Accord de paix entre Washington et Kinshasa: Les USA imposent la RDC d’accueillir des migrants expulsés de son territoire

 Accord de paix entre  Washington et Kinshasa: Les USA imposent la RDC d’accueillir des migrants expulsés de son territoire

Alors que la République démocratique du Congo n’arrive pas à accueillir, gérer et réinstaller ses propres déplacés internes et ceux se trouvant dans des pays voisins fuyant la guerre, elle s’apprête à accueillir, dès ce mois d’avril 2026, des ressortissants de pays tiers expulsés des États-Unis. Cette décision annoncée par le gouvernement congolais dans le cadre d’un accord conclu avec Washington suscite déjà de vives tensions parmi la population.

Selon le communiqué du ministère congolais de la Communication et Médias, qui n’a pas donné de précision sur le nombre de personnes concernées, ce dispositif, présenté comme temporaire, s’inscrit dans les mécanismes migratoires américains.

COMMUNIQUÉ - Mise en œuvre d’un dispositif d’accueil temporaire de ressortissants de pays tiers en Rd Congo (1)

Opération financée par les États-Uni
Dans ce document, Kinshasa assure toutefois que cette opération sera entièrement financée par les États-Unis, sans impact sur le Trésor public congolais.
«La prise en charge logistique et technique sera assurée par le Gouvernement américain à travers des structures spécialisées dans les mouvements des personnes a travers le monde. Aucune charge financière ne sera supportée par le Trésor public de la République démocratique du Congo», précise le communiqué.

Séjour strictement temporaire avec examen individuel du dossier
Cette source officielle précise avec détail que, ce mécanisme prévoit l’accueil encadré de migrants expulsés par les États-Unis, selon des modalités définies conjointement entre Kinshasa et Washington. Le gouvernement congolais souligne qu’il ne s’agit ni d’un programme de relocalisation permanente ni d’une externalisation de la politique migratoire des États-Unis. Le séjour des personnes concernées est annoncé comme strictement temporaire.
De poursuivre, le gouvernement précise que chaque dossier fera l’objet d’un examen individuel, conformément aux lois congolaises et aux exigences de sécurité nationale. Aucun transfert automatique ne sera autorisé. Des sites d’accueil ont déjà été identifiés dans les faubourgs de Kinshasa.

La Société civile congolaise dit non
La société civile congolaise n’entend pas de cette oreille et critique l’accord, appellant à ne pas l’appliquer craignant des risques dans un pays qui doit déjà gérer ses propres déplacés internes et ses propres problèmes sécuritaires.
La société civile qui ne croit pas aux rassurances du gouvernement ne donne aucune occasion de l’application de l’accord. Et ses acteurs montent au créneau pour d’énoncer des infiltrations.
Timothée Mbuya de l’ONG Justicia ASBL pointe l’opacité dans cet accord : «Ni la population congolaise, ni les députés nationaux et les sénateurs n’ont été informés. Il n’y a pas eu non plus un débat public autour de ces accords. Le Congo n’est pas un dépotoir pour recevoir des individus ou des personnes qui sont refoulés ou qui ne sont pas acceptés dans d’autres pays. Notre pays ne dispose pas suffisamment d’infrastructures pour pouvoir accueillir ce genre de personnes.»
Un autre acteur de la Société civile se demande : «Pourquoi les États-Unis d’Amérique ont-elles expulsés ces ressortissants sur son territoire. Pourquoi Washington a-t-il choisi la RDC alors qu’il sait la situation sécuritaire que traverse le pays? Autant de pays ont refusé d’accueillir ces migrés, parce qu’ils ne savent pas la mission qui se cache dernière cette opération qui ressemble à une bombe à retardement pour notre pays», s’interroge Bwana Chuwi.
D’autres acteurs de la société civile élèvent également leurs voix, soutenant que «la priorité devrait être de s’occuper des plus de six millions de Congolais, déplacés internes. Ces compatriotes sont dans une situation humanitaire désastreuse. Au lieu d’un accord qui peut leur venir en aide, pourquoi doit-on accepter de recevoir temporairement des ressortissants d’autres pays qui ne sont pas en guerre comme nous?», rapportent-ils.
Si le communiqué ne mentionne pas de contrepartie directe, cet accord intervient dans un contexte de coopération renforcée entre les deux pays. Dans le domaine économique, avec un accord minerais contre sécurité, et dans le domaine sanitaire avec une promesse de 900 millions de dollars des États-Unis.

Gel Boumbe

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