RTNC : Denis Mukwege alerte sur les risques de discours stigmatisants

Les propos diffusés récemment sur la RTNC dans le cadre d’un débat consacré à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC continuent de susciter de vives réactions. Le Prix Nobel de la paix, Denis Mukwege, a exprimé son inquiétude face à certaines déclarations qu’il juge dégradantes à l’égard des femmes de la communauté tutsi et contraires à l’idéal d’unité nationale.
Ces propos ont été tenus par le général-major Sylvain Ekenge Bomusa Efomi, alors porte-parole des FARDC. Initialement axée sur l’analyse de la situation militaire, l’émission a pris une tournure polémique lorsque des accusations ont visé une communauté bien précise. Mukwege a rappelé que, même en contexte de crise, les autorités doivent veiller à employer un langage responsable afin de ne pas nourrir des tensions identitaires déjà sensibles.
Le médecin congolais a rappelé l’importance du respect mutuel et de la solidarité entre les peuples de la région des Grands Lacs. Selon lui, les discours qui visent un groupe en raison de son appartenance ethnique ou de son genre sapent le vivre-ensemble et fragilisent la paix sociale. Il a également dénoncé l’impunité qui entoure trop souvent ce type de dérives.
À la suite de la controverse, le général-major Ekenge a été relevé de ses fonctions, tandis que le présentateur de l’émission, Oscar Mbal Kahji, a été suspendu pour n’avoir pas recadré les échanges. Dans un communiqué signé par le chef d’état-major général, Jules Mwilambwe Banza, l’armée congolaise a pris ses distances, affirmant que ces propos ne reflètent pas sa doctrine officielle et réaffirmant sa volonté de protéger tous les citoyens sans distinction.
L’armée a enfin appelé à la responsabilité collective et au refus de tout langage qui pourrait alimenter la haine ou la division.
