L’homme fort de Kigali a oublié que les balles de la mémoire ne tuent pas les faits...: Quand Paul Kagame rate l’occasion de se taire !

 L’homme fort de Kigali a oublié que les balles de la mémoire ne tuent pas les faits...: Quand Paul Kagame rate l’occasion de se taire !

Paul Kagame a récemment, depuis Moscou, ravivé un narratif selon lequel certaines zones de l’Est de la RDC (Bunagana, Rutshuru, Goma, Masisi) auraient historiquement appartenu au Rwanda, en invoquant la Conférence de Berlin (1884‑1885).

La Belgique, par la voix de ses parlementaires et historiens, rappelle que l’histoire coloniale démontre le contraire dès lors que ces territoires ont été intégrés au Congo par Léopold II et confirmés dans les frontières internationales, sans jamais être reconnus comme rwandais.

L’argument avancé par ce narratif de Kagame soutient que lors de la Conférence de Berlin (1884‑1885), le roi Léopold II aurait annexé des terres rwandaises et ougandaises au Congo. Notamment Bunagana, Rutshuru, Goma, Masisi qui sont citées comme « historiquement rwandaises » dans ce discours controversé qui s’inscrit dans une stratégie géopolitique visant à justifier l’influence militaire et politique du Rwanda dans l’Est de la RDC, notamment au travers du M23 et des tensions régionales.

La réponse belge et la vérité historique se traduisent derrière la position officielle parce que la Belgique et la France rejettent catégoriquement toute remise en cause des frontières héritées de la Conférence de Berlin. Lesquelles attestent que le Congo-belge, créé officiellement en 1908, avait une superficie de 2.345.000 km², confirmée par les puissances coloniales et maintenue à l’indépendance en 1960.

Du point de vue rappel historique, les rois des Belges (Léopold II, Albert Ier, Léopold III, Baudouin) ont administré le Congo dans des frontières reconnues internationalement, sans jamais inclure le Rwanda ou l’Ouganda.

Que des députés belges aient dénoncé l’expansionnisme de Kagame, soulignant que ses revendications sont contraires aux archives historiques et aux accords internationaux, est un pur camouflet à ses prétentions démesurées. Sur ce chapitre, les parlementaires belges et congolais insistent sur la nécessité de défendre la souveraineté de la RDC face aux narratifs expansionnistes.

Le rappel de la vérité historique par la Belgique sert à contrer une instrumentalisation du passé colonial pour justifier des ambitions actuelles de Paul Kagame qui invoque une conférence coloniale pour légitimer ses revendications, alors que cette même conférence est critiquée pour avoir arbitrairement tracé des frontières en Afrique.

Les risques et implications fait que sur le terrain, ce narratif alimente les tensions dans l’Est de la RDC, où les populations subissent les violences des groupes armés. Tandis que sur le plan diplomatique, il fragilise les relations entre Kinshasa et Kigali tout en mobilisant la Belgique et d’autres partenaires européens pour rappeler la légitimité des frontières actuelles.

Quand l’histoire devient un fusil à blanc   

Paul Kagame, en brandissant Berlin 1885, oublie que les balles de la mémoire ne tuent pas les faits. Tshisekedi, lui, rappelle que le M23, les FDLR et les discours de haine ne sont pas des fantômes coloniaux, mais des plaies bien actuelles. Ainsi, le Rwanda tire sur l’ombre du passé, mais c’est le présent qui saigne.

Laurent BUADI 

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