L’application de l’Accord de Washington devient impérative !

Les signaux actuels montrent que Washington durcit sa position par rapport au respect de l’accord de Washington. En effet, Marco Rubio, le Secrétaire d’État, a dénoncé une « violation claire » des accords de Washington par le Rwanda et promis une réponse appropriée, tandis que le retrait du M23 d’Uvira est perçu comme un premier résultat de pressions diplomatiques. Surtout que le Sénat américain doit, à son tour, examiner le 22 janvier courant, l’état de mise en œuvre de ces accords, ce qui pourrait renforcer l’engagement des États-Unis à exiger la libération de Bukavu et Goma.
Le retrait du M23 d’Uvira il y a quelques jours, aurait été obtenu sous forte pression internationale, notamment américaine, en lien avec l’accord de Washington, tandis que Bukavu et Goma restent sous contrôle du M23 depuis près d’un an, dans un contexte marqué par un processus de paix inachevé à Luanda.
L’on note que Marco Rubio a déclaré que les actions du Rwanda dans l’est de la RDC constituent une « violation claire » des accords signés à Washington alors que le Sénat américain a prévu la date du 22 janvier 2026 pour examiner l’état de mise en œuvre des accords, ce qui pourrait déboucher sur des mesures plus contraignantes à l’endroit du Rwanda par l’entremise de son président en qualité de signataire.
Les signaux américains
Le durcissement du ton de la part de Washington qui promet de « répondre » aux violations constatées, a tout pour marquer une rupture avec les hésitations passées. Et le retrait du M23 d’Uvira est attribué à la rigueur imposée par les accords de Washington et la pression diplomatique accrue. En insistant sur le retrait Rwandais de Bukavu,Goma et d’autres territoires de l’Est occupés, Marco Rubio ne veut pas que l’application des accords s’arrête à Uvira, mais qu’elle s’étende aux autres villes stratégiques. Ce qui laisse croire que la récréation est terminée pour Kagame et ses proxys opérant sur le sol congolais.
Si à la question de savoir si l’on peut-on croire à une détermination américaine, les éléments positifs et réponse demeurent l’engagement public de Rubio et du Département d’État dans le dossier, l’examen sénatorial du 22 janvier, qui pourrait déboucher sur des sanctions ou conditionner l’aide américaine, la pression accrue sur Kigali, accusé de soutenir le M23, les limites et incertitudes sont suivantes : les États-Unis restent tributaires de la coopération régionale (Rwanda, Ouganda, Angola), les accords de Washington ont déjà été fragilisés par des violations répétées et le Sénat peut constater les manquements liés à la violation des accords mais n’a pas de mécanisme direct pour imposer une libération militaire des villes.
En clair, les États-Unis semblent plus déterminés qu’avant à faire respecter les accords de Washington. Le retrait du M23 d’Uvira est un signe tangible, mais la vraie épreuve sera la libération de Bukavu et Goma. Le débat du Sénat du 22 janvier sera un indicateur décisif de la volonté américaine de passer des paroles aux actes.
Laurent BUADI
