Muyaya explose Kigali !

Cette lecture des faits, le ministre de la Communication et Médias la faite à la fin de sa mission officielle menée tambour battant à Washington. Muyaya a expliqué qu’à ce jour, le monde entier a fini par réaliser que le Rwanda a construit sa stratégie de développement sur le pillage des ressources minières de son voisin, la RDC à travers la déstabilisation de sa partie orientale. “Ayant compris que Kigali les mettait en position de réceleurs, plusieurs capitales ont préféré désormais faire des affaires directement avec Kinshasa. C’est le cas du deal entre les USA et la RDC”, a fait savoir le porte-parole du gouvernement dans une interview réalisée à Washington et que l’Agence congolaise de presse a largement décryptée.
Parlant des leçons tirées du séjour de Félix Tshisekedi à Washington, Muyaya a tranché qu’il n’y a qu’une simple chose à retenir : le Congo est de retour dans le concert des nations. “Le Congo, dans son rôle naturel de leadership, a pris sa place, parce que, cette semaine, aux États-Unis, on a beaucoup parlé des critiques minérales, des minerais critiques. Les minerais critiques, ce sont des minerais sans lesquels on ne peut pas répondre à certains impératifs et on ne peut pas trouver de réponses sur ces questions sans avoir le grand Congo à la table”, a confié le ministre en soulignant que c’est la simple présence du Président de la République qui constitue, en réalité, le retour de la RDC dans la place où les décisions se prennent, contrairement à certains pays périphériques qui ont cru devenir des acteurs à travers le processus de pillage. Pour Patrick Muyaya, la réponse a été donnée, et le reste de l’avenir nous le dira.
LE POISON RWANDAIS VAINCU !
Pour ce qui concerne une certaine agitation de Kigali autour de la considération actuelle du président Félix Tshisekedi et de la RDC, Ministre Muyaya tranche que le Président rwandais vient de reconnaître que quotidiennement, son action en RDC ou son action politique est fondée notamment sur la stratégie du mensonge. Mensonge du reste déconstruit suffisamment par Muyaya, le même qui renseigne que de cette façon, Kagame est arrivé au bout du rouleau, en confirmant ce que son ambassadrice avait dit, il y a quelques semaines à Washington.
“C’est la preuve que nous l’avons mis à bout. Et lorsque la République démocratique du Congo reprend sa place, comme c’était le cas cette semaine à Washington”, se réjouit le ministre en notant qu’on ne peut, malheureusement plus jamais, parler du Rwanda, parce que c’est un pays périphérique qui s’est construit sur le modèle de pillage.
Des attentes de la RDC concernant les accords signés à Washington avec le Rwanda et aussi le partenariat stratégique avec les USA, Patrick Muyaya considère qu’il est évident que le fait que le Rwanda ne fasse pas sa part dans le cadre de l’accord qu’ils ont librement signé, pose problème par rapport à sa relation avec les Américains, qui eux, agissent et ils agiront sûrement davantage pour s’assurer que les promesses faites à leur président soient tenues.
“Il suffit de voir ce qu’on appelle ici les body language et les mots qui ont été dits pour comprendre qu’en réalité, l’Amérique aujourd’hui ne peut pas penser constituer ses réserves stratégiques en termes de mines sans avoir la République démocratique du Congo”, a fait savoir Patrick Muyaya en rappelant qu’à toutes les instances où ils ont été, la République démocratique du Congo, son impératif de stabilité, son impératif de paix et de respect de son intégrité territoriale, ont constitué une des conditions à la table.
“Donc, on ne pourra pas véritablement avancer dans ce que nous voulons faire, si cela n’est pas rétabli. Et les Américains savent exactement ce qu’ils doivent faire pour que cette paix revienne, notamment en ce qui concerne l’attitude du Rwanda”, a rassuré le ministre avant d’expliquer comment la RDC compte aussi sur elle-même au-delà des accords signés. Et à ce sujet, il voudrait que tout le monde note que nous devons d’abord compter sur nous-mêmes. Parce que, pour lui, nous sommes à la fois sur le front militaire, diplomatique, judiciaire, médiatique ainsi qu’économique et que nous utilisons tous ces leviers en même temps.
DE L’ENTêTEMENT DE KIGALI
Muyaya a, en outre, que les différentes réunions qui se tenaient dans les cas du mécanisme conjoint du suivi de l’accord ne se tiennent plus, ou du comité de supervision, parce qu’il y a un acteur qui a choisi de ne pas respecter ce qui a été convenu. Et des différentes discussions eues avec les différents officiels américains, il n’est plus question d’ambiguïté sur le fait qu’ils doivent agir sur le Rwanda. Sûrement à travers des mécanismes de pression avant d’arriver à des sanctions, mais ça, c’est la partie américaine.
“Du côté de la République démocratique du Congo, nous continuons de prendre nos dispositions et de nous organiser pour nous assurer que nous protégeons notre territoire”, a-t-il déclaré en reconnaissant que les USA ont les moyens pour pousser le pouvoir de Kigali de se plier aux engagements pris à travers les accords, et qu’ils disposent des leviers non négligeables qui, s’ils sont utilisés sur le Rwanda, le Président Kagame sera le responsable de l’étouffement que connaîtra le peuple rwandais.
Muyaya en faisant allusion aux sanctions sur Kigali, a dit n’avoir pas besoin de rappeler la structuration de l’économie rwandaise qui se fonde sur le vol et le pillage de ressources en RDC, et qui se fonde un peu sur la solidarité internationale, si aujourd’hui, les Américains en arrivaient là. “Mais finalement, je crois qu’ils finiront par s’y résoudre, parce que pour nous, et pour eux, s’il faut avancer dans l’agenda, notamment en ce qui concerne les partenariats stratégiques au plan économique, ils doivent agir”, a-t-il tranché en rappelant qu’avec les Américains, nous avons un mémorandum sur la sécurité. Donc, quoi qu’il en soit, c’est pour ça que pour lui, le Rwanda, c’est même un sujet périphérique, parce que ça va s’y régler dans le temps. Parce que pour le porte-parole du gouvernement, lorsqu’on parle aujourd’hui des grands enjeux dont dépendent l’avenir stratégique, notamment de l’industrie militaire américaine, il n’est pas sûr que le Rwanda puisse peser dans la balance, lorsque les enjeux décisifs sont engagés dans un contexte mondial actuel.
LA RDC PAYS SOLUTION GRâCE à SES MINéRAUX CRITIQUES ?
Muyaya, en se penchant sur ce sujet, note qu’avant, lorsqu’on parlait du Congo, on en parlait sous le prisme de la guerre, de la violence, mais aujourd’hui, on a plus parlé du Congo pour ce qu’il donne en terme des réponses aux problèmes cruciaux de l’humanité, et principalement aux problèmes stratégiques du gouvernement américain. “Et donc, c’est clair que nous avons repris le rôle, et c’est plus ou moins le résultat de tous ces efforts consentis par le Président de la République depuis plus de six ans maintenant, pour permettre à la République démocratique du Congo de jouer son rôle de moteur à la fois en Afrique, mais aussi à la résolution du problème du monde”, a laissé entendre le ministre en soutenant que, lorsque nous disons de la République démocratique du Congo que c’est un pays solution, c’est la preuve que nous venons d’avoir, entre autres, avec tout ce qui s’est passé à Washington.
DU DIALOGUE COMME RéSOLUTION DE LA CRISE SéCURITAIRE DANS L’EST DE LA RDC…
Parlant de la problématique liée au dialogue, Muyaya pense aussi qu’au 31 janvier dernier, lorsqu’il a rencontré le corps diplomatique, le Président de la République a dit toute sa disponibilité concernant le dialogue et que la question actuellement n’est plus, et plus plutôt une question de séquençage qu’une question de la tenue même du dialogue et certains de ses détails. “Alors ici, ce qu’il faut que je rappelle, c’est que nous avons déjà deux autres dialogues qui se tiennent. Nous avons terminé le dialogue principal avec le père, le Rwanda, en ce que nous avons un accord signé ici, à Washington, et que cet accord souffre d’application parce que le père, sachant que cet accord vient mettre à mort ses activités illicites, ses activités qui financent son économie, il est bien mal à l’aise pour contribuer à la concrétisation de cet accord”, a-t-il précisé non sans faire savoir qu’au-delà du dialogue avec le père, il y a un dialogue avec le fils à Doha. “On ne pouvait pas continuer dans ces discussions de la manière dont on les faisait lorsque le père, à côté du fils, a décidé de les rejoindre dans ces activités qui devraient en réalité ne plus avoir lieu, parce que nous avions déjà, lorsque nous discutions, dit qu’on arrêtait les hostilités, on parlait du cessez-le-feu”, a détaillé l’homme du nouveau narratif, expliquant que l’on a un dialogue avec le père qui grippe, parce que le père, le Rwanda, n’est pas disposé à exécuter ce qui est prévu dans le cadre de l’accord de paix, et puis vous avez le dialogue avec le fils interrompu parce que le fils solidaire du père est rentré comme brigade avancée dans des activités hostiles.
NON À L’IMPUNITÉ…
“Mais j’ose croire qu’avec, et justement la pression américaine, avec ce qui a pu être ressorti de droit, le mécanisme du cessez-le-feu, voyons voir comment tout ça va se mettre en place pour permettre la suite”, se rassure le ministre. Sur la question du dialogue en interne, il s’appuie sur les déclarations du Président de la République qui a dit qu’au-delà de ces dialogues, on ne consacrera pas non plus l’impunité.
“Aujourd’hui, c’est une question, comme je le disait, des séquençages jusqu’à arriver à sa mise en œuvre. Parce que c’est un processus qui doit être complémentaire, et en cohérence avec ce que nous avons fait à Washington, et ce que nous faisons à Doha, de sorte que nous puissions avoir un paquet qui permet à la RDC de respirer l’air de la paix”, explique Muyaya en rappelant qu’à Washington, un accord a été signé avec le président américain qui est l’homme le plus puissant du monde et que, dans la même période, le président Rwandais a attaqué Uvira de la manière la plus violente. De quoi pousser le ministre à se demander si nous nous asseyons entre nous Congolais, le lendemain le Président Rwandais va cesser ses activités ?, et de conclure qu’aujourd’hui, il faut qu’on soit clair. Le dialogue du Président de la République a été précis, s’il doit y avoir ce dialogue, il se tiendra sur le territoire national et il ne consacrera pas l’impunité.
Et le ministre de souligner que l’on a là, plus ou moins la logique du Président qui a été dessinée. Le dialogue ne sera pas en lui-même suffisant pour mettre fin à une crise qui est sécuritaire liée à l’agression. C’est pour ça qu’il faut faire tout de suite le lien de la complémentarité lorsqu’on aura fini avec le père, lorsqu’on aura fini avec le fils, et on pourra alors dans le cadre de ce dialogue, traiter des questions de ceux malheureusement, qui sont devenus complices du fils ou du père, ou exécutants du père et du fils dans un mélange malsain contre la République parce qu’ils ont des intérêts politiciens.
UN MOT SUR LES ENTREPRISES AMÉRICAINES DÉJÀ PRÊTES À INVESTIR EN RDC…
“Il y a eu réunion de ce qu’on appelle en anglais le Joint Steering Committee, les comités directeurs conjoints, créés dans le cadre de l’exécution du partenariat stratégique entre la République démocratique du Congo et les États-Unis. Non seulement la Gécamines a déjà fourni 100.000 tonnes de cuivre aux États-Unis, mais il y a eu aussi ces deals autour de Gécamines et de la société américaine Virtus. L’intention d’une société américaine serait orienté sur le rachat de Glencore où l’on parle de 9 milliards…”, a confié le ministre pour qui, nous sommes dans du concret parce que tous les actes ou tous les documents qui accompagnent les accords, il y a une volonté pour la Gécamines de continuer à fournir aux États-Unis.
“Nous sommes déjà dans le concret”, soutient-il en parlant de l’attractivité de la RDC et de son rentrée dans un tournant décisif. “Vous savez, quand un arbre pousse, on n’entend sûrement pas les bruits”, prévient Patrick Muyaya qui promet toutefois que dans les mois qui viennent, ou dans une année, l’on va voir un arbre bien pointé. Ça va venir concrétiser ces efforts du président de la République à travers une stratégie claire et des lignes clairement dessinées pour que la République démocratique du Congo soit en mesure de jouer son rôle plein qui est attendu dans le cadre du partenariat stratégique avec le gouvernement américain, mais aussi d’être ce pays qui pourra fournir des solutions ou à partir duquel, pourra partir des solutions pour les industries stratégiques américaines.
Le Journal
