La Gestion des Infrastructures, Travaux publics, Affaires foncières, Urbanisme et Habitat pose problème à Kinshasa...: Jared Phanzu demande des comptes au ministre provincial de tutelle !

Le 8 avril 2026, l’honorable Jared Phanzu, député provincial élu de Bandalungwa, a adressé une question orale avec débat au ministre provincial des Infrastructures, Travaux publics, Affaires Foncières, Urbanisme et Habitat, sur la gestion, la planification et l’exécution des projets ainsi que de la situation d’infrastructures, des affaires foncières, d’urbanisation et de l’habitat dans la ville-province de Kinshasa
Tout en priant le Président de l’Assemblée provinciale à bien vouloir inscrire sa question orale avec débat à l’ordre du jour de la plénière, conformément aux dispositions réglementaires en vigueur, Jared Phanzu souligne que sa démarche est motivée par les articles 195 et 197 de la Constitution de la République Démocratique du Congo, l’article 39 point 1 de la loi n°08/012 du 31 juillet 2008 relative à la libre administration des provinces, ainsi que les articles 183 alinéa 2 et 196 du Règlement intérieur de l’Assemblée provinciale de Kinshasa.
Comme contexte de sa question orale avec débat, l’élu de Bandal fait allusion à la session de mars, dédiée au contrôle parlementaire, qui offre à leur Assemblée l’opportunité d’évaluer, avec rigueur et sans complaisance, l’action du Gouvernement provincial deux années après son installation.
“À cet égard, le secteur des infrastructures, de l’urbanisme, de l’habitat et des affaires foncières constitue un baromètre central de la performance gouvernementale, tant il impacte directement la qualité de vie des populations, l’attractivité économique de la ville et la crédibilité de l’action publique”, écrit Jared Phanzu en regrettant que sur le terrain, le constat est préoccupant, voire alarmant. Il note que la ville de Kinshasa fait face à une dégradation généralisée de ses voiries, à une vulnérabilité accrue face aux aléas climatiques, à une urbanisation anarchique, ainsi qu’à une gestion peu lisible du foncier urbain. Phanzu précise que les épisodes récents de pluies ont davantage mis en lumière les insuffisances structurelles en matière de drainage, d’assainissement et d’entretien des infrastructures de base.
Il s’étonne que de nombreuses annonces publiques ont été faites, notamment en ce qui concerne la livraison d’ouvrages routiers et la modernisation des infrastructures urbaines. Mais, selon lui, ces annonces contrastent fortement avec la réalité observée par les Kinois, marquée par des chantiers inachevés, des projets non visibles et un déficit de communication institutionnelle claire et vérifiable.
“À cela s’ajoute une problématique majeure de gouvernance : la confusion persistante entre les interventions du Gouvernement central et celles du Gouvernement provincial, l’opacité dans la passation des marchés publics, ainsi que le manque de traçabilité dans l’utilisation des ressources budgétaires votées par cette Assemblée. Dans ce contexte, la présente question orale avec débat vise non seulement à obtenir des éclaircissements précis, mais également à établir les responsabilités, apprécier la cohérence de l’action gouvernementale et garantir la redevabilité dans la gestion des affaires publiques provinciales”, souligne le député avant de décliner ses questions qui consistent à savoir .quelle est la justification de l’allocation et de l’exécution des budgets provinciaux votés pour les infrastructures au cours des deux dernières années dès lors qu’il a été publiquement affirmé que le financement des infrastructures à Kinshasa est entièrement assuré par le Gouvernement central ?
Jared Phanzu est également préoccupé de connaître, de manière exhaustive et documentée, la cartographie des projets d’infrastructures en cours dans la ville, en distinguant clairement ceux financés par le Gouvernement provincial de ceux relevant du Gouvernement central.
Quant aux déclarations faisant état de 79 % d’exécution des travaux de curage et 69 % pour la voirie, le député demande au ministre de produire des données vérifiables, incluant les sites concernés, les volumes réellement exécutés, ainsi que les prestataires impliqués. Et dans le même ordre d’idées, l’élu de Bandal tient à être éclairé sur les entreprises attributaires des marchés publics dans le secteur du ministre et selon quelles procédures ces marchés ont été passés, et quels sont les bureaux d’études les ayant validés.
Le ministre est tenu également d’expliquer pourquoi la persistance de la dégradation avancée de plusieurs axes routiers stratégiques, notamment dans la commune de Bandalungwa (avenue Kasa-Vubu et ses tronçons critiques), malgré les annonces et les crédits alloués, et présenter aux élus, une situation exhaustive actualisée du domaine foncier urbain de Kinshasa : superficies non loties, occupations irrégulières, concessions attribuées avec ou sans base contractuelle.
Les mesures concrètes prises pour la récupération des espaces publics et des zones non aedificandi intéressent aussi l’elu de Bandal ainsi que l’accompagnement prévu pour les populations affectées par cette mesure.
Concernant l’état réel du patrimoine de la ville de Kinshasa, tant mobilier qu’immobilier, Jared Phanzu voudrait connaître quels mécanismes de gestion, de valorisation et de traçabilité des recettes ont été mis en place, avant de chercher à être informé sur un état détaillé et chiffré du Grand Marché central dit (Zando) : ses capacités réelles (étalages, magasins, chambres froides), son coût initial, son coût final après avenants, le niveau d’exécution et les échéances de mise en service.
Par rapport à l’opération “Bala Bala Eza Wenze Te”, le ministre est sommé de préciser quelle politique structurelle il a mis en place pour doter la ville de marchés modernes, adaptés et suffisants, tandis qu’en ce qui concerne la gestion des plaques d’immatriculation spécifiques à l’administration provinciale, il est question de savoir quelles garanties existent contre les abus, et aussi les modalités contractuelles et financières ayant encadré leur production.
Pour conclure sa question orale avec débat, le député rappelle que sa démarche s’inscrit dans l’exercice légitime du contrôle parlementaire, pilier fondamental de la démocratie provinciale. “Et elle répond à une exigence impérieuse de vérité, de transparence et de résultats au bénéfice de la population kinoise”, insiste-t-il en soulignant que face aux défis structurels auxquels la ville de Kinshasa est confrontée, il est impératif que l’action gouvernementale soit lisible, cohérente, coordonnée et rigoureusement encadrée.
“Ainsi, au-delà des réponses attendues, cette action devra permettre à notre Assemblée d’apprécier objectivement la performance du Gouvernement provincial, d’identifier les insuffisances éventuelles et, le cas échéant, d’en tirer toutes les conséquences institutionnelles prévues par nos textes”, fait-t-il savoir.
Le Journal
