Les fantômes de la Fonction publique dans le viseur de Judith Suminwa !

 Les fantômes de la Fonction publique dans le viseur de Judith Suminwa !

La Primature annonce un audit de la paie des agents de l’État. Si officiellement, il s’agit d’assainir les finances publiques, officieusement, par contre, c’est l’ouverture d’un placard où l’on soupçonne des cadavres administratifs qu’il faut mettre hors d’état de nuire : les fonctionnaires fantômes, les doublons, et d’autres spectres budgétaires qui hantent la masse salariale. Pourtant, Jean-Pierre Lihau, le ministre du secteur, avait déjà rassuré avoir initié des réformes pour assainir la fonction publique et d’autres services de l’Etat. Était-ce un coup d’épée dans l’eau ? Cela va se savoir, à en croire la détermination affichée par Judith Suminwa.
En effet, chaque mois, le Trésor saigne pour nourrir des noms sans visages, des signatures sans présence. Derrière ces fantômes, une chaîne de validations bien vivante, qui a su prospérer dans l’ombre. L’audit promet de lever le voile, mais dévoilera-t-il des revenants qu’on veut exorciser, ou simplement des fantômes qu’on déplacera vers un autre placard ? Question de polichinelle.
Dans ce théâtre bureaucratique, l’État joue à la fois le rôle du fossoyeur et du médium parce qu’il enterre les irrégularités tout en invoquant la transparence. Le public, lui, attend de voir si les spectres seront enfin chassés ou si l’on se contentera d’un nouveau rituel d’incantations.
L’annonce d’un audit de la paie des agents de l’État par la Primature est lourde de sous-entendus. Dans le langage politico-administratif congolais, ceux qui parlent des « cadavres dans les placards » évoquent souvent des pratiques opaques concernant les agents fictifs, les doublons, les surfacturations, voire des réseaux de clientélisme qui se sont incrustés dans la machine publique.
Aussi, un tel audit peut révéler plusieurs paradoxes, notamment la masse salariale gonflée artificiellement par des « morts administratifs » ou des fonctionnaires fantômes, le décalage entre discours de réforme et réalité budgétaire, où l’État paie des sommes colossales sans impact réel sur les services publics, et la mise en lumière des responsabilités institutionnelles, car derrière chaque irrégularité se cache une chaîne de validation.
Ce genre de démarche est à double tranchant, préviennent des analystes, soit il s’agit d’une opération de transparence qui peut assainir les finances publiques, soit d’un geste politique destiné à montrer les muscles, sans réelle volonté de réforme. Seul l’avenir pourra nous rassurer sur la vraie intention de la première ministre.

Le Journal

 

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