Au Conseil de sécurité de l’ONU, Kigali invoque les FDLR, Kinshasa parle d’arnaque !

 Au Conseil de sécurité de l’ONU, Kigali invoque les FDLR, Kinshasa parle d’arnaque !

New York, Etats-Unis: Une vue de la salle de réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies alors que le Vice-Secrétaire général des Nations Unies, Jan Eliasson, s’adresse au Conseil sur la situation en République démocratique du Congo. Photo ONU/Evan Schneider

New York, 15 avril 2026. Au Conseil de sécurité, l’ambassadeur congolais Zénon Mukongo Ngay n’a pas mâché ses mots pour reconstruire les justifications du Rwanda sur la présence de ses troupes à l’Est de la RDC. Elles ont été balayées comme de simples “contre-vérités”.

Pendant que Kigali répétait à satieté son refrain sur la menace des FDLR, Kinshasa a rétorqué avec force que l’argument est usé, et que la souveraineté congolaise ne se négocie pas. Washington, visiblement lassé par le manque de sincérité du pays de Paul Kagame, a pris le parti de Kinshasa en dénonçant une violation des accords de Washington par Kigali. Cette affaire a tout d’une satire en trois actes.
– Acte I : Kigali brandit les FDLR comme un épouvantail, mais Kinshasa répond : “vos troupes ne sont pas des moineaux perdus, elles sont des intruses”.
– Acte II : Les États-Unis, fatigués du disque rayé, exigent le retrait immédiat, comme un DJ qui coupe le son.
– Acte III : L’ONU constate la dégradation sécuritaire, mais reste spectatrice d’un théâtre où chacun joue son rôle, sans que la paix n’entre en scène.
En effet, le mercredi au Conseil de sécurité de l’ONU, l’ambassadeur congolais Zénon Mukongo a rejeté catégoriquement les justifications avancées par Kigali sur la présence de ses troupes dans l’Est de la RDC, qualifiant ces arguments de “contre-vérités” et réaffirmant l’exigence du retrait immédiat des forces rwandaises. Les débats ont été vifs, Washington s’alignant sur Kinshasa en dénonçant une violation des accords de Washington par Kigali.

Une scène de combat de boxe entre Kinshasa et Kigali…
À cette séance de travail au conseil de sécurité des Nations unies devenue une sorte de ring pour un combat de boxe, la position de la RDC a été plus rigide. L’ambassadeur Mukongo Ngay a dénoncé les “contre-vérités” du Rwanda. Et Kinshasa s’appuyant sur les résolutions des Nations unies, a exigé le retrait immédiat des troupes rwandaises de son territoire, en accusant Kigali d’exacerber le conflit et de violer ses engagements diplomatiques.
Acculé et poussé dans ses derniers retranchements, Kigali a justifié sa présence militaire par la menace persistante des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), affirmant agir pour sa sécurité nationale, mais cette justification est rejetée par Kinshasa.
De son côté, Washington a exigé le retrait immédiat des troupes rwandaises. Les États-Unis estiment que Kigali viole les accords conclus avec Kinshasa à Washington. Cela a été fait sur un ton ferme et critique, révélateur d’un agacement croissant vis-à-vis du Rwanda.
L’ONU à travers son Envoyé spécial Huang Xia, a constaté une détérioration sécuritaire préoccupante dans l’Est malgré les efforts diplomatiques. Elle a appelé à un respect strict des engagements pris par les deux parties.
L’analyse des implications qui se dégage de ces positions tranchées des uns et des autres c’est que sur le plan diplomatique, la RDC gagne un soutien explicite de Washington, ce qui renforce sa position internationale. Au contraire, Kigali se retrouve isolé, ses justifications étant de plus en plus contestées.
Alors que sur le chantier sécuritaire, la présence rwandaise à l’Est de la RDC reste un facteur de tension majeure, les populations civiles continuant de subir les conséquences de l’instabilité dans le Nord-Kivu et l’Ituri.
Comme symboliques, l’on note que l’intervention congolaise marque une volonté de déconstruire le narratif rwandais et de replacer la crise dans le cadre des violations de souveraineté. Le Conseil de sécurité devient ainsi un théâtre où la RDC cherche à imposer sa lecture des faits.

Le Journal

 

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