L’implication des populations autochtones pygmées au cœur des préoccupations !

À l’occasion de l’ouverture jeudi 17 décembre, de l’atelier du Dialogue politique sur l’implication des populations autochtones pygmées dans les politiques et programmes de développement, à l’hôtel Sultani du 17 au 19 décembre 2025, monsieur Waly Diouf, s’exprimant au nom du Directeur-Pays et représentant du Fonds international de développement agricole -FIDA-, a rappelé que les populations pygmées présentes sur notre sol depuis des siècles, sont non seulement une richesse culturelle, mais également des acteurs essentiels de la conservation de nos forêts, de la biodiversité et de nos savoirs endogènes. Mais pourtant, ils continuent d’être victimes de diverses formes de marginalisation telles que l’exclusion sociale, l’accès limité aux services de base, l’insécurité foncière et la sous représentation dans les instances de prise de décisions.
Le constat malheureux est que cela se fait malgré la promulgation en juillet 2022, de la loi N°22/030 portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées qui est un pas important et crée le cadre juridique pour la reconnaissance des droits fonciers, l’accès à la justice, la valorisation des coutumes et l’amélioration des conditions de vie dont la mise en œuvre effective nécessite l’implication et la mobilisation de tous : État, partenaires au développement, société civile et communautés.
Monsieur Waly a néanmoins rassuré qu’aujourd’hui, nous avons la chance de traduire notre législation ambitieuse en réalité en faisant que les réformes foncières, agricoles, et d’aménagement du territoire prennent en compte les particularités, les droits et les aspirations des peuples autochtones.
À ce titre, les projets appuyés par le FIDA (AVENIR, PADRIR, PASA-NK) ont mis en place des approches dont les plans pour les peuples autochtones, CLIP, valorisation des savoirs traditionnels, inclusion économique des femmes et des jeunes autochtones.
Le représentant de FIDA a souligné que l’expérience prouve que l’implication des communautés autochtones dans la conception, l’exécution et le suivi des projets de développement est une garantie de durabilité, d’approbation et de cohésion sociale.
Des défis majeurs à relever demeurent encore et sont nombreux, tel que l’a fait savoir monsieur Waly Diouf en citant l’accélération de l’adoption des textes d’application de la loi sur les droits des peuples autochtones, le renforcement des capacités des acteurs étatiques et non étatiques pour la mise en œuvre inclusive des politiques publiques, l’accès sécurisé à la terre et aux ressources naturelles, base de la survie et de la dignité des peuples autochtones, la participation pleine et effective des peuples autochtones aux prises de décisions à tous les niveaux et le combat contre toute discrimination à l’encontre des peuples autochtones.
Dans cet ordre d’idées, l’on a appris qu’au moment où la RDC réaffirme son engagement pour le développement durable, il est nécessaire que les experts puissent, à la faveur de cet atelier, trouver des réponses aux questions telles que : l’association automatique des populations autochtones à la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques et programmes de développement ; la facilitation de l’accès aux services de base dont l’Education, la santé, l’habitat, la justice…; l’appui des activités économiques et les projets des communautés autochtones, notamment des femmes et des jeunes; la reconnaissance et l’intégration des connaissances traditionnelles dans les plans nationaux d’adaptation aux changements climatiques; le soutien du dialogue et la collaboration entre les institutions publiques, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations autochtones.
“La reconnaissance et l’inclusion des populations pygmées ne sont pas seulement une question de justice sociale, mais une nécessité pour la paix, la cohésion et le développement durable de notre pays”, a appuyé monsieur Waly Diouf en exhortant que les uns et les autres se tiennent la main dans la main, pour qu’ensemble, dans la diversité, nous puissions construire une RDC inclusive, juste et prospère pour tous.
Un bond en avant vers la reconnaissance des droits des peuples autochtones
Les diverses interventions de la journée ont démontré que non seulement les peuples autochtones sont sous représentés dans les instances publiques de conception des politiques nationales, mais ils ne jouissent pas pleinement des terres qu’ils occupent et des ressources que ces terres renferment.
Aussi, la dépossession de ces terres se fait le plus souvent, sans prise en compte de l’existence de ces populations autochtones ni de leur indemnisation juste, équitable et proportionnelle. Les conditions formelles d’accès aux services sociaux de base restant en grande partie en leur défaveur et les enfoncant dans un déséquilibre récusable.
Pourtant, en se référant à l’arsenal juridique international, notamment la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, et aux articles 51 et 123 point 16 de la Constitution, la RDC s’est dotée le 15 juillet 2022, de la loi N°022/030 portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées pour déterminer les principes fondamentaux rélatifs à leurs Droits fondamentaux en tant que groupe autochtone vulnérable. Cette loi est un grand pas vers la reconnaissance des droits des peuples autochtones pygmées dès qu’elle établit un cadre juridique pour la protection et la promotion des droits des populations autochtones pygmées et garantit l’accès facile à la justice et aux services sociaux de base, la reconnaissance des usages, coutumes et pharmacopée des pygmées qui ne sont pas contraires à la loi, ainsi que la pleine jouissance des terres et des ressources continues dans leurs milieux de vie.
Cette loi s’inscrit dans un cadre législatif et institutionnel en construction pour matérialiser la protection des droits des peuples autochtones, a-t-on fait savoir.
Laurent BUADI
