La tentation du troisième mandat, ou l’art de lier la Constitution à la guerre: Lambert Mende jete le pavé dans la mare !

 La tentation du troisième mandat, ou l’art de lier la Constitution à la guerre: Lambert Mende jete le pavé dans la mare !

Vieux routier de la scène politique congolaise, Lambert Mende vient de lancer un pavé dans la mare à travers une sorte médiatique, en soutenant et liant la révision constitutionnelle avec à la clé, la possibilité d’un troisième mandat de Félix Tshisekedi, au conflit sécuritaire dans l’Est. Certains analystes estiment que sa sortie n’est pas anodine, elle est de nature à ouvrir un champ de bataille idéologique où la sécurité nationale devient prétexte à la continuité du pouvoir.

D’après plusieurs analystes, en affirmant que la Constitution n’est pas un texte sacré, Mende légitime l’idée que les règles fondamentales peuvent être remodelées selon les circonstances. Cela fragilise la perception de l’État de droit et installe une logique d’exception permanente à tel point que la guerre dans l’Est devient un argument politique pour prolonger le mandat présidentiel. Ce glissement transforme une tragédie nationale en levier de pouvoir, au risque d’aggraver la méfiance entre institutions et citoyens.

Sur le plan de la polarisation politique, la proposition de Lambert Mende accentue la fracture entre majorité et opposition. Les juristes et la société civile dénoncent une violation flagrante de la Loi fondamentale, tandis que les partisans du régime  Tshisekedi y voient une nécessité patriotique. Quand cet acteur politique fait la comparaison entre Roosevelt vs RDC, des historiens pensent que l’analogie avec Franklin D. Roosevelt est rhétoriquement habile mais juridiquement bancale parce qu’aux États‑Unis, l’absence de limite formelle à l’époque rendait possible la répétition des mandats. Par contre, en RDC, la Constitution verrouille explicitement à deux.

Pour la préfiguration d’un débat national, la sortie de Mende pourrait être le ballon d’essai d’une stratégie plus large en vue de tester l’opinion publique, jauger les résistances, et préparer le terrain à une réforme constitutionnelle. Mais pour d’aucuns, Mende joue sur deux registres dont la provocation verbale ( constipation mentale ) pour ridiculiser les défenseurs de l’intangibilité constitutionnelle, et aussi la légitimation historique (Roosevelt) pour donner un vernis de respectabilité à une idée explosive.

Derrière cette rhétorique, c’est bien la tentation du pouvoir prolongé qui se dessine, laissent croire des observateurs de la scène politique congolaise. La Constitution devient ainsi, un texte malléable et la guerre un justificatif politique

À tout prendre, la déclaration de Lambert Mende n’est pas qu’une opinion isolée, elle révèle une stratégie de continuité du pouvoir par la révision constitutionnelle. Entre l’argument sécuritaire et la tentation du troisième mandat, la RDC se retrouve face à un dilemme : préserver la stabilité institutionnelle ou céder à la logique d’exception.

DES CRITIQUES S’EMBALLENT…

En effet, dès que Lambert Mende a publiquement soutenu une révision de la Constitution et lié la possibilité d’un troisième mandat de Félix Tshisekedi au contexte sécuritaire dans l’Est, affirmant que “tant que l’agression rwandaise persistera, Tshisekedi restera au pouvoir”, il ne pensait pas avoir remué les eaux dormants.

Les propos de ce politicien qui a traversé des époques viennent du coup, relancer le débat sur la légitimité institutionnelle et la continuité du pouvoir en RDC dans la mesure où il considère que la Constitution n’est pas un texte sacré et doit pouvoir évoluer. Encore plus tranchant, Mende qualifie le refus de toute réforme, de “constipation mentale”.

Concernant un éventuel troisième mandat, il justifie l’idée en évoquant des précédents historiques, comme celui de Franklin D. Roosevelt aux États‑Unis, qui avait exercé quatre mandats en période de guerre. Selon lui, la persistance de l’agression rwandaise dans l’Est justifie la continuité du pouvoir de Tshisekedi. Du dialogue politique,  Mende exclut Joseph Kabila et Corneille Nangaa qu’il juge inéligibles en raison de sanctions et condamnations qui pèsent sur leurs personnes.

Certains universitaires et juristes, eux, rappellent que la Constitution congolaise limite strictement le mandat présidentiel à deux. Pas un de plus, et toute tentative de prolongation est considérée par eux, comme une violation grave. L’Opposition politique et la société civile de leur côté, dénoncent une instrumentalisation du conflit sécuritaire pour justifier une prolongation du pouvoir.

Pour la comparaison avec Roosevelt vs RDC, les critiques soulignent que le cas américain n’est pas transposable, car la Constitution américaine n’avait pas de limite formelle à l’époque, contrairement à celle de la RDC. Pour eux, Mende cherche à légitimer un troisième mandat en liant sécurité nationale et continuité institutionnelle et sa formule “constipation mentale” vise à ridiculiser les défenseurs de l’intangibilité constitutionnelle.

En RDC, le débat sur la Constitution devient ainsi un champ de bataille où s’entredéchirent des camps diamétralement opposés entre la stabilité sécuritaire et le respect des règles démocratiques.

Le Journal

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