Face à sa lecture tranchée sur la constitution: Levée de boucliers, à Kananga, sur la position de la CENCO !

 Face à sa lecture tranchée sur la constitution: Levée de boucliers, à Kananga, sur la position de la CENCO !

À Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï Central, les prêtres viennent de signer leur désapprobation en rapport avec la décision de la CENCO sur le changement de la constitution. Et la fédération de l’UDPS à Kananga a gonflé les biceps en manifestant devant les installations de la CENCO dans cette partie du pays. Du coup, cela reflète un bras de fer entre la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), opposée à toute révision de la Constitution, et des militants proches de l’UDPS qui rejettent cette position et exigent le retrait de la signature de l’archevêque local sur la déclaration de la CENCO.

Les manifestations ad hoc se sont déroulées devant plusieurs paroisses, sans incidents majeurs mais avec une forte charge symbolique. Pour rappel, lors d’une assemblée plénière extraordinaire à Kinshasa, les évêques ont réaffirmé leur refus de modifier la Constitution, jugeant qu’il n’y a « ni nécessité, ni urgence, ni opportunité » et avertissant contre un risque de balkanisation du pays.
Le 21 juin 2026, à Kananga, des centaines de jeunes proches de l’UDPS ont manifesté devant la pro-cathédrale Saint-Clément et d’autres paroisses, demandant que l’archevêque Félicien Ntambue retire sa signature du document de la CENCO. Pour comprendre cette réaction des militants de UDPS à Kananga, le parti présidentiel soutient une révision de la Loi fondamentale et son secrétaire général, Augustin Kabuya a publiquement déchiré la déclaration de la CENCO, certains députés contestant l’intangibilité de l’article 220.
L’Assemblée nationale et le Sénat ont adopté une loi référendaire, perçue par l’opposition comme une ouverture vers un nouveau mandat présidentiel. Religieux : la contestation met en lumière la fracture entre l’autorité ecclésiastique et une partie des fidèles, qui estiment que la hiérarchie ne reflète pas leur volonté.
Le député Marcel Tshipepele a, quant à lui, appelé à l’apaisement et au respect des lieux de culte, rappelant que la CENCO a le droit d’exprimer ses opinions mais qu’elles ne représentent pas toute l’Église. Cet élu a condamné l’intrusion de militants dans des paroisses sur fond des menaces verbales contre des autorités ecclésiastiques.
La contestation religieuse devient un prolongement du débat constitutionnel national, et la CENCO, traditionnellement médiatrice, se retrouve contestée par une partie de ses propres fidèles. Les conséquences potentielles de ce bras de fer entre la CENCO et les fidèles pro‑UDPS à Kananga peuvent être lourdes pour la stabilité du pays.
Pour certains analystes politiques, le clivage entre l’Église et une partie de la base présidentielle risque de renforcer la division nationale, avec des camps irréconciliables sur la question constitutionnelle. Ils pensent que si la contestation religieuse s’intensifie, elle peut miner la légitimité des institutions, notamment du Parlement qui a adopté la loi référendaire. Conséquence : l’Église, traditionnellement médiatrice, pourrait être perçue comme un acteur politique, ce qui fragiliserait son rôle de neutralité et les manifestations devant les paroisses montrent que les lieux de culte deviennent des espaces de confrontation, ce qui peut provoquer des violences locales.
Ce qui pourrait entraîner la perte de confiance dans une partie des fidèles qui pourrait se détourner de l’autorité ecclésiastique, affaiblissant la cohésion sociale et la capacité de l’Église à jouer son rôle de médiation. Dans cette logique, des jeunes militants, frustrés par le rejet de leurs revendications, pourraient recourir à des actions plus agressives.
À plus grande échelle, la RDC risque d’être perçue comme un pays où les institutions religieuses et politiques s’affrontent, ce qui peut décourager les partenaires internationaux. Mais à tout considérer, comme l’a souligné la CENCO, une révision constitutionnelle mal gérée pourrait accentuer les fractures régionales et ethniques. En résumé, ce désaccord n’est pas seulement une querelle interne à l’Église, il touche directement la stabilité politique, la cohésion sociale et aussi, l’image internationale du pays.

Une position dithyrambique !
Du moment où la constitution de la RDC consacre la laïcité de l’État. Cela signifie que l’État est neutre vis‑à‑vis des religions et que les institutions religieuses ne doivent pas dicter les choix politiques. Pourtant, dans la pratique congolaise, l’Église catholique — et en particulier la CENCO — s’arroge un rôle majeur dans la vie publique. Pourtant, la Constitution stipule que la RDC est un État laïc, garantissant la liberté de religion et la séparation entre institutions politiques et religieuses.Influence de l’Église. Mais malgré la laïcité prônée par la constitution, l’Église catholique est l’une des institutions les plus respectées et influentes, souvent perçue comme un contre‑pouvoir moral.
L’opposition entre CENCO et l’UDPS peut ainsi créer une confusion entre l’autorité religieuse et l’autorité politique à tel point que les citoyens peuvent se sentir pris entre deux légitimités -celle de l’État et celle de l’Église-, ce qui serait de nature à fragiliser la cohésion nationale. En somme, la laïcité est bien inscrite dans la Constitution, mais son application est mise à l’épreuve par le poids historique et social de l’Église catholique dans la RDC.

Le respect de la ligne de démarcation bafoué…
La CENCO, en intervenant directement dans le débat constitutionnel, apparaît comme une institution politique, ce qui brouille la frontière entre son rôle religieux et la sphère publique. Certains observateurs estiment qu’elle s’aligne sur les positions de l’opposition, notamment en refusant la révision de la Constitution, alors que le parti au pouvoir (UDPS) la défend. En prenant position sur des sujets constitutionnels, la CENCO peut être perçue comme un acteur partisan, ce qui fragilise son image de médiateur neutre. Surtout que l’État laïc est censé séparer la religion et la politique. Mais l’influence nationale de l’Église remet depuis l’époque coloniale met en cause ce principe.
Aussi, l’alignement supposé avec l’opposition accentue la confrontation avec le camp présidentiel, qui voit la CENCO comme un obstacle à ses réformes. Sur la question de l’agression du pays, certains reprochent à la CENCO de ne pas condamner fermement les agressions extérieures (notamment dans l’Est du pays), ce qui est jugé inquiétant pour une institution censée défendre la souveraineté nationale. En ne dénonçant pas clairement les menaces contre l’intégrité territoriale, l’Église risque d’être perçue comme déconnectée des préoccupations vitales du peuple.
Le pouvoir peut utiliser ce silence pour discréditer la CENCO et renforcer son propre narratif de défense de la nation et les fidèles se divisent entre ceux qui suivent la ligne de la CENCO et ceux qui soutiennent l’UDPS. Ce qui viendrait fragiliser la cohésion nationale comme ci-dessus mentionné car, l’opposition entre l’Église et l’État peut créer une crise de légitimité, où les citoyens ne savent plus quelle autorité suivre. Et face aux agressions, l’absence d’un front uni entre institutions religieuses et politiques affaiblit la capacité du pays à répondre aux menaces extérieures.
En résumé, la CENCO, en s’impliquant dans le débat constitutionnel sans condamner clairement les agressions contre la RDC, risque de fragiliser son rôle moral et de contribuer à une instabilité politique et sociale.

Le Journal

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