L’homme fort de Kigali a oublié que les balles de la mémoire ne tuent pas les faits...: Lusaka, la liturgie des promesses armées !

 L’homme fort de Kigali a oublié que les balles de la mémoire ne tuent pas les faits...: Lusaka, la liturgie des promesses armées !

Lusaka s’est transformée, le temps d’un week-end, en théâtre diplomatique. Les drapeaux des douze nations de la CIRGL flottaient comme des rideaux de velours, les hymnes résonnaient comme des chœurs d’ouverture, et les ministres de la Défense entraient en scène, chacun avec son costume de gardien de la paix. La salle climatisée, les caméras braquées, les communiqués calibrés : tout était prêt pour une liturgie où l’on invoque la paix à coups de protocoles.

 

Acte I : les décisions proclamées

– Un mécanisme conjoint de surveillance : promesse d’ouvrir les yeux ensemble, là où chacun feignait de ne rien voir seul.

– Renforcement des troupes régionales : une armée encore invisible, qui défile pour l’instant dans les paragraphes des communiqués.

– Partage des renseignements militaires : formule élégante qui masque la méfiance persistante entre Kinshasa et Kigali.

– Appel à la médiation : incantation diplomatique qui apaise les chancelleries mais rarement les villages bombardés.

 

Acte II : le paradoxe

À Lusaka, on parle de coordination militaire. À Goma, on compte les déplacés.

À Lusaka, les généraux signent des protocoles. À Rutshuru, les civils signent les registres des camps de fortune.

Le sommet promet la paix, mais la réalité continue d’écrire la chronique des violences.

 

Acte III : la satire

On aurait dit une pièce déjà jouée mille fois :

– Les acteurs récitent les mêmes répliques : « non-ingérence », « solidarité régionale », « protection des civils ».

– Le public – les populations de l’Est – n’applaudit plus. Elles attendent que le rideau tombe pour savoir si la pièce change enfin leur quotidien.

– Les coulisses bruissent de rivalités : Kinshasa accuse, Kigali dément, et Lusaka distribue des sourires diplomatiques.

 

Acte IV : capsule pour mémoire

Janvier 2026 – Lusaka : Les ministres de la Défense de la CIRGL adoptent une stratégie militaire coordonnée contre le M23. Promesses de surveillance, renforts régionaux, et médiation annoncée.

Paradoxe : Les communiqués parlent de paix, les camps de déplacés parlent de guerre.

Quand la réalité efface la fiction…

Une fois sorti de la logique Théâtrale de l’activité, nous retenons néanmoins que le Sommet de Lusaka (8–10 janvier 2026) s’est conclu sur une décision majeure des ministres de la Défense et chefs d’état-major des douze pays membres de la CIRGL qui ont adopté une stratégie militaire coordonnée pour contenir la progression du M23 dans l’Est de la RDC et éviter une escalade régionale. Les discussions se sont tenues à huis clos, mais les points clés qui émergent concernent la mise en place d’un mécanisme conjoint de surveillance, un renforcement des troupes régionales, et un appel à la médiation diplomatique pour réduire les tensions entre Kinshasa et Kigali. Comme points essentiels des conclusions retenues, l’objectif central est de définir une réponse coordonnée face à l’avancée du M23, accusé par Kinshasa et l’ONU d’être soutenu par le Rwanda.

Les décisions militaires parlent de la mise en place d’un mécanisme conjoint de surveillance des frontières et zones de conflit, du renforcement des forces régionales pour appuyer les FARDC dans l’Est de la RDC, de l’engagement à partager les renseignements militaires pour anticiper les mouvements rebelles.

Sur le plan diplomatique, il est fait mention de l’appel à une médiation régionale pour réduire les tensions entre la RDC et le Rwanda, de la réaffirmation du principe de non-ingérence directe mais avec soutien logistique et stratégique et de la préoccupation majeure qui consiste à éviter que la crise sécuritaire ne dégénère en conflit ouvert entre États voisins.

Les Implications pour la RDC et la région

Pour Kinshasa, le sommet légitime sa demande d’appui régional et renforce la pression diplomatique sur Kigali. Pour le Rwanda qui est indirectement mis en cause, la voie de la médiation lui offre une sortie diplomatique. Au niveau de la région, la CIRGL se positionne comme acteur central de la stabilisation, évitant que des puissances extérieures ne monopolisent la médiation. Tandis que pour les populations locales, il y a l’espoir d’une réduction des violences, mais l’incertitude sur la rapidité de mise en œuvre des décisions persiste.

Laurent BUADI 

 

 

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