La journée de la presse célébrée en RDC sous le thème : “ Façonner un avenir de paix ”

La République Démocratique du Congo a anticipé la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, initialement prévue le 3 mai, en l’organisant le jeudi 30 avril 2026 au Cercle de Kinshasa, sous le thème « Façonner un avenir de paix ». Tout un programme. La rencontre a réuni les autorités publiques, les partenaires internationaux et les organisations professionnelles des médias autour d’un forum consacré au rôle citoyen des journalistes dans la cohésion nationale.
Les messages-clés ont été portés par Nicolas Lianza Likwale, directeur de cabinet du ministre Patrick Muyaya, qui a salué l’initiative des organisations professionnelles en déclarant que dans un contexte difficile, cet engagement des journalistes pour la paix est essentiel. La souveraineté ne se limite pas au territoire, elle inclut aussi la maîtrise de l’espace informationnel.»
Kamanda wa Kamanda Muzembe, président de l’Union nationale de la presse du Congo -UNPC-, a quant à lui, insisté sur la responsabilité sociale du journaliste : « Informer sans désinformer, éclairer sans fragiliser le tissu social : le journaliste est un acteur de construction sociale.», a-t-il dit en présentant trois axes de travail :
- Acte d’engagement pour un journalisme responsable en période de crise.
- Plan de relance de la presse congolaise.
- Mécanisme national de protection des journalistes.

L’UNESCO a replacé la célébration dans son contexte mondial : recul de 10% de la liberté d’expression depuis 2012, montée des menaces (désinformation, violences, fragilité économique des médias). Le directeur-pays de l’UNESCO a rappelé que la RDC, riche de sa diversité culturelle et linguistique, doit s’appuyer sur ses médias pour renforcer le dialogue et prévenir les tensions. Dans le contexte congolais, il a insisté sur le rôle stratégique des médias : « Les médias doivent renforcer le dialogue, prévenir les tensions et consolider la cohésion nationale dans un pays marqué par une grande diversité culturelle et linguistique ». Sur les questions relatives à la liberté de la presse et à l’éthique professionnelle, il a souligné que cette Journée se veut aussi un moment de soutien aux médias qui, souvent, sont la cible de restrictions, voire de tentatives d’abolition de la liberté de la presse.
Pour lui, la liberté de la presse et l’indépendance du journalisme ne sont pas de simples enjeux sectoriels. Elles constituent des piliers essentiels de la paix, de la démocratie et du développement durable.
Tshivis Tshivuadi de Journaliste en danger-JED-, au nom des organisations de défense de la liberté de la presse, a rappelé que l’engagement des médias pour la paix exige des garanties : « Une presse libre, indépendante et pluraliste est essentielle pour la démocratie et le développement.», a-t-il rappelé en notant que les progrès de la RDC, passée de la 154ᵉ à la 130ᵉ place le pays dans le classement de Reporters sans frontières, tout en soulignant que ces avancées doivent être consolidées par des actes concrets.
Il y a lieu de souligner que cette célébration a mis en lumière la nécessité de protéger les journalistes, particulièrement dans l’Est du pays ; l’importance de réformes structurelles (modernisation des médias publics, relance de la carte de presse) et le rôle stratégique des médias dans la consolidation de la paix et de la démocratie.
Le Journal
