Pendant que Kinshasa se lève en hauteur...: Le respect des règles fondamentales de l’urbanisme et de l’architecture preoccupent!

Au cours des deux dernières décennies, l’observation de plusieurs quartiers de Kinshasa révèle une transformation marquée du paysage urbain, caractérisée par la multiplication des constructions en hauteur (R+2, R+3 et au-delà). Si cette dynamique reflète une certaine modernisation, elle soulève néanmoins de sérieuses préoccupations quant au respect des règles fondamentales de l’urbanisme et de l’architecture. On en vient même parfois à se demander si de véritables règles d’urbanisation existent réellement à Kinshasa — une interrogation qui peut d’ailleurs s’étendre à l’ensemble de la République Démocratique du Congo.
En effet, une grande partie de ces bâtiments semble évoluer en marge de tout cadre réglementaire cohérent. Les rues et avenues perdent progressivement leur harmonie, leur lisibilité et leur identité spatiale. Cette densification non maîtrisée engendre par ailleurs des problèmes majeurs, notamment en matière de circulation de l’air, d’ensoleillement et de confort thermique. À terme, ces déséquilibres impactent directement la qualité de vie des habitants, laquelle se dégrade de manière progressive mais réelle.
Dans ce contexte, je souhaiterais attirer une attention particulière sur la notion de façade morte, également appelée façade aveugle. Pour rappel, en architecture, une façade morte désigne une façade qui ne comporte pas — ou très peu — d’ouvertures, c’est-à-dire dépourvue de fenêtres, de portes ou de tout dispositif permettant le passage de la lumière ou de l’air. Ce type de façade répond généralement à des contraintes spécifiques, notamment en situation de mitoyenneté ou de proximité immédiate entre bâtiments.
Cependant, l’analyse de nombreuses constructions récentes à Kinshasa soulève une question fondamentale : certains concepteurs ignorent-ils cette notion pourtant essentielle, ou choisissent-ils délibérément de s’en affranchir ?
Comment expliquer, en effet, la présence fréquente de baies et d’ouvertures sur des façades latérales de bâtiments distants de moins d’un mètre les uns des autres ? Une telle pratique, au-delà des considérations réglementaires, engendre des problèmes évidents : promiscuité accrue, manque d’intimité, mauvaise ventilation, nuisances sonores et dégradation des conditions de vie. Elle influe également sur les comportements sociaux des habitants, contraints d’adapter leur quotidien à ces dysfonctionnements.
Face à ce constat préoccupant, il devient essentiel d’ouvrir un véritable débat.
Chers architectes, urbanistes et professionnels du secteur, confrontés à ces réalités de terrain, quelle lecture faites-vous de cette situation ? Quelles pistes de solutions proposez-vous pour concilier densification urbaine, respect des principes architecturaux et amélioration durable de la qualité de vie ?
Christian Basunga N.
Ir civil des constructions
