RDC : Le président Félix Tshisekedi recadre et rappelle à l’ordre ses ministres

 RDC : Le président Félix Tshisekedi recadre et rappelle à l’ordre ses ministres

Plusieurs déclarations publiques de membres du gouvernement ayant fait polémique la semaine dernière, alors que Kinshasa mise officiellement sur la voie diplomatique pour tenter de contenir l’escalade avec le Rwanda et de régler la crise sécuritaire liée au M23/AFC, le président de la République, Félix Tshisekedi a rappelé à l’ordre ses ministres.

Ce recadrage intervient après une série de prises de position jugées sensibles et non concertées, sur fond de tensions régionales persistantes dans l’Est du pays. Deux ministres sont sortis du lot, à savoir : Muhindo Ndangi et Adolphe Muzito.

Recadrage de la première ministre
La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa a, lors du Conseil des ministres, recadré son gouvernement suite aux déclarations «non-contrôlées» faites par certains membres.
La Première ministre Congolaise a jugé ces sorties médiatiques de certains membres du gouvernement d’ «inacceptables» et contraires aux orientations présidentielles. Elle a souligné qu’une mise en garde formelle a été adressée aux ministres, et un mécanisme de contrôle renforcé de la communication de l’État a été décidé.
«La répétition de prises de parole non concertées, alors que la parole de l’État ne saurait être «improvisée ou non maîtrisée» devient de l’indiscipline», rappelle la Cheffe du gouvernement.

Deux sorties médiatiques pointées du doigt
En moins d’une semaine, deux sorties médiatiques allant dans le sens de l’insécurité à l’Est, ont défrayé la chronique en République démocratique du Congo.

En premier lieu, celle du ministre du Développement rural, Muhindo Nzangi qui, lors de son passage dans une émission, a affirmé que sans la mise en garde des Américains, les rebelles du M23/AFC auraient pu prendre la ville de Kalemie après Uvira en décembre, estimant «qu’il n’y avait pas grand-chose» pour les en empêcher, souligne rfi.
Autre sortie, celle du vice-premier ministre du Budget, Adolphe Muzito, qui a déclaré : «Si le Rwanda veut la guerre, il va l’obtenir», en assurant que la RDC était prête à mobiliser «cinq milliards de dollars sur cinq ans» pour financer un effort militaire.

Communication concertée
La première ministre, Judith Suminwa a, face à ces propos, rappellé que toute communication touchant à la défense, à la sécurité, à la cohésion sociale ou aux relations diplomatiques ne pouvait être improvisée et devait être concertée.
Elle instruit tous les ministres que désormais, le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya devra coordonner ces prises de parole, en lien avec la présidence.

Une mise en garde sévère du chef de l’État
De son côté, le président de la République, Félix Tshisekedi a adressé une «mise en garde sévère» aux ministres. Cette mise en garde intervient une semaine après son précédent rappel à l’ordre consécutif à la polémique provoquée par le porte-parole de l’armée, le Général-major Sylvain Ekenge. En décembre, lors d’une émission diffusée sur la télévision publique, il avait tenu des propos visant la communauté tutsi, déclenchant un vif tollé. Suspendu depuis, il a été remplacé par intérim par le lieutenant-colonel Mike Hazukay, figure connue du paysage médiatique.
Ce recadrage et mise en garde sévère du chef de l’État et de la cheffe du gouvernement étant un avertissement, les membres de l’exécutif national doivent s’aligner dernière les instructions données.

Gel Boumbe

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