Jacquemin Shabani sort de la gueule du loup !

Mercredi, Jacquemin Shabani a traversé l’épreuve parlementaire sans être dévoré par la fronde. La motion de défiance, annoncée longtemps comme un loup prêt à mordre, s’est finalement révélée plus bruyante que mordante. Bref, ça aura été un coup d’épée dans l’eau.
Sorti indemne, Shabani conserve ainsi son poste de Vice-premier ministre -VPM- de l’Intérieur. Il démontre que son ancrage dans l’Union sacrée reste solide. La situation ne pouvait que se présenter de cette manière inespérée dès lors que, la motion était déjà affaiblie par les retraits de signatures et les pressions politiques qui ont fini par transformer l’assaut de l’élu de Kisangani en un simple rugissement. Comme signal politique, il convient de noter que même sans conséquence immédiate, l’épisode rappelle que les domaines de la sécurité et de la gouvernance restent des terrains minés pour le gouvernement.
Dressée à ce sujet, une grille analytique comparative mettant en perspective la motion contre Jacquemin Shabani avec d’autres tentatives de destitution récentes par motions de défiance au Parlement congolais est assez révélatrice.
Si en cette fin du mois d’avril 2026, le Vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemin Shabani s’en est tiré de la motion initiée sur fond de critiques liées à la gouvernance et à la sécurité, laquelle a échoué en voyant, Shabani resté en poste, c’est un signe que la majorité parlementaire reste soudée, les retraits de signatures montrent la fragilité des frondes internes.
C’est tout le contraire de Jeanine Mabunda en 2020 en étant Présidente de l’Assemblée nationale, a vu sa gestion contestée à l’interne, alimentant les tensions au sein du FCC. La motion initiée contre elle était une réussite ayant abouti sur sa destitution votée par un grand nombre. Ce fut un exemple rare où la majorité s’etait fracturé, révélant un basculement d’équilibre politique.
En 2021, le Président de l’Assemblée nationale Christophe Mboso essuie des critiques sur la gestion des débats et sa proximité avec l’exécutif. À l’arrivée, la motion le visant échoue en servant plus de signal politique que d’une véritable menace, mais Mboso s’en était sorti en consolidant son assise au perchoir.
Pour des ministres sectoriels, divers cas ont été enregistrés entre 2018 et 2025, des membres du gouvernement ont été secoués par des motions souvent liées à des scandales ou à l’inefficacité sectorielle. La Majorité a échoué à les faire passer, les transformant en simples instruments de pression, rarement des outils de renversement.
La lecture comparative qui se dégage entre Shabani et Mabunda est la suivante : contrairement à Mabunda à son époque, Shabani bénéficie actuellement d’une Union sacrée plus disciplinée, ce qui neutralise la fronde.
Entre Shabani et Mboso, c’est le même scénario d’une motion qui fait du bruit sans conséquence, mais Shabani sort renforcé par l’image d’un “rescapé”. Tandis que les motions contre ministres illustrent la fonction de soupape démocratique, mais rarement un véritable changement institutionnel.
En résumé, la motion contre Shabani s’inscrit dans la tradition congolaise des motions de défiance symboliques, elles révèlent des tensions mais ne renversent que rarement l’ordre établi.
Le Journal
