Raissa Malu inconsolable…: “S’attaquer à l’école, c’est un crime contre l’humanité !”

Dans une émission sur la chaîne publique pour parler des conséquences humanitaires pour les victimes de l’Est du pays et l’éducation, la ministre d’État à l’Education nationale a mis l’accent sur la possibilité de donner la chance à toutes les communautés de pouvoir finalement que le potentiel de nos enfants puisse s’exprimer, et que l’on puisse accélérer le développement de son ensemble de territoires. “C’est ça qui est détruit avec cette occupation par l’agresseur avec cette guerre”, a confié avec regret la ministre en soulignant qu’on estime, au niveau de son secteur, qu’il y a entre 1.000 à 1.500 écoles fermées entre Bunagana et Uvira.
Ça représente quand même beaucoup au niveau du nord Sud-Kivu, a-t-elle dit en notant que parce qu’il faut aussi tenir compte des conséquences au niveau de l’Ituri, on sait que l’on a au moins 520 écoles qui sont directement affectées, attaquées, incendiées, détruites ou occupées par les forces d’agression. Et on a, entre six et 8 millions d’enfants qui sont déplacés internes, éloignés de leur milieu d’apprentissage.
“Ici évidemment, je donne des statistiques, mais ce que je voudrais, c’est que derrière ces statistiques, que l’on se rappelle bien, qu’on parle d’êtres humains, qu’on parle d’enfants, de filles et de garçons, qu’on parle d’enseignants traumatisés”, a appuyé Raissa Malu en rappelant que dans les camps de réfugiés, on utilise les enseignants qui sont déplacés pour assurer l’éducation. Et elle a salué leur résilience et leur détermination parce que, dans leurs difficultés, ils choisissent quand même de continuer à faire leur métier, qu’ils aiment dans des conditions aussi difficiles pour que ces enfants puissent continuer à garder l’espoir.
“Donc toucher l’école, c’est toucher la cohésion sociale et c’est détruire le futur d’une nation. Et ça, c’est extrêmement grave”, a-t-elle prévenu, indiquant que c’est pour ça que l’on doit tous faire en sorte que l’école soit sacralisée et que les enfants soient mis absolument à l’écart de ces conflits parce que, ce sont des problèmes à long terme. Au sein de de son ministère, a-t-elle confié, on travaille en collaboration avec la ministre d’État des Affaires sociales parce qu’il y a la problématique de régler les problèmes maintenant et sans doute, on en reviendra plus tard. “Mais nous nous projetons dans le futur et nous voyons comment nous devons continuer à agir. Parce que, ce que l’on veut, c’est que l’impact de du présent soit réduit dans le futur. Mais parce qu’il y aura toujours un impact , il faut qu’en termes de nation, nous en soyons conscients, a-t-elle fait savoir.
Quand on lui rappelle qu’il y a quelques mois, des images qui ont circulé sur les réseaux sociaux, montrant les enfants qui sautaient par les fenêtres pour échapper aux recruteurs des groupes armés qui venaient pour les prendre des forces et les prendre pour aller se battre. Est ce qu’elle peut avoir une idée sur combien d’enfants ont été recrutés de forces et quelles sont les écoles qui ont été visitées comme ça, pour enrôler les élèves dans les forces armées?
Sa réponse est que, le travail d’enquête est toujours en cours pour le savoir, pour évaluer le nombre d’enfants qui auraient été recrutés et le nombre d’écoles qui auraient été occupées. Parce qu’il faut savoir que derrière ça, il y a aussi beaucoup de panique. “Mais on a effectivement des cas qui sont avérés de jeunes qui ont été recrutés. C’est pour ça qu’on a mis en place un certain nombre de mesures pour protéger les enfants. On a demandé aux parents notamment de garder les enfants d’un certain âge à la maison, des adolescents notamment, pour éviter qu’ils ne soient récupérés. Et on travaille avec l’ensemble de nos partenaires techniques et financiers, notamment humanitaires pour protéger ces populations”, a souligné la ministre.
Le Journal
