Le Franc congolais, les fonctionnaires et la danse des millions USD !

Kinshasa, février 2026. Pendant que les fonctionnaires de l’État attendent leur salaire comme on attend la pluie en saison sèche, la Banque centrale, elle, fait pleuvoir des millions. Cinquante millions de dollars injectés dans le marché pour “soutenir” le franc congolais. Résultat : le franc se redresse un instant, puis retombe, tel un danseur fatigué après un pas de rumba trop ambitieux. Les ménages, eux, n’ont pas vu la couleur de ces billets. Leur pouvoir d’achat reste en berne, et le dollar continue de régner comme roi de l’épargne. Le franc, pauvre franc, n’est qu’un figurant dans la pièce : applaudi par les techniciens de la monnaie, mais ignoré par le peuple qui préfère stocker ses économies en billets verts.
Pendant ce temps, le ministre des Finances joue une autre partition, celle du trésorier en panne de trésorerie. Incapable de payer ses propres fonctionnaires sans emprunter à 9 % auprès des banques privées, il transforme l’État en client surendetté. Ironie suprême : l’État, censé garantir la stabilité, devient lui-même débiteur fragile.
Les analystes parlent de policy mix. Mais ici, le mélange ressemble plus à une soupe mal assaisonnée où la Banque centrale met du sel, le ministère des Finances ajoute du sucre, et le peuple avale le tout avec grimace.
La vraie satire, c’est que l’on continue d’injecter des millions pour “sauver” une monnaie que personne ne veut épargner, pendant que les fonctionnaires, eux, doivent emprunter chez le boutiquier du quartier pour survivre.
Voilà qui met en relief le paradoxe d’un État qui emprunte pour payer ses fonctionnaires tout en injectant des millions pour sauver une monnaie délaissée.
LE CDF, UNE MONNAIE SPÉCULATIVE…
Pour Aimé LAMBALA, Expert en Haute Finance, Macroéconomiste, Monétariste et Marchés Financiers, la faute ne revient pas au Gouverneur de la Banque Centrale, car il est libre de faire l’appréciation du franc congolais, mais tout en faisant attention à la situation Macroéconomique que traverse le pays.
A chaque injection de 50.000.000 $, pour soutenir le Franc Congolais, cela pourrait aussi avoir des conséquences sur le pouvoir d’achats des messages.
Et selon son analyse, le Gouverneur avec le Ministre des Finances doivent être en asymetrie pour éviter la Fragmentation et la non croissance du PIB pour 2026.
Donc avoir LE POLICY MIX ( Monétaire et Economique ).
En ce qui concerne la paie des fonctionnaires, soutient Aimé Lambala, seul le Ministre des Finances est responsable mais pas la Banque Centrale. Le Mininstre des Finances, n’est pas en mesure de mettre en place un modèle économique viable avec une ingenièrie financière crédible pour sortir la Finance Publique dans cette petite crise simple des liquidités, provoquée par la non métrise de la finance piblique.
D’où, il conseille au Ministre des Finances d’avoir des Conseillers Externes pour rendre la chose possible, parce qu’actuellement, l’economie monétaire en RDC est en TENSION, suite aux manque des “facteurs autonomes”, dans la partie Macréconomique.
Le franc congolais, note Lambala, reste toujours une monnaie spéculative et le dollar ( $ ), une monnaie d’épargne. Mais dans un bref delai il faut que le Gouverneur de la Banque Centrale puisse travailler avec des Experts hors BCC, pour que le CDF, devient un actif liquide d’épargne et d’investissement, propose-t-il.
DES PISTES DE SOLUTIONS
Cette question met en lumière un vrai nœud de contradictions dans la gestion macroéconomique actuelle de la RDC. Les faits récents confirment que le retard de paie des fonctionnaires est bien réel. Le ministère des Finances, selon des sources mieux renseignées, a dû emprunter 70 millions USD auprès des banques privées pour couvrir les salaires, avec un taux d’intérêt de 9 %, ce qui illustre une crise de liquidités et une dépendance inquiétante aux financements externes . Par ailleurs, le gouvernement a reconnu des décalages dans la paie et tente de rassurer en promettant une clôture rapide des opérations.
Les points clés du débat concerne l’injection des 50 millions USD pour soutenir le franc congolais visant la stabilité du taux de change, mais qui peuvent créer des tensions sur le pouvoir d’achat si la politique budgétaire ne suit pas. C’est une action de court terme qui ne résout pas la fragilité structurelle.
En terme de responsabilité institutionnelle, la Banque centrale agit sur la monnaie et la stabilité financière. Le Ministre des Finances est responsable de la trésorerie publique et de la paie. Mais les retards relèvent davantage de sa gestion budgétaire et de la mobilisation des ressources.
En ce qui concerne Policy mix, les analystes comme Aimé Lambana ont raison de souligner que l’absence de coordination entre politique monétaire et politique budgétaire crée une asymétrie. Sans cohérence, on obtient une fragmentation qui freine la croissance du PIB. En parlant de la nature du franc congolais, Lambana reste d’avis que tant que le CDF reste perçu comme une monnaie spéculative et non comme un actif d’épargne ou d’investissement, les ménages continueront à privilégier le dollar comme réserve de valeur.
Pour un monnetariste qui s’est confié à notre rédaction, le problème est moins une « faute » du Gouverneur de la BCC qu’un déficit de gouvernance économique globale. Injecter des devises pour stabiliser le franc est une mesure défensive, mais si le ministère des Finances ne maîtrise pas ses flux de trésorerie et ne met pas en place une ingénierie crédible de mobilisation des recettes, la crise de liquidités persistera.
Et ce dernier de souligner que la solution à ce problème passe par le renforcement de la coordination entre la BCC et le Ministère des Finances pour un vrai policy mix, la diversification des facteurs autonomes de l’économie (production locale, fiscalité efficace, réduction des détournements). D’après cet expert, il faut redonner confiance au CDF en créant des instruments d’épargne et d’investissement libellés en monnaie nationale et recourir à des conseillers externes pour introduire des modèles innovants de gestion de la finance publique, comme le suggère Aimé Lambana.
Le Journal
