Le gouvernement congolais et l’AFC/M23 précisent l’accord-cadre pour la paix signé à Doha: Est de la RDC : La CIRGL et la MONUSCO entrent dans la danse

Le gouvernement congolais et le groupe armé AFC/M23 ont signé lundi 2 février un nouveau document lors des discussions qui se tiennent depuis plusieurs mois à Doha sous l’égide du Qatar. Il s’agit des termes de référence concernant le mécanisme d’observation du cessez-le-feu. Après cette cérémonie, une certaine opinion parle d’une nouvelle avancée pour les processus de paix dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Deux mécanismes prévus
En réalité, on attend à un nouveau mode d’application des mécanismes qui vont être chargés de surveiller la situation relative au conflit dans l’est de la RDC.
Ce document prévoit deux mécanismes qui sont l’aboutissement de l’un des protocoles signés avec l’accord-cadre de Doha au mois de novembre.
Le premier, c’est le mécanisme de supervision et de vérification du cessez-le-feu, le COVM, qui est l’organe politique et décisionnel du cessez-le-feu. Il supervise, reçoit les rapports, oriente le mécanisme et décide par consensus.
Le second, c’est le mécanisme conjoint vérification, l’EJVM+, qui est le bras opérationnel du cessez-le-feu : il vérifie sur le terrain, enquête sur les violations, surveille la situation sécuritaire et humanitaire et transmet ses rapports au COVM.
Acté lors d’un sommet en Zambie de l’organisation sous-régionale en janvier, tout ça se fait sous la responsabilité de la Conférence internationale sur les Grands Lacs (CIRGL).
Concrètement, le document précise la composition de ces différentes structures : qui doit y participer, sous quel statut (membres décideurs, observateurs…).
Un rôle aussi très politique
On note que l’objectif est sa mise en place d’ici 30 jours, alors que de nombreuses décisions doivent être prises. Pourtant, il y a encore des inconnus après cette signature. Le document évoque des décisions qui doivent encore être prises : notamment la composition du secrétariat du COVM qui est l’organisme qui peut prendre des orientations. Une simple lecture montre que c’est très politique comme rôle.
À part ça, il y a également un questionnement autour du rôle de la Monusco. Les autorités qatariennes ont déclaré hier que la force allait se déployer prochainement à Uvira. Mais il n’y a rien dans le document qui en fait mention.
La MONUSCO prête à appuyer le mécanisme
Dans un communiqué publié ce mercredi 4 février, la MONUSCO a salué les avancées obtenues sous la médiation du Qatar entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23. Elle se dit prête à passer à l’action pour soutenir concrètement la fin des hostilités.
L’accord de Doha porte sur les «Termes de référence» détaillés visant à opérationnaliser le mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu. Pour la Mission onusienne, ce document est la pièce maîtresse permettant de transformer une promesse diplomatique en une réalité sécuritaire tangible sur le terrain.
La MONUSCO réaffirme son mandat pour fournir un appui technique et logistique essentiel, en s’appuyant sur la résolution 2808 du Conseil de sécurité.
Elle précise que ce soutien sera principalement orienté vers le Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVE+), placé sous l’égide de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).
Selon Vivian van de Perre, Cheffe par intérim de la MONUSCO, la Mission a déjà renforcé sa préparation interne pour cette nouvelle phase :
«La Mission est prête à intervenir de manière progressive et adaptable, tout en respectant strictement la souveraineté de la République démocratique du Congo», a-t-elle souligné.
Réunions sans rapport, jamais prise de parole et de décision
On doit être sincère, ce n’est pas la première fois qu’un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu est acté depuis le début de ce conflit en 2022. Jusqu’ici, il y a eu des réunions, mais jamais de rapport, jamais de prise de parole ou de prise de décision pour revenir sur les différentes violations.
