Les facilitateurs de l’UA se déclarent satisfaits de leur mission à Kinshasa !
Les facilitateurs de l’Union africaine affichent une satisfaction de façade après leur passage à Kinshasa, mais derrière cette autosatisfaction se cache une diplomatie encore fragile où les engagements de paix restent largement théoriques et le président Félix Tshisekedi leur a exigé des actes concrets et vérifiables.
Par cette autosatisfaction, les anciens chefs d’État (Uhuru Kenyatta, Mokgweetsi Masisi, Sahle-Work Zewde, Catherine Samba-Panza) veulent montrer que leur mission avance, bien qu’aucun accord décisif n’a été annoncé à Kinshasa. Pour la valorisation des “actes de bonne foi”, la Présidence congolaise a mis en avant les gestes du gouvernement qui se définissent par les engagements diplomatiques et l’ouverture au dialogue, ce que les facilitateurs reprennent pour légitimer leur rôle.
Félix Antoine Tshisekedi a rappelé que les promesses doivent se traduire en mesures tangibles sur le terrain (cessez-le-feu respecté, protection des civils, accès humanitaire). Ses exigences ont tout leur sens parce que les combats persistent dans l’Est, notamment avec l’AFC/M23, ce qui relativise fortement l’optimisme affiché. Quant à eux, les facilitateurs cherchent à préserver leur crédibilité en affichant des résultats, même minimes, pour maintenir la dynamique diplomatique.
Le contraste avec la réalité est saisissant dès lors que sur le terrain, les violences continuent et les populations n’ont pas encore vu d’améliorations concrètes. Dans l’entre-temps, l’UA veut que la RDC reste engagée dans les processus de Washington et de Doha, mais pourtant, Tshisekedi renvoie la balle vers les rebelles et leurs soutiens régionaux.
Le moins que l’on puisse dire, ce que les facilitateurs repartent contents de Kinshasa, ils ont vu des sourires sur les lèvres de leurs interlocuteurs, entendu des promesses et signé des communiqués… Pendant ce temps, à l’Est, les balles continuent de siffler. Bref, là où la diplomatie se dit satisfaite, les civils -eux-, sont sacrifiés ?
De Tshisekedi l’on retient une ferme exigence des actes concrets et vérifiables, pas seulement des promesses dans la mesure où, les processus de paix restent fragiles à travers Doha et Washington qui restent des cadres, mais leur mise en œuvre est lente.
Le Journal
