À l’issue de sa 66e session extraordinaire: RDC : L’ECC conditionne la réforme constitutionnelle par un dialogue démocratique national et inclusif

Le Comité Exécutif National de l’Eglise du Christ au Congo, s’est réunis en la 66° Session Extraordinaire, à la Cathédrale du Premier Centenaire Protestant à Kinshasa, du 04 au 07 juin 2026. La tenue de cette session est conforme aux dispositions des articles 17, 18 et 19 de la Constitution de l’Eglise du Christ au Congo, telle que révisée et complétée à ce jour.
sous le thème : «Le Règne de Dieu. Un Règne de Paix et d’unités» (Luc 17, 21), est le thème exploité lors de cette rencontre de trois, en vue de statuer sur la situation sanitaire provoquée par l’épidémie de la maladie à virus Ebola et sur le débat relatif aux
réformes constitutionnelles.
I. Du Contexte
Au premier point, les participants ont parlé du contexte, soulignant que la
République Démocratique du Congo traverse en ce moment une crise multiforme sur le plan sécuritaire, sanitaire, humanitaire et politique.
L’ECC a montré noir sur blanc que des espaces territoriaux importants des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu demeurent sous le contrôle du M23 soutenu par le Rwanda.
La province de I’Ituri quant à elle reste exposée aux massacres ignobles perpétrés par les éléments de l’ADF NALU.
Le Comité exécutif national de L’Église du Christ au Congo soutient que cet état des choses aggrave la souffrance et provoque des déplacements massifs des populations civiles de leurs milieux d’origine, à cela s’ajoute la résurgence d’une nouvelle vague de l’épidémie de la maladie à virus Ebola dans les trois provinces susmentionnées.
Le gouvernement annonce Ebola et promet de l’éradiquer
L’ECC a salué la déclaration du gouvernement sur la maladie à virus Ebola.
«Le 15 mai. 2026, le Ministre de la Santé Publique et Prévoyance sociale a officiellement déclaré l’épidémie de la maladie virus Ebola (MVE)
dite Bundibugyo qui est à son 17ème épisode. L’épicentre de cette épidémie demeure la Province de l’Ituri, plus précisément dans les zones de santé de Rwampara, Mongwalu et Bunia. Cette épidémie s’est étendue aux Provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Etant donné qu’il n’existe pas à ce jour un vaccin ou un médicament. Susceptible d’éradiquer la propagation de cette nouvelle souche, le
Gouvernement a fait appel à tous les acteurs engagés dans la riposte pour travailler en synergie de manière à prendre en charge les personnes
affectées et freiner l’expansion de cette épidémie».
Les efforts du gouvernement pour la sécurité, mais la situation sur le terrain n’évolue pas
Quant à ce qui concerne des situations sécuritaires, l’ECC reconnait que plusieurs efforts sont menés au niveau national par le Gouvernement et au niveau international par
les Organisations internationales ainsi que par les Partenaires de la RDC.
L’ECC a salué aussi bien les Résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité des nations-Unies, les Résolutions de l’Union
Africaine et de l’Union Européenne que les Accords de Washington et de Doha. Seulement, l’on constate que la situation sur le terrain n’évolue
pas au rythme des attentes collectives pressantes en rapport avec le rétablissement de la paix durable, la réunification du pays, la relance consensuelle du processus démocratique voire le vivre-ensemble pacifique et harmonieux.
Le pouvoir et l’opposition, deux parties diamétralement opposées
Selon la communiqué final, dans le contexte actuel, les deux camps s’invitent, dans l’opinion publique congolaise, un débat bipolaire sur les réformes à apporter à la Constitution du 18 février 2006.
Les leaders de la majorité au pouvoir, appuyés par quelques leaders religieux et de la société civile, soutiennent l’option de changement de Constitution.
Tandis que les leaders de l’opposition soutenus par certains leaders religieux et de la société civile contestent cette initiative.
Le document précise que dans ces circonstances aussi particulières, plusieurs chrétiens protestants ainsi que des partenaires oecuméniques au niveau national et
international se rapprochent de l’Eglise du Christ au Congo pour solliciter son implication dans le cadre de ses Missions Pastorale et
Prophétique, conformément aux Saintes Ecritures (2 Corinthiens 5, 18). Car, la manière dont ce débat est perçu dans l’opinion publique et est abordé par certains compatriotes, la façon dont les initiatives de masse se multiplient sur le terrain et les conditions d’occupation de
certains territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, montrent qu’il y a risque de sortir du cadre de l’exercice démocratique pour sombrer dans des actes de gravité extrême.
C’est ainsi que le Président National de l’Eglise du Christ au Congo a convoqué en extraordinaire ce présent Comité Exécutif National aux fins de proposer à la Nation une solution adéquate et objective.
Mbata et Kabuya pour l’USN, Fayulu pour le C64 devant la barre
Au deuxième points, le Comité Exécutif National a entrepris une action à laquelle les deux camps étaient présentés devant les participants de la session extraordinaire de l’ECC.
Au cours de ces travaux, le Comité Exécutif National a opté pour une approche de dialogue démocratique basée sur l’écoute, la tolérance, le discernement et l’analyse objective des opinions des uns et des autres. Une preuve que les Congolais sont capables de se mettre autour de la table et échanger sur les questions d’intérêt national. Car, rien ne doit être indigne à la discussion démocratique dans le respect de nos différences, quand il s’agit de l’intérêt supérieur de la Nation.
C’est pourquoi, précise le document, devant le 2ème Organe de l’Eglise du Christ au Congo, les leaders de deux tendances ont été invités pour présenter
démocratiquement leurs positions respectives.
La majorité au pouvoir a été représentée par l’Honorable Professeur André Mbata, Secrétaire
Permanent de l’Union Sacrée ainsi que |’Honorable Augustin Kabuya, Secrétaire Général et Président ad intérim de l’UDPS-Tshisekedi.
En revanche, poursuit la déclaration, l’opposition a été représentée par Monsieur Martin Fayulu, Président National de l’Ecidé et Monsieur Delly Sesanga, Président
de l’Envol, tous deux membres de la C64.
Cependant Monsieur Delly Sesanga a été empêché.
Quant à l’Honorable Professeur Gaspard Ngondankoy de l’USN, il été invité pour présenter sa proposition de Loi sur le référendum qui poursuit la procédure législative à l’Assemblée Nationale.
Analyse des points de vue et constat
Dans le troisième point de cette déclaratio, les participants ont analysé
minutieusement des aspects juridique, politique et moral des arguments développés par les uns et les autres, le constat suivant a été fait :
«Pour les uns, il a été démontré que la Constitution du 18 février 2006 a le mérite d’être la résultante d’un Pacte républicain obtenu après une longue période de transition et de conflits armés. Elle est issue d’un large consensus national et international. Elle est le produit de plusieurs
compromis sur des options majeures qui opposent la classe sociopolitique depuis 1960.
Elle consacre le modèle rationnel de la séparation des pouvoirs et la garantie suffisante des droits et libertés fondamentaux des citoyens.
Elle est donc une Constitution démocratique proche du Constitutionnalisme universel.»
Pour les autres, «la Constitution du 18 février 2006 reste une œuvre humaine et perfectible. Elle contient des dispositions qui nécessitent des réflexions profondes et objectives, en vue de répondre de manière optimale aux enjeux de l’heure.
Plusieurs circonstances apparues dans l’évolution de l’histoire de notre Pays depuis 2006 jusqu’à ce jour doivent interpeller la conscience collective. Ainsi, le Peuple en tant que détenteur de la souveraineté illimitée, sur pieds de l’article 5 de l’actuelle Constitution, peut s’exprimer sur la question de réformes constitutionnelles.»
Le document poursuit en disant que «Toutefois, il a été fondamentalement démontré que chaque initiative de réformes constitutionnelles doit être conforme aux conditions
préalables posées par les dispositions des articles 218, 219 et 220.
Mais il a été également démontré que le Peuple peut, dans les conditions d’un large consensus national et pour des raisons objectives, surtout
dans un processus légitime, démocratique et transparent, statuer sur les dispositions de l’article 220».
L’ECC s’interroge
Le Comité Exécutif National trouve que toutes les réflexions présentées sur la nécessité de réformes constitutionnelles et les contraintes y afférentes sont pertinentes et constructives. Elles contribuent à la maturation de l’Etat de droit démocratique et renforcent notre autolégislation et autodétermination.
De ce qui précède, la question est donc de savoir : «À quelles conditions de possibilité peut-on envisager légitimement et démocratiquement une initiative de réformes constitutionnelles dans le contexte décrit ci-dessus ?»
Des Recommandations
L’ECC articulé ses recommandations sur deux points essentiels: au premier point, l’ECC evoque la lituation de la riposte contre l’épidémie de la maladie du virus Ebola.
L’Eglise du Christ au Congo salue la réaction prompte du Gouvernement qui a fait appel à tous les acteurs (Publics, privés, Société civile, partenaires techniques et financiers) pour travailler en synergie et éradiquer cette 17ème vague de la maladie à virus Ebola (MVE).
Étant un acteur majeur dans l’architecture de l’engagement communautaire, l’Église du Christ au Congo, a mis en place une TASK FORCE,
qui a élaboré un plan de contribution à la riposte, aligné sur le plan national du Ministère de la Santé publique et portant sur des actions d’urgence à court, à moyen et long terme.
Elle est ouverte à collaborer avec le Gouvernement et les partenaires techniques et financiers dans le cadre d’une riposte globale. Elle
demande à la population de veiller au respect strict des mesures barrières pour stopper la propagation de la contamination.
Les réformes constitutionnelles
À ceux point deux des recommandations, l’Église du Christ au Congo estime qu’une initiative de réformes constitutionnelles dans le contexte actuel doit impérativement répondre
à l’exigence d’un cadre national inclusif et apaisé, conformément aux dispositions des articles 5, 218, 219 et 220 de la Constitution.
Fort de ces évidences, l’Eglise du Christ au Congo appelle les parties à recourir à la sagesse divine (1 Rois 3, 16-28) et aux valeurs ontologiques africaines de l’arbre à palabre.
Le Dialogue démocratique national et inclusif reste la voie idoine dans ce contexte précis, conformément aux Résolutions 2773 et 2808 du Conseil de Sécurité des Nations- Unies, les Résolutions de l’Union Africaine et de l’Union Européenne ainsi que des Accords de Washington
et de Doha.
«Nous sommes un peuple uni par le sort et dans l’effort pour l’indépendance (Hymne National). Nous avons un beau et riche pays que Dieu nous a donné. Ne construisons pas des murs mais jetons des ponts. Demandons à Dieu de faire de nous des artisans de réconciliation. Là où la méfiance a fermé la route, que le Seigneur ouvre le chemin. Là où l’histoire a laissé des blessures, que le Seigneur suscite des gestes de guérison de la mémoire collective.
Ensemble, par un esprit de dépassement de soi et de dialogue constructif, nous pouvons trouver des solutions consensuelles et durables pour le bien de notre Peuple (Psaumes 133 et Matthieu 5, 1-12).
Puisse |’Eternel bénir nos autorités, nos peuples, consoler toutes les familles éplorées dans les trois provinces pendant ce dur moment que traverse notre Pays ; Puisse l’Eternel construire la Paix durable et restaurer l’Unité nationale», a conclu la déclaration finale de la 66e session extraordinaire de l’ECC, sous les signatures du Mgr Ev. Gabriel UNDA,
Modérateur National et du
Rév. Dr André-Gédéon BOKUNDOA- BO-LIKABE
Président National.
Gel Boumbe
