Le dossier du Lieutenant-général Philémon Yav livre ses secrets le 20 janvier 2026

Lors de l’audience d’instruction tenue mardi à Kinshasa dans le dossier du prévenu Lieutenant-général Yav Irung Philémon, ancien commandant de la troisième zone de Défense, ses avocats ont déposé un mémoire unique devant la Haute cour militaire pour soulever les exceptions sur l’incompétence de la Haute cour militaire, l’omission d’informer le commandant de l’arrestation du prévenu, la nullité de sa poursuite engagée avant l’autorisation du Président de la République, le caractère arbitraire de l’arrestation et l’atteinte à la dignité humaine et au droit à la santé.
Ils ont demandé à la Cour de céans d’ordonner la main levée de la détention de notre client parce que l’Auditeur général, ministère public, l’a gardé au-delà de 12 mois sans autorisation de la prorogation de la détention préventive et sollicité la mise en liberté provisoire du prévenu général Yav pour lui permettre d’aller se faire soigner.
Les Conseils du prévenu Yav ont également sollicité l’écartement de tous les procès-verbaux dressés par la commission spéciale instituée pour auditionner le Général Yav lors de l’instruction préparatoire.
Réagissant à ce que la défense a qualifié d’irrégularités de la procédure, l’Auditeur général, ministère public, a fait savoir qu’en vertu du système de la compétence personnelle à l’honneur à la Justice depuis 1964, le Lieutenant-général Yav Irung Philémon a comme juge naturel la Haute cour militaire.
Il a battu en brèche les prétentions des avocats du prévenu en signalant qu’après l’audition du Général Yav par la commission, le Conseiller spécial du Chef de l’État en matière de sécurité a, par sa lettre du 19 septembre 2022, informé le Chef d’Etat-major général de la décision de sa mise à disposition de la justice, placé sous mandat d’arrêt provisoire le même jour, le Général Yav a été entendu immédiatement après.
L’Auditeur général a, en outre, dit n’avoir pas détenu le prévenu pendant 12 mois, car l’ayant renvoyé devant la Haute cour militaire depuis le 18 novembre 2022. Mais l’ouverture du procès était butée à un cas de force majeure. Puisque conformément à la loi, le juge doit avoir un grade soit égal soit supérieur à celui du prévenu, il a fallu compléter le siège.
Le Maître de l’action publique a, au vu de tous ces éléments, sollicité que la Haute juridiction militaire déclare non fondés tous les moyens développés par les Conseils du prévenu Yav et de les rejeter.
Pour l’Agence congolaise de presse qui livre cette information, la Haute cour militaire va prononcer son arrêt avant dire droit sur ces préalables à la date du 20 janvier 2026.
La même audience du mardi a servi à la Haute cour militaire d’identifier le prévenu Tshiboko Shauri Issa, chauffeur à Bukavu, poursuivi pour avoir transporté en 2021 les armes et munitions de guerre au groupe Twigwaneho de Makanika, allié des terroristes de la coalition RDF/M23/AFC à Minembwe sur l’ordre du Lieutenant-général Yav Irung Philémon, le même, alors commandant de la troisième zone de Défense.
L’Auditeur général, ministère public, lui reproche également d’avoir tenu des réunions à bord du bateau « Emmanuel Kat » à Bukavu en vue de balkaniser la République démocratique du Congo et exporter illicitement les minerais vers le Rwanda par le poste frontalier de la Ruzizi 2.
Le Journal
