Le Collectif pour la paix et la réconciliation soutient les consultations populaires annoncées par Tshisekedi

Le Président de la République démocratique du Congo a pris ‘’une décision providentielle’’ en annonçant l’organisation des consultations populaires devant conduire au dialogue national, estime le prof. Boniface Kabisa, président du Collectif pour la paix et la réconciliation (Copar) qui dans un entretien avec l’ACP, a déclaré que le Président de la République a pris une décision providentielle, lors de sa dernière adresse à la Nation, en ayant annoncé un processus de consultations devant notamment précéder la tenue d’un dialogue national consacré à la paix, à la cohésion nationale et à la refondation de l’État.
“Tout homme qui refuse qu’on retourne le pouvoir au peuple n’est pas avec le peuple. J’ai toujours demandé à Dieu qu’un jour les Congolais se réunissent entre eux pour examiner d’où nous venons, où nous sommes arrivés et où nous allons. On n’a jamais fait cet exercice depuis l’accession de notre pays à l’indépendance”, a-t-il fait savoir. Lui qui est l’initiateur, depuis 2017, d’un projet de changement de la Constitution.
Le professeur Boniface Kabisa a également plaidé pour des réformes profondes touchant notamment l’éducation, la justice, l’organisation de la société et la valorisation des pratiques culturelles congolaises, selon la source.
« Nous n’avons jamais examiné notre organisation en profondeur. Même lorsqu’on nous dit que nous avons 450 groupes ethniques, nous ne l’avons jamais vérifié nous-mêmes. Il en est de même du calendrier scolaire, des programmes d’enseignement et de l’organisation de la justice dans notre pays », a soutenu le professeur en soulignant que les consultations annoncées constituent une occasion pour les Congolais de réfléchir collectivement aux fondements et au fonctionnement de leur pays.
« C’est une occasion en or que le Président de la République vient de donner au peuple congolais », a-t-il ajouté.
Le président du Copar a, par ailleurs, estimé que les précédents dialogues politiques en République démocratique du Congo se sont souvent limités à des arrangements entre acteurs politiques, au détriment des préoccupations de la population.
« À la base, chaque fois qu’on fait des dialogues, ce sont des partages de pouvoirs politiques entre les politiciens. (…) Mais on va aller où ? C’est tout cela que nous allons réfléchir », a-t-il déclaré en appelant à ce que les consultations abordent également des questions liées au rôle des paysans, à la gestion et à la protection des terres, à l’écologie ainsi qu’à l’organisation générale de la société congolaise.
Sur la question des groupes armés, le professeur Boniface Kabisa a estimé que les Congolais ayant rejoint des forces étrangères engagées dans des actions armées contre la République démocratique du Congo ne devraient pas, selon lui, revendiquer une place particulière dans le processus de réflexion nationale.
« C’est terminé l’histoire de tuer des Congolais pour venir prendre le pouvoir », a-t-il affirmé.
Le Journal
