Bras de fer financier entre PayServices Bank et la RDC: La Société américaine saisie deux régulateurs financiers internationaux

Selon PayServices, le contentieux pourrait fragiliser les avancées diplomatiques de la RDC à Washington, et compromettre le projet de Corridor de Lobito
La Société américaine PayServices vient d’internationaliser son litige financier avec la République démocratique du Congo, créant ainsi un bras de fer entre les deux parties. Après la plainte déposée dans l’Idaho, l’entreprise saisit deux régulateurs financiers américains et britanniques et prend une nouvelle dimension internationale.
PayServices, après avoir déposé une plainte fédérale dans l’État américain de l’Idaho, la firme technologique affirme avoir officiellement saisi deux régulateurs occidentaux majeurs. Il s’agit de la U.S. International Development Finance Corporation (DFC) aux États‑Unis et la Financial Conduct Authority (FCA) au Royaume‑Uni.
Le communiqué de PayServices souligne qu’avec cette action, la société vient de transformer un litige commercial en un risque de conformité susceptible de peser sur la signature financière de l’État congolais et sur ses partenariats stratégiques.
PayServices affirme, Kinshasa parle d’entreprise frauduleuse
Pour la petite histoire, cette affaire débute autour d’un montant initial de 20 millions de dollars que PayServices, enregistrée dans l’état américain de l’Idaho, affirme devoir percevoir du Trésor public congolais. Mais de son côté, Kinshasa considère le dossier comme clos, alléguant une tentative de fraude bancaire.
Le ministère du Portefeuille congolais qualifie, par son communiqué du 13 janvier, l’opération «d’entreprise frauduleuse», accusant PayServices d’avoir revendiqué un statut bancaire pour tenter d’accéder à des ressources souveraines.
Approbation écrite du cabinet du chef
Mais la société américaine contre‑attaque. Elle affirme n’avoir jamais dit détenir une license bancaire, ses activités étant strictement technologiques, notamment dans le cadre de projets de modernisation de l’économie congolaise. Elle soutient également avoir reçu une approbation écrite du cabinet du Président Félix Tshisekedi, précise la source.
La plainte fédérale soutient 4 milliards USD
La source ajoute que, malgré position congolaise, PayServices a porté le dossier devant la justice fédérale américaine, réclamant désormais près de 4 milliards de dollars pour : ingérence délictuelle, complot civil, pertes liées à des investissements technologiques effectués dans le cadre du partenariat.
Cette plainte marque un changement d’échelle auquel, le litige n’est plus cantonné à une relation bilatérale, mais progresse désormais dans les rouages de la justice et de la régulation internationales.
PayServices saisit DFC et la FCA
PayServices ne cache rien de ses demarches, révèlant dans son communiqué avoir notifié les deux régulateurs internationaux qui sont DFC et FCA, jouant un rôle capital dans ce domaine. Et, les deux présentent chacun ses qualités dans le domaine de règlement des litiges financiers.
Il s’agit de : La U.S. International Development Finance Corporation (DFC), l’agence fédérale qui supervise les investissements américains à l’étranger, notamment dans les projets stratégiques (infrastructures, technologies, ressources naturelles) ; La Financial Conduct Authority (FCA), le régulateur financier du Royaume‑Uni, responsable de la surveillance des marchés, de la conformité bancaire et de la transparence des investissements internationaux.
Un impact diplomatique redouté par PayServices
Des conséquences au-dessus du cadre financier
Selon toujours le communiqué de PayServices, elle avertit que ce contentieux pourrait fragiliser les avancées diplomatiques récentes de la RDC à Washington, et compromettre certains projets régionaux majeurs, notamment le Corridor de Lobito — un axe stratégique soutenu par les États‑Unis.
La Société américaine estime que l’implication de la DFC et de la FCA transforme ce dossier en un test de transparence, de gouvernance et de respect des engagements contractuels pour l’État congolais.
Kinshasa refuse de reculer et maintient sa position
Malgré l’évolue désormais de l’affaire dans plusieurs juridictions internationales, Kinshasa considère toujours l’affaire comme réglée. Les autorités congolaises réaffirment que l’affaire relève d’une tentative de fraude bancaire et que PayServices ne disposait d’aucune légitimité pour réclamer des fonds du Trésor.

Gel Boumbe
