Briefing Presse co-anime avec le ministre de la Communication et Médias Patrick Muyaya, ouvre des perspectives prometteuses, car il vise à passer d’un contrôle ponctuel et manuel à une surveillance permanente, digitalisée et intégrée des flux financiers publics. Mais son succès dépendra de la capacité à maîtriser toutes les données financières et à lever les obstacles techniques et institutionnels.

Le « contrôle systémique » est une nouvelle approche qui consiste à noter qu’il ne s’agit plus de vérifier des actes isolés, mais de surveiller en continu l’ensemble du système financier public. La digitalisation étant l’exploitation des données financières en temps réel, recoupement automatisé, analyses préalables avant les descentes sur le terrain.
Pour la surveillance permanente, l’IGF pourra identifier les risques et irrégularités avant qu’ils ne causent un préjudice aux finances publiques. Le président Félix Tshisekedi a, du reste, exprimé son soutien total à cette réforme, la considérant comme une étape clé pour la transparence et la bonne gouvernance. Au niveau de l’alignement international, l’IGF ambitionne de se rapprocher des standards mondiaux en matière d’audit public et de lutte contre la corruption. Une efficacité accrue est attendue dès lors qu’il est question de réduire des marges d’erreur, et miser sur des interventions ciblées ainsi qu’une meilleure anticipation des irrégularités.
Concernant la maîtrise des données, Bitasimwa reconnaît que l’IGF ne contrôle pas encore tous les flux financiers, certains circuits restant invisibles, la mise en place des outils digitaux devant être achevée d’ici 2028, avec une phase pilote en 2027.
L’interconnexion étant faible, les administrations publiques ne sont pas toutes digitalisées, et c’est ce qui peut ralentir l’efficacité du système. Par rapport à l’ancien, le nouveau modèle systémique est une révolution méthodologique pour l’IGF dans la mesure où, il promet une gouvernance plus transparente et une lutte plus efficace contre la corruption. Mais pour que ces perspectives se concrétisent, il faudra surmonter les défis liés à la digitalisation, à l’interconnexion des systèmes et à la maîtrise des flux financiers invisibles.
De la patrouille financière au scanner permanent
Hier encore, l’Inspection générale des finances ressemblait à une brigade de patrouille qui surgissait à l’improviste, carnet en main, pour vérifier les comptes d’une régie ou d’un ministère. Contrôles a priori, concomitants ou a posteriori : autant de descentes ponctuelles, souvent spectaculaires, mais limitées par la lenteur des procédures et la dépendance aux documents fournis par les contrôlés. Aujourd’hui, Christophe Bitasimwa annonce le basculement vers le contrôle systémique. Exit la patrouille, place au scanner permanent : un dispositif digitalisé qui aspire les flux financiers, les recoupe en temps réel et alerte avant même que l’irrégularité ne se matérialise.
En un mot comme en plusieurs, l’IGF ne veut plus courir derrière les fraudeurs, elle ambitionne de les devancer, de les neutraliser par anticipation. Le basculement cher à Bitasimwa est prometteur, mais il reste suspendu à une condition : maîtriser tous les flux. Tant que certaines poches d’opacité subsistent, le contrôle systémique risque de tourner au mirage technologique.

Le Journal

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