DIALOGUE NATIONAL EN RDC : LE MESSAGE DU PRÉSIDENT FÉLIX TSHISEKEDI POUR ROMPRE AVEC LE CYCLE DES RÉBELLIONS

 DIALOGUE NATIONAL EN RDC : LE MESSAGE DU PRÉSIDENT FÉLIX TSHISEKEDI POUR ROMPRE AVEC LE CYCLE DES RÉBELLIONS

Le message livré par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en faveur d’un dialogue national intervient à un moment décisif de l’histoire du pays. Dans un contexte marqué par l’insécurité persistante, les tensions politiques et les défis économiques et sociaux, cet appel ne saurait être considéré comme une simple initiative politique supplémentaire.

 

Il traduit une volonté plus profonde : créer les conditions d’une sortie durable du cycle des crises, des rebellions et des violences qui fragilisent depuis des décennies la République démocratique du Congo, menacent sa souveraineté et favorisent le pillage de ses ressources naturelles.

 

*Sortir définitivement du cycle des rébellions*

 

Depuis plusieurs décennies, la RDC est confrontée à une succession de conflits armés et de mouvements rebelles qui ont profondément affecté son unité, sa stabilité et son développement. Dans plusieurs régions, notamment dans l’Est du pays, l’insécurité continue de peser lourdement sur les populations civiles et sur l’autorité de l’État.

 

Au-delà du drame humain, ces conflits ont également un coût stratégique considérable. Ils fragilisent la souveraineté nationale, entretiennent l’instabilité et créent un environnement propice à l’exploitation illégale des richesses du sous-sol congolais.

 

Le cuivre, le cobalt, l’or, le coltan et d’autres ressources naturelles qui devraient contribuer au développement économique et social de la RDC se retrouvent ainsi, directement ou indirectement, au cœur de dynamiques de prédation qui profitent trop souvent à des réseaux armés, économiques ou criminels.

 

Dans cette perspective, la volonté affichée par le Président Tshisekedi de favoriser le dialogue peut être comprise comme la recherche d’une solution politique permettant de s’attaquer aux causes profondes des crises plutôt que d’en gérer indéfiniment les conséquences.

 

Il ne s’agit plus seulement de mettre fin à une rébellion particulière. L’enjeu est de mettre définitivement fin au système de crises récurrentes qui permet aux violences de renaître sous de nouvelles formes.

 

Le dialogue comme instrument de souveraineté

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Le dialogue national ne devrait donc pas être appréhendé uniquement sous l’angle des rapports entre majorité et opposition.

 

Son véritable enjeu est plus large : il s’agit de renforcer la cohésion nationale et de créer les conditions politiques permettant à l’État congolais de restaurer pleinement son autorité sur l’ensemble du territoire national.

 

Un pays durablement divisé politiquement et socialement demeure vulnérable aux influences extérieures, aux manipulations et aux entreprises de déstabilisation.

 

À l’inverse, une nation capable de parler d’une seule voix sur les questions essentielles de sa souveraineté, de son intégrité territoriale et de la gestion de ses ressources naturelles dispose de meilleurs moyens de défendre ses intérêts.

 

C’est dans cette perspective que le dialogue prend tout son sens : non pas comme une renonciation aux principes de l’État, mais comme un moyen de consolider la nation autour de ce qui doit faire consensus.

 

*Dépasser les clivages sans effacer les divergences*

 

Le Président de la République semble ainsi vouloir encourager un dépassement des antagonismes politiques qui paralysent trop souvent la recherche de solutions nationales.

 

Dialoguer ne signifie pas nécessairement être d’accord. Cela signifie accepter de se parler, de confronter les désaccords et de rechercher, lorsque cela est possible, un terrain d’entente autour de l’intérêt supérieur de la République.

 

La classe politique congolaise porte, à cet égard, une responsabilité historique.

 

Les divergences idéologiques, les ambitions électorales et les rivalités personnelles ne devraient pas faire perdre de vue l’essentiel : la RDC doit pouvoir construire un État suffisamment fort, légitime et stable pour protéger ses citoyens, défendre ses frontières et exploiter ses ressources au bénéfice de sa population.

 

Le peuple attend désormais des actes

L’appel au dialogue est une étape. Il ne constitue pas, à lui seul, une solution.

 

Les Congolais attendent désormais de voir comment cette volonté politique sera traduite dans les faits. La crédibilité du processus dépendra notamment de son inclusivité, de la représentativité des participants, de la transparence des discussions et de la capacité des acteurs à privilégier l’intérêt national.

 

Un dialogue véritablement national ne saurait être conçu comme une simple négociation entre responsables politiques. Il devrait associer les différentes sensibilités de la société congolaise : acteurs politiques, société civile, confessions religieuses, femmes, jeunes, intellectuels, forces économiques et autres forces vives de la nation.

 

Surtout, il devra permettre d’aborder sans détour les questions fondamentales qui se trouvent au cœur de l’instabilité congolaise : la souveraineté nationale, l’intégrité territoriale, la sécurité des populations, la gouvernance, la cohésion nationale et la protection des ressources naturelles.

 

Une occasion historique pour la RDC

Le Président Tshisekedi est désormais placé devant une responsabilité historique : transformer la volonté de dialogue en un véritable processus politique susceptible de contribuer à une paix durable.

 

La RDC ne peut continuer à vivre au rythme des rebellions successives, des déplacements de populations, des violences armées et de l’exploitation illicite de ses richesses.

 

Le pays doit sortir de ce cercle vicieux dans lequel l’instabilité nourrit la prédation, et où la prédation contribue à son tour à entretenir l’instabilité.

 

Rompre ce cycle, c’est défendre la souveraineté de la RDC. C’est protéger ses populations. C’est sécuriser son territoire. Mais c’est aussi permettre au peuple congolais de reprendre pleinement possession de ses richesses et de décider lui-même de l’avenir de son pays.

 

Le dialogue national peut contribuer à cette ambition, à condition qu’il soit sincère, inclusif et orienté vers des résultats concrets.

 

L’heure n’est donc plus seulement aux déclarations. Elle est à la responsabilité, au courage politique et à l’action.

 

La classe politique, la société civile, les confessions religieuses, les jeunes, les femmes et l’ensemble des forces vives de la nation ont aujourd’hui l’occasion de démontrer qu’ils sont capables de dépasser les intérêts particuliers pour construire un consensus autour de l’essentiel : la paix, la souveraineté, l’intégrité territoriale et le développement de la République démocratique du Congo.

 

La RDC ne manque ni de ressources ni de potentiel. Ce qui lui manque encore, c’est la stabilité nécessaire pour transformer ses immenses richesses en véritable prospérité nationale.

 

Le message du Président Félix Tshisekedi peut ainsi ouvrir une nouvelle page politique. Mais cette page ne prendra tout son sens que si le dialogue permet de tourner définitivement celle des rebellions récurrentes, de la fragmentation du pays et du pillage de ses ressources.

 

Au-delà des divergences politiques, une conviction doit désormais s’imposer : la République démocratique du Congo ne pourra véritablement avancer que lorsque ses filles et ses fils choisiront de se parler, de s’écouter et d’unir leurs forces pour défendre la souveraineté nationale et bâtir ensemble l’avenir du pays.

*Isidore KWANDJA NGEMBO*

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