Les implications des Accords de Washington révélées !
“Après la cérémonie de la signature de l’entrerinement de l’Accord de paix le 27 juin 2025 par les ministres des Affaires étrangères de la RDC et du Rwanda, nous sommes ici en compassion et solidarité avec nos populations de l’Est du pays qui continuent de ployer sous les attaques des forces hostiles”. C’est sur cette note que le ministre de la Communication et Médias Patrick Muyaya a introduit son Briefing presse depuis Washington, juste après cette cérémonie. Pour la circonstance, Muyaya a reçu sur son plateau, la VPM des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba pour parler de l’Accord de paix entre la RDC et le Rwanda, le VPM de l’Economie nationale Mukoko Samba pour mettre l’accent sur le partenariat stratégique avec les USAvet le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, André Wameso en vue de faire le point sur l’intégration économique régional.
Patrick Muyaya a donné un sens à cet exercice, en soulignant que c’est fait par devoir de la transparence et de recevabilité qui les anime qu’ils reviennent sur les points saillants de cette journée historique, avec la série d’activités qui l’ont émaillée, avec en toile de fond, la rencontre bilatérale entre le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue américain Donald Trump suivie d’une tripartite élargie au président rwandais Paul Kagame.
Parce que la VPM des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba avait assisté le chef de l’État Félix Tshisekedi à cette rencontre, Patrick Muyaya a préféré lui donner en premier, la parole pour peindre en faveur des Congolais, le tableau général du package constituant les accords de Washington qui était précédé de l’Accord de principe en juin dernier avec en parallèle, le cadre d’intégration économique régional, parce que le principe de l’Accord de Washington est de traiter principalement des sujets liés à la sécurité et à l’économie.
C’est dans ce cadre, que se justifie la présence du gouverneur de la Banque Centrale du Congo André Wameso, mais pas dans cette casquette, plutôt comme principal négociateur dans le cadre des travaux concernant la mise en place du cadre d’intégration économique régional. Dès lors qu’au delà des aspects diplomatique et intégration économique régional, il y a également l’aspect du partenariat stratégique, la présence du VPM de l’Economie nationale Mukoko Samba s’est justifiée au briefing presse pour parler en détails de l’Accord de partenariat stratégique signé entre les Etats Unis et la RDC.
Après avoir planté son décor, Patrick Muyaya a passé le relais à Thérèse Kayikwamba qu’il qualifie d’amazone, pour brosser dans les moindres détails, le cadre des discussions qui se sont tenues en marge de la signature de l’Accord de paix devant plusieurs chefs d’État africains.
Pour le porte-parole du gouvernement, Thérèse Kayikwamba est une amazone par rapport à son engagement sur le front diplomatique qu’elle co-pilote avec le président de la République Félix Tshisekedi. “Et aujourd’hui l’on se trouve à Washington pour couronner ce combat mené par Thérèse Kayikwamba depuis plusieurs mois déjà”, a martelé le porte-parole du gouvernement.
Thérèse Kayikwamba : “Nous savons qu’il y a beaucoup d’attentes par rapport à ces accords et comment ils vont prendre forme de manière concrète.”
À la question de Patrick Muyaya, voulant savoir ce que les Congolais peuvent retenir de cette journée historique et comprendre le vrai sens de l’action menée par le président de la République Félix Tshisekedi dans sa volonté de ramener au pays que les Congolais veulent durable…, Thérèse Kayikwamba a eu des mots justes. Elle a souligné qu’en effet, la journée du 4 décembre 2025 est historique pour avoir vu 3 chefs d’État signer ce qui sera connu désormais comme les Accords de Washington enterinant 3 documents importants, notamment la déclaration de paix signé le 27 juin dernier entre la RDC et le Rwanda ainsi que le cadre d’intégration économique régional.
Trois instruments qui, a dit la VPM aux Affaires étrangères, sont connus sous le nom de l’Accord de Washington. Et Thérèse Kayikwamba de préciser que la journée a commencé avec une série d’entretiens de haut niveau dans le bureau ovale à la Maison blanche pendant lesquels, le président Tshisekedi a échangé avec son homologue et hôte américain Donald Trump.
Les entretiens ont mis également un point d’honneur sur la promesse de cet accord de Washington et les perspectives d’un partenariat bilatéral renforcé entre les USA et la RDC. Après ce passage à la Maison blanche, s’en est suivie la cérémonie de la signature de l’Accord de paix à l’Institut de la paix pendant laquelle, il a été signé une déclaration par les trois chefs d’État.
Avec cela, a rassuré Thérèse Kayikwamba, l’Accord de Washington entre en vigueur. Mais ce qui est important à retenir, c’est que l’accord englobe plusieurs instruments et reflète une longue marche et une longue séquence d’efforts diplomatiques qui ont commencé au mois d’avril, mais bien avant à commencer par la résolution 2773 qui a été adoptée au niveau du Conseil de sécurité à l’unanimité et a jeté les bases sur toutes les perspectives vers une pacification durable de la partie Est de la RDC et la région des Grands Lacs.
“Nous savons qu’il y a beaucoup d’attentes par rapport à ces accords et comment ils vont prendre forme de manière concrète. Évidemment, nous sommes dans les premières heures post-signature, mais nous devons retenir qu’il y a eu une forte mobilisation surtout du côté des États Unis d’Amérique”, a fait savoir Kayikwamba en se réjouissant de voir que tous ces efforts diplomatiques qui ont été menés sont couronnés par un document contraignant pour toutes les parties et qui va jeter les bases pour une paix durable dans l’Est de la RDC, même de façon plus large, dans la région des Grands Lacs, et de cette façon, ouvrir la perspective vers la réconciliation et un rapprochement des peuples.
Tout cela, a prévenu Kayikwamba, se fera de manière graduelle et que tous ces efforts devront être bâtis les uns sur les autres parce nous connaissons comment fonctionne notre région bien que l’on a toujours appris que la paix se construit avec du sérieux, avec du temps, avec de la rigueur.
André Wameso : “Le cadre d’intégration économique régional n’entre en vigueur qu’avec le retour de la paix “
Avant d’entrer dans le vif de sa matière, André Wameso a fait un rappel historique des causes profondes de la crise sécuritaire qui sévit dans la partie orientale de la RDC et qui, a-t-il révélé, a démarré non pas parce qu’il y a eu un problème entre le Rwanda et notre pays, mais pour des raisons économiques.
Et Wameso d’expliquer qu’à la fin de la guerre froide, il y a eu une volonté de la communauté internationale d’avoir accès aux matières premières qui servent aujourd’hui à l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication (téléphones, ordinateurs…) et il eût fallu à l’époque, que le Zaïre puisse privatiser ses entreprises minières qui étaient essentiellement étatiques.
Nous avons eu la Conférence nationale souveraine -CNS- où deux grandes forces (l’Union sacrée de l’opposition conduite par le Dr Étienne Tshisekedi et la Mouvance présidentielle conduite par le maréchal Mobutu) bien qu’opposées politiquement, se sont toutes les deux opposées à la privatisation des entreprises minières.
Mais pour permettre l’accès aux matières premières du Zaïre par l’Occident, il y a eu une troisième voie qui malheureusement n’a pas pu s’imposer sur l’échiquier politique du pays.
Et comme il y avait l’impératif d’accéder à nos ressources minières, un blanc seing a été donné au Rwanda et à l’Ouganda pour envahir le Zaïre. C’est là raison fondamentale de la crise qui a déchiré notre pays pendant ces 30 dernières, a fait savoir Wameso en soulignant que parce qu’il fallait résoudre la crise par un volet économique et créer un cadre propice à l’économie du numérique et l’accès à ces ressources, les choses doivent être clarifiées de manière transparente où l’on affirme la souveraineté de la RDC dans l’exploitation de ses ressources minières et que l’on dise que s’il y a matière de coopération entre les deux pays ou plusieurs pays de la région, que cela soit fait de manière transparente.
D’où la mise sur pied de ce Cadre d’Integration économique régional qui repose essentiellement sur ce qui a été déjà convenu dans le cadre de la CPGL dans la mesure où, ce cadre d’intégration économique régional est basé sur l’énergie,, les infrastructures, l’agriculture et le tourisme auxquels on a ajouté un volet qui concerne les matières premières.
Ce qui consacre aussi économiquement la fin d’un cycle parce que l’économie fonctionne en tenant compte des cycles, a expliqué André Wameso en précisant qu’il y a des cycles plus ou moins courts et d’autres plus ou moins longs.
Maintenant, a-t-il noté, il y a là fin d’une économie numérique telle que nous l’avons connu hier et le début d’un nouveau cycle qui marque l’économie du futur, une économie verte où les mêmes matières stratégiques se trouvent en RDC.
C’est ainsi qu’il y a deux volets : on règle un problème du passé avec le cadre d’intégration économique régional et il y a un partenariat stratégique qui s’ouvre sur les nouvelles matières premières et c’est du bilatéral directement, contrairement au passé où l’on négociait nos matières premières sans nous.
Maintenant, on négocie directement entre la RDC et les USA. Un grand tournant sur lequel on va parler dans les semaines et mois à venir.
Quant à savoir si la Société Civile a été consultée, Wameso a affirmé que cette dernière ( Global Witness, Human Right Watch…) a été mise au parfum ainsi que les organisations qui ont toujours eu un regard très critique par rapport à ces questions sur notre pays, tout comme la majorité des entreprises occidentales et américaines concernées par l’exploitation des matières premières se trouvant dans la région du Kivu qui est au centre du conflit sécuritaire depuis une trentaine d’années déjà. Tous ont amené leurs remarques pour que ce cadre d’intégration économique régional se fasse d’une manière transparente pour que les choses ne puissent plus échapper aux populations locales.
“Mais je tiens à préciser que ce cadre d’intégration économique régional ne pourra entrer en vigueur que s’il y a le retour à la paix en RDC”, a prévenu André Wameso.
Prof. Mukoko Samba : “Le partenariat stratégique avec les USA n’est pas un troc”
Derrière la signature de l’accord de partenariat stratégique entre la RDC et les USA, il y a la symbolique du fait que cela soit rendu possible à Washington DC, et le résultat obtenu aujourd’hui l’est grâce à la détermination du gouvernement américain et son président, Donald Trump, a confié Mukoko Samba.
À part ce cadre, où ces documents ont été signés entre la RDC et le Rwanda, il y a également juste après, dans une autre salle, peut-être loin du bon nombre des caméras, une cérémonie de signature de deux autres documents. Mais le plus important est de noter que la relation entre le gouvernement américain et le gouvernement congolais a pris une autre dimension parce que nous avons signé un accord de partenariat stratégique qui a caractère d’un niveau élevé de confiance politique entre les deux gouvernements avec des objectifs de long terme qui s’alignent tant du point de vue des relations économiques que du point de vue des questions de défense et de sécurité. Jusque-là, nos relations économiques étaient régies par un accord de promotion et de protection réciproque des investissements conclus en 1984. L’on vient ainsi de passer d’une catégorie à une autre en devenant aujourd’hui des partenaires stratégiques sur les questions économiques et de commerce, sur les questions de défense et de sécurité, sur des questions de sciences et de technologie, sur des questions institutionnelles et de gouvernance qui elles, sont liées notamment à ce que nous envisageons de faire dans le domaine économique, a confié Mukoko Samba en soulignant que pour avoir dit que le partenariat stratégique était l’illustration parfaite d’un niveau élevé de confiance politique, il est question de voir deux Etats regarder dans la même direction et regarder loin, en essayant d’aligner leurs intérêts, convaincus que leurs intérêts de long terme sont liés d’une manière assez profonde. “Ne nous voilons pas la face ici, a soutenu Mukoko Samba, le monde tel qu’il évolue, va être déterminé et se détermine déjà par les Etats qui aspirent à devenir puissance mondiale ou qui veulent demeurer puissance mondiale”.
C’est par l’accès aux matières critiques que la RDC constitue un réservoir de ces matières critiques et des matières premières qui déterminent aujourd’hui, le niveau de puissance militaire, le niveau de puissance économique du point de vue de la haute technologie.
En même temps que la relation entre la RDC et le Rwanda est censée prendre une forme plus paisible, une forme de prospérité partagée est également importante pour celui qui a été le parrain et qui voit un intérêt à sécuriser son accès aux minéraux critiques, aux minetiques qui sont disponibles en RDC.
C’est ce cadre que nous avons conclu aujourd’hui en signant un accord de partenariat stratégique qui, dans son ensemble et dans sa structure, s’est apaisenti sur le volet commercial économique, a confié le Professeur Mukoko Samba en précisant que l’accord s’est également penché sur le volet institutionnel de gouvernance, parce que les conflits qui sont reccurents dans la partie orientale du pays s’expliquent fondamentalement par l’accès via des moyens illicites aux minerais surtout les matières critiques qui résultent de l’exploitation artisanale des minerais.
Donc, remettre de l’ordre, renforcer les capacités de l’État congolais dans ce domaine est aperçu comme important pour que les objectifs communs que nous avons sur le plan commercial et économique puissent se réaliser.
Il y a un deuxième document, le mémorandum d’entente entre les deux pays sur les questions de défense et de sécurité qui a été signé par Madame la ministre d’État aux Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba avec le Secrétaire d’État Rubiot alors que moi-même et ce dernier, avons signé l’Accord de partenariat stratégique, un document qui met en place, un cadre pragmatique devant permettre l’organisation de la manière dont les relations économiques entre la RDC et les USA vont prendre forme et s’intensifier pour les intérêts mutuels de long terme, a expliqué Mukoko Samba.
Il a terminé son intervention en martélant que le partenariat stratégique est un engagement de long terme et non un troc. Il s’agit de deux Etats qui conviennent qu’ils ont des intérêts de long terme.
Laurent BUADI
