RDC : Bras de fer total autour du dialogue

 RDC : Bras de fer total autour du dialogue

Réclamé par une frange de l’opposition, soutenu par des partenaires internationaux et évoqué par le chef de l’État, le dialogue national tarde toujours à voir le jour. Au fil des semaines, les positions se durcissent et le processus s’enlise dans un face-à-face de plus en plus frontal entre le pouvoir et ses adversaires.

Des préalables qui crispent
L’opposition conditionne sa participation à des garanties jugées « claires, crédibles et vérifiables ». Elle exige notamment un cessez-le-feu effectif, la fin des poursuites et arrestations à caractère politique, la libération des prisonniers politiques ainsi que la restitution des documents confisqués.
En face, le gouvernement rejette toute démarche qui, selon lui, reviendrait à relativiser l’agression rwandaise ou à consacrer l’impunité. Pour l’exécutif, le dialogue ne peut ni effacer les responsabilités établies ni affaiblir l’autorité de l’État.

Le contrôle du processus en question
Le président Félix Tshisekedi a fixé ses balises : le dialogue doit se tenir sur le territoire national, sous la conduite des institutions issues des élections, et sans remise en cause de l’ordre constitutionnel.
Cette architecture est vivement contestée par plusieurs figures de l’opposition, qui dénoncent un cadre unilatéral. Elles estiment qu’un pouvoir contesté ne peut définir seul les règles du jeu ni choisir ses interlocuteurs. Certaines formations plaident pour une médiation confiée au tandem CENCO–ECC afin de garantir neutralité et crédibilité au processus.

L’épineuse question des groupes armés
Autre ligne de fracture : l’inclusivité. Une partie de l’opposition défend un dialogue élargi à « toutes les forces concernées », y compris les groupes armés.
Le pouvoir, lui, exclut toute formule qui remettrait en cause l’ordre constitutionnel ou banaliserait les violences. Les responsables religieux, favorables à une approche inclusive, évoquent pour leur part des mécanismes de justice transitionnelle afin d’éviter que l’ouverture ne rime avec impunité.

Des initiatives parallèles sans effet concret
Le débat interne se déroule sur fond de processus diplomatiques menés à Washington et à Doha. Sur le papier, ces discussions progressent. Sur le terrain, toutefois, l’AFC/M23 continue d’administrer de larges pans du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, alimentant la méfiance et compliquant toute dynamique politique consensuelle.

Luanda en embuscade
Mandatée pour engager des consultations préalables, l’Angola prépare un éventuel dialogue intercongolais. Mais aucune date n’a encore été annoncée. Kinshasa attend que ces pré-consultations créent un terrain d’entente, tout en maintenant ses lignes rouges.
Entre exigences de préalables, bataille sur le format, désaccord sur l’inclusivité et absence d’avancées diplomatiques tangibles, le dialogue national reste suspendu. Plus qu’un simple retard, c’est désormais un véritable bras de fer politique qui se joue, laissant planer l’incertitude sur la capacité des acteurs congolais à se retrouver autour d’une même table.
La Rédaction

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