L’exercice de recevabilité du Gouvernement Suminwa 2 se porte bien (3)

 L’exercice de recevabilité du Gouvernement Suminwa 2 se porte bien (3)

À l’occasion de l’exercice de redevabilité marquant l’an 1 du Gouvernement Suminwa II, le Vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a présenté le bilan des principales réformes engagées par son ministère pour renforcer la résilience de l’économie congolaise, améliorer la surveillance des marchés, protéger le pouvoir d’achat des ménages et relancer les bassins de production Julien Paluku Kahongia a également étalé les réactions de son ministère sous des meilleurs hospices.

 

Daniel Mukoko Samba déplore la dépendance du pays à l’importation de certains produits de base !

Face à la presse, Vice-Premier Ministre, ministre de l’Economie Nationale a rappelé que si la République démocratique du Congo demeure dépendante de certaines importations, notamment dans les grandes agglomérations urbaines pour des produits tels que le maïs, le riz, le poisson, la viande ou encore les produits laitiers, cette dépendance n’est pas totale.

« L’économie congolaise est aujourd’hui mieux connue, mieux surveillée et plus résiliente. Notre responsabilité est de réduire progressivement cette dépendance en reconstruisant les capacités productives nationales », a-t-il déclaré en rappelant que parmi les avancées majeures de cette première année, se dégage le déploiement de TALO, un outil numérique de suivi hebdomadaire des prix des produits de première nécessité, un dispositif lancé en mars 2025 à Kinshasa, qui couvre désormais 17 villes du pays, notamment Beni, Isiro, Kolwezi, Likasi, Matadi et Kisangani.
Ce dispositif, à en croire le VPM Mukoko, permet de suivre chaque semaine l’évolution des prix de 61 produits essentiels, afin d’identifier rapidement les hausses anormales et d’y apporter une réponse gouvernementale. Et cet outil a déjà démontré son efficacité à plusieurs reprises.
À Lubumbashi, l’intervention du Gouvernement a permis de ramener le prix du sac de 25 kg de riz, qui avait grimpé jusqu’à 45.000 FC, à une fourchette comprise entre 31.000 et 33.000 FC. À Kisangani, le prix du sac de 150 kg de riz est passé de 720.000 FC à 520.000 FC après les mesures de régulation prises par le ministère.
« Nous disposons désormais des informations en temps réel et nous savons intervenir lorsque des chocs de prix apparaissent sur un marché donné », a expliqué Daniel Mukoko Samba.
Le ministère prévoit d’étendre prochainement ce système à 33 villes du pays, afin de couvrir l’ensemble des principaux centres urbains, à l’exception des villes actuellement affectées par la guerre.
Le défi de la protection du pouvoir d’achat face à la crise pétrolière mondiale
Mukoko Samba est également revenu sur la gestion du marché des carburants durant la flambée des prix provoquée par la crise internationale liée au conflit au Moyen-Orient en soulignant que le Gouvernement est parvenu à maintenir les prix pratiquement inchangés pendant plusieurs semaines, avant une légère révision de 200 FC par litre, faisant passer le prix de l’essence à Kinshasa de 2.440 FC à 2.640 FC, malgré une hausse importante des cours mondiaux.
“Sans cette intervention, le litre d’essence aurait atteint l’équivalent de 3 dollars, contre environ 1,15 dollar aujourd’hui”, a-t-il révélé en insistant sur un autre résultat majeur : l’absence de rupture d’approvisionnement sur le territoire national.
« Les Congolais ont continué à trouver du carburant dans les stations-service. Le Gouvernement a anticipé la crise et a assuré un approvisionnement régulier du marché », a-t-il affirmé.
Il a rappelé que la consommation mensuelle de carburant dans la zone Ouest est passée d’environ 50.000 m³ au début du Gouvernement Suminwa I à plus de 106.000 m³, traduisant une forte dynamique de l’activité économique.

Pour un Code de commerce unifié…
Au-delà de la surveillance des prix, le ministère de l’Économie nationale poursuit une réforme structurelle du commerce intérieur. Il a annoncé un vaste programme de formalisation de plus de 200.000 opérateurs économiques, évoluant dans le secteur informel. L’objectif est de les intégrer dans les circuits administratifs, de leur fournir les documents nécessaires à leurs activités et de leur ouvrir l’accès aux services publics ainsi qu’aux mécanismes de financement.
Cette démarche s’inscrit dans la préparation d’un Code de commerce unifié, élaboré conjointement avec le ministère du Commerce extérieur, afin de remplacer les textes dispersés actuellement en vigueur, notamment la loi de 1973 devenue difficilement applicable, c’est une réforme qui doit permettre de mieux organiser la production, la distribution et la consommation sur l’ensemble du territoire national.
Daniel Mukoko Samba a présenté le redressement productif comme le pilier de la stratégie économique du Gouvernement Suminwa II, expliquant que son ministère identifie les anciens bassins de production agricole et travaille avec des opérateurs privés appelés agrégateurs pour restructurer les filières et accompagner les producteurs.
Parmi les projets déjà engagés figurent notamment :
– l’opération rizicole de Bumba, destinée à encadrer près de 30.000 planteurs autour de la Société Rizicole de Bumba ;
– le projet de production de maïs à Boamanda, dans le Sud-Ubangi, avec la CDI Boamanda ;
– la relance de la station agricole de Ngandajika, au Kasaï Oriental ;
– d’autres interventions prévues dans plusieurs bassins de production à travers le pays.
Le Fonds de régulation économique (FOREC) constitue, pour lui, l’instrument financier chargé d’accompagner ces initiatives afin de renforcer la production locale et améliorer la compétitivité des produits congolais sur les marchés nationaux.

Le prix des produits essentiels stabilisé
Le ministre de l’Économie nationale a souligné que les interventions gouvernementales ont permis de stabiliser durablement plusieurs produits stratégiques, notamment le maïs dans l’espace Grand Katanga.
Alors que le sac de 25 kg atteignait régulièrement 40 à 45 dollars durant les périodes de soudure, son prix est maintenu depuis deux ans autour de 14 dollars, grâce aux mécanismes de régulation mis en place.
Mukoko Samba a fait allusion aux interventions menées à Bandundu, Likasi, Kisangani, Lubumbashi et d’autres villes, où le Gouvernement est intervenu pour corriger des flambées ponctuelles sur les marchés, avant de conclure en assurant que son ministère poursuivra les réformes visant à mieux surveiller les marchés, garantir un approvisionnement régulier en produits essentiels, protéger le pouvoir d’achat des ménages et reconstruire progressivement les capacités productives nationales, afin de consolider une économie congolaise plus résiliente et davantage tournée vers la production locale.

 

Julien Paluku privilégie les réformes, la protection de l’industrie locale et l’ouverture de nouveaux marchés

Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a présenté à la presse le bilan des réformes engagées sous son leadership, pour renforcer la compétitivité de l’économie congolaise, protéger la production nationale, élargir les débouchés des produits congolais sur les marchés internationaux et assainir le commerce intérieur en précisant que les actions menées au cours de cette première année s’inscrivent dans la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, visant à bâtir une économie plus productive, créatrice d’emplois et davantage intégrée aux marchés régionaux et mondiaux.
Julien Paluku a rappelé que la protection de l’industrie locale constitue l’une des priorités de son ministère. À ce jour, près de 17 produits fabriqués en République démocratique du Congo bénéficient de mesures de sauvegarde conformes aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), destinées à limiter les importations lorsque la capacité de production nationale est suffisante.
Ces mesures concernent notamment le ciment, les carreaux et faïences, les câbles électriques ainsi que le charbon utilisé dans le secteur minier. Selon le ministre, elles permettent de préserver les emplois, de soutenir les entreprises locales et de limiter la sortie des devises consacrées aux importations.
Il a insisté sur le caractère collectif de ces décisions, qui mobilisent l’ensemble du Gouvernement, notamment les services des douanes, l’Office Congolais de Contrôle (OCC), les forces de sécurité et les administrations concernées.
Dans la même dynamique, une mission conjointe avec le ministère de l’Économie nationale a été menée dans plusieurs provinces afin d’évaluer les mécanismes de protection des minoteries locales et de renforcer la production nationale de farine de maïs.

Avancée majeure avec la ratification de l’Accord sur la facilitation des échanges
Le ministre a présenté comme l’une des principales réalisations de l’année 2025 la ratification de l’Accord sur la facilitation des échanges de l’OMC. Après son adoption par le Gouvernement, son vote au Parlement et sa promulgation par le Chef de l’État, les instruments de ratification ont été officiellement déposés à Genève.

Cette réforme vise à moderniser les procédures commerciales, améliorer la fluidité des échanges et renforcer l’attractivité économique de la RDC tout en garantissant la protection des intérêts de l’industrie nationale.

Le petit commerce désormais aux Congolais…
S’agissant du commerce intérieur, Julien Paluku a rappelé l’entrée en vigueur du décret signé fin mars 2026 par la Première ministre, clarifiant les activités réservées exclusivement aux Congolais.
Le texte définit désormais le petit commerce et le réserve aux opérateurs nationaux, tandis que certaines activités nécessitant d’importants investissements notamment les supermarchés, les hypermarchés, l’hôtellerie ou encore la vente de véhicules neufs demeurent ouvertes aux investisseurs étrangers.
Le ministre a annoncé que le 30 septembre constitue l’échéance fixée pour la mise en application stricte de cette réforme. Des opérations d’identification ont déjà été réalisées dans les 24 communes de Kinshasa, avec l’appui de la Police nationale congolaise.
Selon lui, le ministère dispose désormais d’une base de données complète des opérateurs concernés, comprenant leurs adresses, leurs documents administratifs et leurs localisations, afin de garantir l’application effective des mesures réglementaires.

Une diplomatie commerciale tournée vers la conquête des marchés internationaux
Julien Paluku a également dressé le bilan de la stratégie de diplomatie commerciale menée sous l’impulsion du Président de la République et de la Première ministre.
Il a notamment cité la réadmission de la RDC à l’AGOA, le régime commercial américain permettant aux produits congolais d’accéder au marché des États-Unis sans droits de douane. Selon lui, les exportations congolaises vers les États-Unis sont passées de 280 millions de dollars en 2020 à 1,2 milliard de dollars en 2026.
Le ministre a aussi évoqué la signature d’un Accord de partenariat économique global avec les Émirats arabes unis, ouvrant l’accès de près de 6 000 produits congolais au marché émirati.
À cela s’ajoute un accord commercial conclu avec le Royaume-Uni après le Brexit, offrant aux produits congolais un accès préférentiel aux territoires britanniques sans droits de douane.

Le RECOS pour faciliter le commerce transfrontalier
Le Gouvernement a également mis en œuvre le Régime commercial simplifié (RECOS) afin de soutenir les petits commerçants transfrontaliers.
Grâce à un arrêté interministériel signé avec le ministère des Finances, les commerçants dont les marchandises n’excèdent pas 500 dollars bénéficient d’une exonération des droits de douane dans les échanges avec les pays voisins.
Le dispositif est déjà opérationnel avec le Burundi et l’Ouganda, tandis que son extension vers la Zambie est en cours.
Julien Paluku a par ailleurs annoncé la suppression progressive des pratiques frauduleuses observées au poste frontalier de Kasumbalesa, notamment les phénomènes connus sous les appellations « Bilanga » et « Bambaro », qui entraînaient des pertes importantes de recettes publiques et mettaient en danger les usagers.

ZLECAf : la RDC accélère son intégration économique africaine
En sa qualité de coordonnateur gouvernemental de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Julien Paluku a expliqué que la RDC poursuit la mise en œuvre progressive des concessions tarifaires prévues sur une période de dix ans.
Chaque année, une réduction de 10 % des droits de douane est intégrée dans la loi de finances, jusqu’à atteindre une suppression totale des barrières tarifaires à l’horizon 2035.
Le ministre a également annoncé que la RDC négocie pour accueillir un système africain de paiement permettant aux opérateurs économiques de commercer en monnaies nationales, sans recourir systématiquement au dollar américain.

Informer les producteurs sur les opportunités mondiales
Pour permettre aux opérateurs économiques de tirer profit des nouveaux marchés, le ministère organise des matinées pédagogiques avec la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et publie régulièrement les mercuriales des prix internationaux.
Julien Paluku a cité plusieurs filières agricoles à fort potentiel, notamment le cacao, le soja et le piment, pour lesquelles la demande internationale est particulièrement élevée.
Il a encouragé les producteurs congolais à investir davantage dans les cultures d’exportation capables de générer une forte valeur ajoutée, plutôt que de se limiter aux activités d’importation.

La modernisation de l’OCC et la traçabilité numérique des produits à l’ordre du jour
Le ministre Paluku a présenté les innovations engagées au sein de l’Office Congolais de Contrôle (OCC) pour renforcer la protection des consommateurs. Au cours de cette première année, de nouveaux laboratoires de contrôle ont été construits et inaugurés à Kalemie, Lubumbashi, Matadi et Kinshasa afin d’améliorer les capacités nationales d’analyse des produits. Dans les prochaines semaines, l’OCC lancera également un système national de QR Code permettant à chaque consommateur de vérifier, à partir de son téléphone portable, si un produit a été contrôlé et certifié.
Cette innovation concernera notamment les médicaments et permettra d’identifier immédiatement les produits non conformes ou impropres à la consommation, tout en facilitant leur signalement aux services compétents.

Un commerce extérieur au service de la transformation économique
Au terme de cet exercice de redevabilité, Julien Paluku a réaffirmé l’engagement du Gouvernement Suminwa II à faire du commerce extérieur un levier de transformation économique, de création d’emplois et de valorisation de la production nationale.
Il a souligné que les réformes engagées visent simultanément à protéger les intérêts des producteurs congolais, à améliorer la compétitivité des entreprises locales, à sécuriser les consommateurs et à positionner durablement la République démocratique du Congo sur les grands marchés régionaux et internationaux.

Le Journal

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