En durcissant sa politique migratoire...: La Belgique ferme ses portes, mais garde ses clés dans la poche de Kinshasa !

La Belgique vient de durcir sa politique migratoire, ciblant particulièrement les demandeurs d’asile congolais. Avec un taux de rejet de 85 à 90 % des dossiers et une hausse de 100 % des demandes en deux ans, Bruxelles annonce des expulsions forcées et une coopération renforcée avec Kinshasa pour limiter l’afflux.
Madame Anneleen Van Bossuyt, ministre belge de l’Asile et de la Migration a effectué une visite officielle à Kinshasa début avril 2026 pour discuter directement avec les autorités congolaises sur la question de l’explosion des demandes d’asile congolaises dans son pays : 1 250 dossiers en 2023, 2 500 dossiers en 2025, soit +100 % en deux ans. Le taux de rejet se situe entre 85 et 90 % pour des demandes jugées infondées.
Les mesures annoncées par la Belgique sont entre autres, la politique de fermeté qui va désormais être de mise, les expulsions forcées pour les demandeurs déboutés, la coopération bilatérale avec Kinshasa pour faciliter les retours, le renforcement du contrôle, la limitation des places d’accueil, la fermeture de certains centres (ex. Theux, mars 2026) et la communication officielle. Bruxelles insiste sur la nécessité de réguler les flux migratoires et de dissuader les demandes jugées non fondées.
Comme implications pour la RDC, l’on note que l’image diplomatique du pays se trouve fragilisée parce que Kinshasa est désormais perçue comme un pays générant un flux migratoire problématique. La pression bilatérale que cela génère est que Kinshasa est sommé de collaborer pour organiser les retours de ses ressortissants au pays.
L’impact social de la mesure ferait que les Congolais en Belgique risquent davantage de se retrouver en situation irrégulière ou expulsés.
Cette mise sur “liste noire” traduit une politique de dissuasion : Bruxelles veut envoyer un signal fort aux Congolais que les chances d’obtenir l’asile sont minimes. Mais derrière la rigueur affichée, il y a aussi une contradiction diplomatique selon laquelle, la Belgique, ancienne puissance coloniale, durcit le ton tout en maintenant des liens économiques et politiques avec Kinshasa.
Laurent BUADI
