Mourir en RDC, être effacé au Rwanda: Quand l’État interdit de pleurer ses morts!

Des soldats congolais au Nord-Kivu le long de la frontière avec le Rwanda. © MONUSCO/Sylvain Liechti
Un témoignage glaçant d’un jeune Rwandais, relayé par le ministre congolais de la Communication Patrick Muyaya sur le réseau social X, révèle une pratique longtemps tue : des familles contraintes d’enterrer leurs proches dans le plus grand secret, sous surveillance militaire, puis sommées de se taire. Privées du droit fondamental au deuil, certaines sombrent dans le traumatisme, jusqu’à la rupture psychologique. Derrière ces funérailles clandestines se dessine une politique du silence dénoncée par plusieurs ONG et médias internationaux, visant à masquer l’ampleur réelle des pertes humaines liées au conflit armé en République démocratique du Congo. Alors que les témoignages se multiplient, le récit officiel vacille et une exigence de vérité s’impose désormais dans l’opinion publique. Le témoignage poignant d’un jeune Rwandais, relayé sur le réseau social X par le ministre congolais de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, lève le voile sur une réalité largement méconnue du conflit armé en République démocratique du Congo. Le jeune homme affirme avoir enterré son frère dans le plus grand secret, lors de funérailles strictement encadrées par l’armée, avant d’être sommé de garder le silence. Selon son récit, l’interdiction de faire publiquement le deuil a entraîné de graves conséquences psychologiques au sein de sa famille. Son frère aîné, profondément affecté par la perte et par l’impossibilité d’exprimer sa douleur, aurait développé un traumatisme sévère, conduisant à son internement dans un centre psychiatrique. Ce témoignage met en lumière le double drame vécu par certaines familles rwandaises : perdre un proche engagé dans la guerre en RDC, puis se voir refuser le droit fondamental de lui rendre hommage. Une pratique que plusieurs observateurs dénoncent comme une stratégie visant à dissimuler l’ampleur réelle des pertes humaines et à préserver un discours officiel fondé sur le déni. Cette situation a récemment été documentée par le média allemand Deutsche Welle, venant corroborer des révélations publiées par Human Rights Watch en septembre dernier sur les pressions exercées à l’encontre des familles des victimes. À mesure que ces voix se libèrent, la politique du silence imposé semble atteindre ses limites, ravivant au sein de l’opinion publique une exigence croissante de vérité et de transparence.
La Rédaction avec Agences
