Indaba : Accord minier États-Unis – RDC, les détails se dévoilent

 Indaba : Accord minier  États-Unis – RDC, les détails se dévoilent

L’accord entre Washington et Kinshasa était évidemment au cœur du Mining Indaba qui a eu lieu la semaine dernière au Cap, en Afrique du Sud. Il ressort que dans cet accord, il y a plusieurs projets, il n’y a pas que dans les mines. On y trouve l’agriculture, l’énergie, l’assistance technique, etc. Cette liste va être mise au-devant du secteur privé américain pour que les parties intéressées puissent se prononcer dans un bref délai.

Selon le ministre des Mines congolais, Louis Watum Kabamba, en signant cet accord sur les minerais stratégiques avec Washington, la RDC n’a pas «bradé» son potentiel minier. Il précise que la balle est dans le camp américain, qui analyse une liste de projets transmise par Kinshasa.

«Il y a toute une panoplie de projets pour lesquels nous avons arrêté une liste convenue avec les États-Unis. Quand je dis projets, il n’y a pas que dans les mines. Dans l’agriculture, dans l’énergie, dans l’assistance technique, etc. Cette liste va être mise au-devant du secteur privé américain pour que les parties intéressées puissent se prononcer dans un bref délai. Peut-être dans les prochains jours ou les prochaines semaines. Nous nous mettrons ensemble maintenant pour aller dans ces projets et voir comment nous pouvons structurer des partenariats et des financements», a déclaré le ministre des Mines de la RDC.
De son côté, Mark Davis, le PDG de Glencore en Afrique soutient que dans les projets qui paraissent avancés et qui font grand bruit, il y a 40% d’actifs que Glencore pourrait céder aux Américains. Selon lui, c’est un plan pour «soutenir les ambitions du gouvernement américain avec l’approvisionnement en deux minerais critiques qui sont le cobalt et le cuivre.»
«Glencore ne se retire pas. Si un accord est conclu, nous avons pleinement l’intention d’être majoritaires et de conserver le contrôle. Il s’agit en réalité d’un signe de confiance de la part des investisseurs américains soutenus par l’État américain concernant les actifs de cuivre en RDC», précise Mark Davis, le PDG de Glencore en Afrique.

Un acteur stratégique, les banques locales en ordre de bataille
Même si ces accords sont encore très opaques, sur le terrain, les acteurs financiers sont en ordre de bataille. Jean-Eric Matunga, directeur en charge des financements structurels de la Rawbank qui était à Washington en octobre dernier, précise le rôle des banques locales congolaises.
«Le dialogue est permanent entre les investisseurs, les acteurs locaux et les banques. On joue notre rôle d’intermédiaire d’une manière assez poussée. Parce que ces capitaux, qui viennent vers la RDC, il faut pouvoir les orienter, mais il faut pouvoir aussi les structurer en fonction des réalités locales, mais aussi des connaissances de la réglementation. C’est là que les banques locales jouent un rôle clé de catalyseur et de connecteur entre ces capitaux qui doivent venir pour pouvoir les structurer et les rendre potables à la réalité locale», explique Jean-Eric Matunga.

Et d’ajouter : «On a des clients du secteur privé avec qui nous connectons les investisseurs américains, surtout pour pouvoir combler la phase de financement pendant la partie d’exploration avant le développement de la mine, qui est une phase critique.»

Bien qu’aucun accord n’a jusqu’ici permis de mettre fin aux combats sur le terrain, beaucoup d’acteurs du secteur s’enthousiasment de ces discussions avec Washington, dans le cadre du processus de paix entre la RDC et le Rwanda.

Il est à noter que début février, les deux pays se sont retrouvés pour un premier comité de pilotage. La RDC produit plus de 70% du cobalt mondial, utilisé notamment pour les batteries électriques. Ce qui fait tourner la tête aux investisseurs américains qui observent la Chine, connectée officiellement depuis des années.

Gel Boumbe

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