De l’immunité à l’imputabilité: Joseph Kabila apprend que l’histoire n’offre pas de parachute doré !

 De l’immunité à l’imputabilité: Joseph Kabila apprend que l’histoire n’offre pas de parachute doré !

Hier, l’immunité servait de cuirasse aux puissants de l’Afrique. Aujourd’hui, Thierry Monsenepwo la renvoie au musée des illusions : «l’immunité c’était hier, aujourd’hui c’est la reddition des comptes.» La formule de l’ambassadeur Monsenepwo sur Joseph Kabila qui tourne en boucle dans les réseaux sociaux, claque comme une gifle dans un pays où l’impunité a longtemps été la règle. 

La mise à nu de Joseph Kabila par Washington n’est pas qu’un épisode diplomatique, c’est un signal fort. Les sanctions financières lui infligées ouvrent désormais la voie à une justice internationale qui ne se contente plus de geler des avoirs, mais qui pourrait bientôt brandir des mandats d’arrêt. Le message est clair : l’ancien président de la RDC n’est plus intouchable, il est désormais comptable.

Ce basculement résonne comme un avertissement pour toute une classe politique qui doit retenir que l’ère des immunités éternelles s’effrite, et la reddition des comptes devient l’horizon. Le Congo, longtemps prisonnier des privilèges d’État, découvre que la mémoire des abus ne s’efface pas, elle se transforme en actes judiciaires.

En le disant tout haut, Thierry Monsenepwo traduit en punchline ce que beaucoup perçoivent comme un tournant avec la mise à nu de Kabila par l’administration Trump qui ne serait pas seulement une sanction financière, mais l’ouverture d’un cycle judiciaire où les mandats d’arrêt internationaux deviennent plausibles.

Ce discours du PCA de COHYDRO s’inscrit dans une logique de rupture signifiant la fin du tabou de l’intouchable. Car, l’ancien président de la RDC, longtemps protégé par son statut et ses immunités, se retrouve actuellement exposé à des mécanismes implacables de la justice transnationale.

LE RAīS SUR LA TRACE D’AUTRES FIGURES AFRICAINES

Bashir, Compaoré et tant d’autres ex-chefs d’État ont vu leur immunité se dissoudre face aux tribunaux comme Joseph Kabila à ce jour, découvre que “l’immunité c’était hier, aujourd’hui c’est la reddition des comptes.”

Omar el-Béchir (Soudan), après 30 ans de pouvoir et protégé par l’État, a vu tout basculer avec un Mandat d’arrêt de la CPI pour crimes de guerre. C’était la première mise en cause d’un chef d’État en exercice. C’est la différence majeure par rapport à Kabila qui n’est plus président et a déjà perdu ses immunités.

Blaise Compaoré (Burkina Faso), après 27 ans de règne et actuellement exilé en Côte d’Ivoire, a été condamné par contumace pour l’assassinat de Thomas Sankara et son immunité balayée par la mémoire historique.

Charles Taylor, ancien Président du Liberia se retrouvé exilé au Nigeria avant d’être jugé et condamné à La Haye. Son cas illustre parfaitement l’exemple de reddition des comptes transnationale.

Hissène Habré, ancien président du Tchad fut réfugié au Sénégal et condamné pour crimes contre l’humanité. Dans son cas, la justice africaine s’est affirmée sur son propre sol.

Le signal politique qui s’en dégage, c’est l’idée que l’immunité ne protège plus les élites congolaises et renforce la rhétorique de la reddition des comptes, chère aux acteurs qui veulent marquer une nouvelle ère. Comme effet d’entraînement, si Washington ouvre la voie, certains imaginent que d’autres juridictions telles que la CPI et d’autres tribunaux européens pourraient suivre l’exemple en transformant la sanction en poursuite judiciaire.  On ne le dira jamais assez, Thierry Monsenepwo a trouvé la formule qui résume l’air du temps : « l’immunité c’était hier, aujourd’hui c’est la reddition des comptes.» La mise à nu de l’ancien président de la RDC par les États Unis n’est pas un simple épisode de sanctions financières, c’est un avertissement.

Ce basculement n’est pas inédit. Parce que l’histoire africaine récente regorge de cas où l’immunité s’est effritée, en laissant place à l’imputabilité. Comme quoi, quand l’immunité est brisée, les comptes sont exigés.

Si hier, l’immunité servait de bouclier, aujourd’hui elle se fissure sous le poids des comptes à rendre. Kabila n’est pas seul, comme on l’a vu ci-dessus, l’Afrique a déjà vu tomber des statues de bronze, remplacées par des dossiers judiciaires.

EMPIRE FINANCIER EN SURSIS

Joseph Kabila, longtemps maître d’un empire tentaculaire nourri par les contrats miniers, les réseaux bancaires et les sociétés écrans, voit ses fondations se fissurer d’un coup. Les sanctions américaines ne sont pas un simple gel d’avoirs, elles frappent au cœur de son système, celui qui transformait l’immunité politique en rente économique.

Les banques américaines ferment la porte : plus de transactions en dollars, plus de relais financiers. Les sociétés satellites exposées parce que toute entité détenue à 50% ou plus par Kabila est automatiquement bloquée. Les partenaires internationaux sont refroidis dans la mesure où, qui osera encore signer un contrat avec un homme devenu persona non grata ? Question à un franc.

Ce qui était jadis un empire se transforme en château de cartes. Les flux financiers, jadis invisibles, deviennent des preuves à charge. L’argent, jadis bouclier, devient pièce à conviction.

 

QUAND L’ARGENT CESSE D’ÊTRE UN REFUGE

En ce moment, Joseph Kabila (RDC) voit ses contrats miniers, ses sociétés écrans et autres réseaux bancaires mis en berne par les sanctions US, l’isolement économique s’invite et l’immunité ne protège plus les comptes.

Comme lui, Omar el-Béchir du Soudan a vécu hier la même expérience avant que les Mandats de la CPI interviennent. Quand les ressources deviennent preuves de crimes, rien n’y fait.

Charles Taylor du Liberia, très prospère grâce au trafic de diamants et des réseaux armés,  n’a eu que ses yeux pour pleurer au Procès à La Haye. Les “diamants du sang” l’ont mené droit à la cellule.

Hissène Habré du Tchad, était célèbre pour ses détournements de fonds publics et ses immenses fortunes cachées dans les paradis fiscaux. Mais à la faveur de sa condamnation au Sénégal, ses comptes offshore ne l’ont pas sauvé de la justice.

Pour Kabila sanctionné tout comme pour les autres, l’on retient que devant l’ouragan de l’histoire, l’empire financier se transforme vite en champ de ruines. Hier, l’argent protégeait, aujourd’hui il accuse.

Laurent BUADI

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