RDC : Les deux parties s’affrontent sur la preuve clé du procès du général Philémon Yav Irung

 RDC : Les deux parties s’affrontent sur la preuve clé du procès du général Philémon Yav Irung

La 4eme audience du procès, devant la Haute cour militaire, du général Philémon Yav Irung, ancien commandant de la 3ᵉ zone de défense dans l’est du pays s’est poursuivi, mardi 17 février, à Kinshasa.

Le Lieutenant-Général Yav Irung Philémon est poursuivi pour une présumée collaboration avec l’armée rwandaise. Mais l’élément central de l’accusation porté sur un «message téléphonique» censé attester de la trahison ou la collaboration reste introuvable. C’est à ce niveau que l’accusation et la défense s’affrontent sur la preuve clé.

Expertise du Conseil national de cyberdéfense
Face à cette impasse technique, la Haute cour suggère de confier les appareils au Conseil national de cyberdéfense, afin de tenter de lever les doutes. Elle envisage désormais de solliciter l’expertise du Conseil national de cyberdéfense afin d’accéder au contenu du téléphone du prévenu.

La Haute cour militaire a fait comparaître, lors de la même audience, le lieutenant-général Fall Sikabwe, ancien commandant de la force terrestre des FARDC. À la barre, ce haut gradé décrit le général Philémon Yav Irung comme une véritable bête noire de l’armée rwandaise depuis plusieurs décennies. Il ne saurait donc en être le complice. Un témoignage battu en brèche par l’auditeur général des FARDC. Pour l’accusation, cette image d’ennemi juré relèverait plutôt d’un stratagème destiné à couvrir l’accusé, souligne rfi.

Comparu comme renseignant dans la cause qui oppose l’Auditeur général au prévenu Lieutenant-général Yav Irung Philémon, le Directeur général d’AFRIDEX, le Lieutenant-général Sikabwe Asinda Fall, a déclaré :
«C’est le Général Yav Irung Philémon qui était le Commandant de Bataillon lorsque Kinshasa avait été attaqué par le Rwanda le 02 août 1998. Le lien entre le Rwanda et le Général Yav est une histoire de longue date», a-t-il expliqué.

Il a ensuite ajouté : «Au Nord-Kivu en 2022, le Rwanda avait sommé six Officiers généraux dont le Lieutenant-Général Ndima et le Général-Major Cirimwami de se retirer des opérations sinon ils seraient tous exécutés». Le général Sikabwe Asinda Fall a également confirmé que, c’est le prevenu Yav Irung qui avait présenté les deux messages venant du Rwanda au Général Cirimwami et Général Mwehu,avant de conclure que le général Yav Philémon «a été reproché à ces officiers d’être extrémistes».

Services incapables d’entrer dans le téléphone
Selon la source, la Haute cour militaire a lu un courrier de l’Agence nationale de renseignements, précisant que le document reconnaît l’incapacité des services à entrer dans les téléphones du général Yav Irung et donc à vérifier l’existence d’un message supposément envoyé par un proche collaborateur du chef militaire rwandais James Kabarebe.

Une impasse technique qui oblige la Haute cour de suggèrer de confier les appareils au Conseil national de cyberdéfense
pour le décryptage des messages envoyés par le Colonel Senkoko Célestin, Secrétaire particulier du général rwandais James Kabarebe.

Une option rejetée par la défense
Cette option suggérée par la Haute cour militaire a été rejetée par la défense, la jugeant «incompréhensible» que les téléphones du prévenu soient saisis depuis plus de trois ans et que le procès ait commencé sans que le point central de l’accusation ait été récupéré.
Selon la défense, saisir la cyberdéfense aujourd’hui alors que les débats sur la question ont été rendus publics porte un risque «que le rapport qui sortira de cette institution soit tronqué», rapporte la source.

Gel Boumbe

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