L’ONATRA géré à la manière d’une boutique du coin !

Building Onatra. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Les élections syndicales à l’ONATRA organisées sous la direction de Martin Lukusa, sont devenues un terrain de fortes divergences entre la modernisation affichée et les accusations de manipulation et elles cristallisent les tensions entre la direction et certains syndicats de l’entreprise.
En effet, le Directeur Général Lukusa a lancé ces élections dans un climat de réformes profondes visant à moderniser l’ONATRA, selon ses proches, et sur fond des licenciements de certains syndicalistes, notamment trois responsables syndicaux qui ont été écartés par le Conseil d’administration, accusés de sabotage et de perturbation interne. Pas plus.
Alors que pour les cercles proches du DG Martin Lukusa, cette décision est présentée comme une mesure de gouvernance pour protéger la relance de l’entreprise, en s’appuyant sur les réformes et réalisations de Lukusa dont la modernisation portuaire avec l’nstallation de deux grues neuves de 80 tonnes à Matadi, les toutes premières acquisitions depuis 1948, et la relance ferroviaire avec le train Kinshasa–Matadi qui est remis en service, symbole fort de désenclavement économique dont le comité organisateur de la cérémonie de lancement a bénéficié de primes de l’ordre de 15.000 USD. Et c’est non sans avoir soutenu l’assainissement financier auquel il est fait allusion avec la dette bancaire réduite de 78 à 21 millions USD en moins de deux ans.
Déjà que pour beaucoup de syndicalistes, il n’est pas mieux indiqué pour organiser ce genre d’élections syndicales qui sont normalement du domaine du ministère du Travail avec l’aval de celui de la Fonction publique. Quoi de plus normal qu’une coalition de syndicalistes et d’opérateurs économiques dénonce une instrumentalisation des élections et accuse Lukusa de vouloir neutraliser toute opposition avec la création du mouvement syndical de son aubedience dénommé “ÉCOL”. Certains analystes parlent de “mascarade syndicale” et de manipulation orchestrée pour affaiblir la représentativité réelle des travailleurs.
UNE ABSENCE INQUIÉTANTE !
Des observateurs s’indignent que l’organisateur des élections s’absente en se tapant des vacances sabattiques en Europe avec son épouse, pour une bagatelle de 13.859.070 USD -cfr Note N°156/CAB/MIN PF/SKK/CMC/15/2026 du 02 juillet 2026, laissant derrière lui ces joutes électorales ebtre des mains inexpertes.
Il y a également dans ce lot, l’achat de deux billets d’avion sur le routing Kin-Casablanca-Kin pour Madame Lusumbu, et le garde malade qui se rendent au Maroc suivant la lettre N°044/ pour un coût de 10.140.900 USD. Toutes ces dépenses sont effectuées au moment où les travailleurs broient du noir avec six mois de salaire impayés et les retraités également non payés.
Le Syndicat ECOL, Éveil de conscience des ouvriers libérés, est créé selon plusieurs sources, dans le but de remporter les élections syndicales et etouffer dans l’œuf les éventuelles revendications d’autres mouvements syndicaux qui viendraient chercher à mettre les bâtons dans les roues des initiatives gloutonnerie du Directeur Général.
Très fiers des réalisations de leur mentor, les mêmes proches de Lukusa mettent en avant la réhabilitation des bâtiments administratifs en omettant de signaler la mise à sac du 5ème etage du bâtiment abritant le siège de l’ONATRA sur le boulevard du 30 juin, pour l’aménagement d’un restaurant VIP dont les bénéficiaires ne sont pas mieux identifiés. La remise en état du réseau ferroviaire et la relance des voies fluviales avec deux nouveaux bateaux de type pousseurs à construire en raison de 2.511.500 USD fait aussi la joie es soutiens de Martin Lukusa.
LES GRUES LÊVENT DES TONNES, LAISSANT LES VOIX OUVRIèRES SUR LE QUAI.
À l’ONATRA, les élections syndicales organisées par le Directeur Général Martin Lukusa ressemblent à une pièce de théâtre où les décors brillent plus que les acteurs. D’un côté, Lukusa exhibe ses trophées dont deux grues neuves à Matadi, un train Kinshasa–Matadi ressuscité, une dette bancaire réduite comme peau de chagrin. L’image qui se dégage est celle d’un capitaine qui redresse le navire après des décennies de naufrage. Mais derrière les projecteurs, le bruit des chaînes syndicales grince. Trois responsables licenciés, accusés de sabotage, dénoncent une mascarade électorale. Les voix ouvrières parlent de manipulation, de neutralisation des contre‑pouvoirs, d’une démocratie syndicale transformée en vitrine décorative. Le paradoxe est saisissant entre la modernisation matérielle contre la fragilisation sociale. En un mot comme en plusieurs, les grues flambent, les trains roulent, les finances respirent, mais les syndicats étouffent. L’ONATRA devient ainsi le miroir d’un Congo où la relance économique se heurte à la question éternelle de savoir si l’on peut moderniser sans démocratiser…
Le Journal
