RDC : La NSCC exige un audit de la SNEL sur les 662 millions USD du projet hydroélectrique de Kibombo

 RDC : La NSCC exige un audit de la SNEL sur les 662 millions USD du projet hydroélectrique de Kibombo

La Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), dirigée par Jonas Tshiombela, exige un audit général de la Société Nationale d’Électricité (SNEL). L’organisation dénonce l’opacité et un «montage financier flou» autour du projet de construction de la centrale hydroélectrique de Kibombo, située sur le cours supérieur de la rivière Inkisi dans la province du Kongo-Central, estimé à plus de 662 millions USD. Ce projet dont le coût est évalué à 662 010 000 USD, environ 580 millions pour le génie civil et les équipements électromécaniques, et 65 millions pour le transport, avec une capacité prevue de 246 mégawatts censés soulager le déficit énergétique à Kinshasa, est aujourd’hui l’objet de polémique.

Tensions internes à l’origine
Le dossier provoque des frictions entre la Direction générale et le Conseil d’administration de la SNEL en raison de soupçons de conflits d’intérêts et du non-respect des procédures d’approbation. Ces soupçons de conflits internes suscitent actuellement de vives tensions à la SNEL concernant la gouvernance, les coûts. Des interrogations pèsent sur des liens potentiels entre certains acteurs ou agents et des entreprises partenaires comme Twiga Power, malgré l’aval donné précédemment par l’Assemblée générale et le portefeuille.

Qui sont les principaux acteurs et partenaires ?
Selon la source du dossier, la Société nationale d’électricité (SNEL SA) apporte une contribution financière prévue de 110 millions USD, tandis que les partenaires privés, notamment Twiga Power SARL, Toha Energy, AMM et EnPower financent l’enveloppe restante. Dans son communiqué de vendredi dernier, la NSCC s’interroge sur la répartition réelle des investissements, les garanties financières apportées par le partenaire privé, ainsi que sur la rentabilité prévisionnelle d’un tel engagement pour l’État congolais.

Le document se demande si ces procédures d’autorisation étaient-ils court-circuitées ?
L’un des points les plus critiques soulevés par la NSCC concerne le respect des procédures légales. Le communiqué révèle que l’Assemblée Générale de la SNEL aurait exigé la création
d’une commission technique pour évaluer la faisabilité et la rentabilité du projet. Or, cette commission n’aurait jamais vu le jour.

La Direction générale pointée du doigt
L’organisation de la société s’interroge : « Qui a autorisé la signature de ce contrat ? Sur quelle base technique et financière ? «. Plus grave encore, la NSCC pointe du doigt les pouvoirs du Directeur Général de la SNEL. Alors que sa capacité d’engagement autonome serait limitée à 3 millions USD, la signature d’un contrat de plusieurs centaines de millions pose un sérieux problème de base juridique.

Les 8 exigences de la NSCC
La publication intégrale des contrats, une évaluation indépendante de la rentabilité, et un audit complet de la gouvernance financière de l’entreprise.

Face à ce qu’elle qualifie d’opacité, la Coordination Nationale de la NSCC, dirigée par Jonas Tshiombela, formule huit exigences claires pour garantir la protection du patrimoine national :
1.Audit général et indépendant de la SNEL
(gouvernance, contrats, dettes).
2.Publication intégrale
du contrat Kibombo et de ses annexes. 3.Clarification des procédures de validation (procèsverbaux du Conseil d’Administration). 4.Communication des études de faisabilité et des projections de recettes. 5.Vérification de la procédure de sélection du partenaire privé.
6.Intervention des organes de contrôle (IGF, Cour des comptes) pour évaluer la faisabilité et la rentabilité du projet. Or, cette commission n’aurait jamais vu le jour.
7.Saisine de la justice en cas d’indices de corruption ou de détournement.
8.Mise en œuvre des recommandations issues des vérifications.

Une entreprise de la collectivité nationale
Utilisant un ton ferme, la NSCC souligne que «La SNEL n’est pas la
propriété privée de ses dirigeants», rappelant que la SNEL est une entreprise publique appartenant à la collectivité nationale. Elle interpelle directement la Primature ainsi que les ministères du Portefeuille, des Finances, du Budget et de l’Énergie.
La NSCC martèle dans son communiqué : «L’argent public exige
des comptes. Un investissement de 662 millions USD impose une transparence totale «.

La Nouvelle Société Civile Congolaise que coordonne Tshiombela prévient dans sa conclusion qu’elle se réserve le droit de saisir les institutions compétentes si la
lumière n’est pas faite rapidement, invoquant ainsi le slogan : «Peuple, plus rien ne passera
sans le peuple ! «.

Échanges de correspondances
La présence de Natacha Kisolokele Nyongo, collaboratrice du directeur général de la SNEL et présentée comme présidente du conseil d’administration de Twiga Power dans les documents du Registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM), alimente les interrogations sur d’éventuels conflits d’intérêts.

Sollicitant des éclaircissements sur l’actionnariat de cette société, le Président du conseil d’administration de la Snel SA, Luc Badibanga, avait adressé des correspondances datées des 13 mai et 6 juillet 2026 à la Direction générale de cette entreprise publique.

La Direction générale de la SNEL a, dans sa réponse du 12 octobre, estimé qu’un conflit d’intérêts ne pouvait être établi sans preuve d’un intérêt personnel direct, sans toutefois préciser les vérifications effectuées sur l’implication de sa collaboratrice.

Au-delà de Kibombo Bis, le Réseau Mwangaza dénonce un déficit de transparence dans les importations et le négoce d’électricité, notamment à destination des industries minières du Haut-Katanga et du Lualaba. Plusieurs entreprises privées, dont EnPower, Copperbelt Energy Corporation (CEC DRC), AMM et STIMA Energy, interviennent dans ce secteur, mais les conditions financières et contractuelles de leurs opérations restent largement méconnues du public.

Le 6 octobre 2026, EnPower a notamment annoncé, avec le FIS-RDC, Gridworks et Trafigura, un projet d’interconnexion électrique entre la Zambie et Kolwezi, évalué à 300 millions USD. La participation financière du FIS-RDC n’a toutefois pas été rendue publique, précise DeskEco.

Gel Boumbe

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