Lutte contre la maladie à virus Ebola: RDC : Où sont passés les milliards d’euros promis

 Lutte contre la maladie à virus Ebola: RDC : Où sont passés les milliards d’euros promis

Déclarée officiellement à la mi-mai, la lutte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola, en République démocratique du Congo, attire les promesses de dons. Lors de la Conférence nationale humanitaire qui s’est tenue à Paris, Jean-Noël Barrot, le ministre des affaires étrangères français, a annoncé, le 6 octobre, que la France va renforcer son aide à la République démocratique du Congo (RDC) avec sept millions d’euros supplémentaires pour lutter contre l’épidémie de maladie à virus Ebola.

Cela porte à 23 millions d’euros l’enveloppe apportée par Paris pour combattre l’épidémie, qui a fait plus de 4 000 morts depuis mi-mai, qualifiée par le chef de la diplomatie française d’enjeu de santé mondial.

Lors de la visite d’un centre de traitement de la maladie à virus Ebola, à Bunia, le 3 octobre 2026,
Barrot évoque à cet effet le manque de transparence, compliquant l’action des soignants et pourtant, encore peu d’argent est arrivé sur le terrain.

267 millions de dollars de l’administration Trump
Par rapport aux États-Unis, l’aide française est néanmoins une goutte d’eau comparée aux montants colossaux promis par les Etats-Unis qui ont annoncé, le 23 septembre, l’octroi de 267 millions de dollars (238 millions d’euros) supplémentaires portant à 887 millions de dollars l’enveloppe totale allouée par l’administration Trump à la lutte contre le virus Ebola.
Depuis la déclaration officielle de la maladie, les bailleurs de fonds, notamment États, institutions supranationales et organismes privés, ont promis près de 3 milliards de dollars à la RDC pour l’aider à venir à bout de l’épidémie la plus meurtrière de son histoire.

Les milliards bloqués par la bureaucratie internationale et la corruption locale
Les milliards d’euros promis pour lutter contre la 17ᵉ épidémie de virus Ebola en RDC ne sont tout simplement pas encore arrivés sur le terrain ou sont bloqués par la bureaucratie internationale et la corruption locale. Alors que les ministres des Affaires étrangères du G20+ ont annoncé fin septembre un soutien massif de 2,9 milliards de dollars à New York, la réalité opérationnelle affiche un décalage criant.

La disparition ou l’absence de ces fonds s’explique par trois facteurs majeurs : Des promesses de dons non décaissées, le spectre de la corruption systémique, la paralysie des équipes sur le terrain.

Des promesses de dons non décaissées
Selon la source de l’Union européenne, la grande majorité des sommes annoncées représentent des engagements théoriques et non de l’argent disponible immédiatement. À ce jour, à peine 12 % de ces promesses de dons ont été réellement versées par les bailleurs de fonds. Les mécanismes financiers internationaux sont extrêmement lents et s’avèrent inadaptés à l’urgence sanitaire d’une épidémie qui progresse de manière exponentielle.

Le spectre de la corruption systémique

La même siurce souligne que le peu d’argent qui parvient à franchir les vannes internationales se heurte à une gestion opaque. Une enquête publiée début octobre par le Cadre de concertation sur les ressources naturelles (CdC/RN), membre de la coalition. Le Congo n’est pas à vendre (CNPAV), dénonce une «corruption systémique» majeure au sein de la riposte humanitaire. Ces détournements privent directement les centres de traitement des ressources de base.

La paralysie des équipes sur le terrain
La source précise, pendant que les annonces se chiffrent en milliards, les conséquences de ce manque de liquidités concrètes sont désastreuses :
Grèves du personnel soignant : Dans plusieurs localités, comme à l’hôpital de Rwampara près de Bunia, les prestataires de santé engagés en première ligne ne reçoivent pas leur paie et suspendent le travail.
Ajouter à cela, la rupture de confiance dont les populations locales voient défiler des chiffres astronomiques dans les médias sans constater d’amélioration sanitaire, brisant la confiance envers les autorités.

La source souleve également la mortalité communautaire élevée, soutenant que faute de moyens de sensibilisation et de structures adéquates, plus de 70 % des décès surviennent encore directement au sein des communautés, empêchant de briser la chaîne de transmission.
Bien que des organisations comme l’Africa CDC tentent d’imposer un mécanisme de suivi renforcé pour garantir la traçabilité des fonds, le fossé reste immense entre la diplomatie financière et l’urgence vitale des malades en RDC.

Gel Boumbe

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