Jules Alingete à Marrakech: la «patrouille financière », un modèle africain contre la corruption

Marrakech – Devant les étudiants de la Grande École du Commerce de Marrakech, Jules Alingete, Inspecteur général des Finances de la République démocratique du Congo, a livré une leçon magistrale sur les défis de la gouvernance publique en Afrique.
Il a rappelé que seule la patrouille financière, ou le contrôle a priori, constitue aujourd’hui le mode de contrôle le plus adapté pour lutter efficacement contre la corruption et les dérives budgétaires. « Dans les pays qui aspirent véritablement à éradiquer la mauvaise gouvernance financière publique, ce dispositif demeure incontournable », a-t-il affirmé avec conviction.
La patrouille financière, instaurée par Jules Alingete à l’IGF de la RDC, repose sur une logique de prévention : contrôler les dépenses avant qu’elles ne soient engagées, plutôt que de sanctionner après coup. Cette approche, selon lui, permet de réduire considérablement les marges de manœuvre de la criminalité financière et d’assurer une meilleure traçabilité des fonds publics.
Toutefois, il a insisté sur le fait que ce modèle exige une détermination courageuse et une volonté politique ferme. « Il ne suffit pas d’adopter la méthode, il faut aussi avoir le courage d’affronter les réseaux de prédation financière », a-t-il averti, soulignant que la lutte contre la corruption est avant tout une bataille de valeurs et de leadership.
Son intervention au Maroc illustre l’écho continental de cette stratégie, désormais perçue comme un modèle inspirant pour plusieurs États africains. En partageant son expérience avec la jeunesse marocaine, Jules Alingete a voulu transmettre un message d’espoir : celui d’une Afrique capable de bâtir une gouvernance publique transparente, crédible et respectée.
Par Didier Mbongomingi
